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vendredi 10 juin 2016

La conférence de Paris et ses espoirs



LA CONFÉRENCE DE PARIS ET SES ESPOIRS

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps

            

          La conférence sur la relance du processus de paix israélo-palestinien s’est tenue à Paris, le 3 juin, sans la présence des deux protagonistes. 29 pays et organisations internationales s’étaient réunis pour relancer le processus de paix moribond. Autour de François Hollande, organisateur de la réunion, toutes les pointures internationales se côtoyaient. Ban Ki-Moon, secrétaire général des Nations unies, siégeait avec le secrétaire d’État américain John Kerry, et la chef de la diplomatie européenne Frederica Mogherini ainsi que la plupart des ministres des affaires étrangères.




            La réunion s’est soldée par un communiqué qui résumait le plus petit dénominateur commun entre les participants : «la solution à deux États est la seule voie pour arriver à une paix durable, avec Israël et la Palestine, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité». Il s’agit de principes plusieurs fois affirmés mais non scellés par un calendrier précis. Jean-Marc Ayrault, ministre français des affaires étrangères, s’est borné à assurer «qu’avant la fin du mois serait lancé un travail sur les incitations en matière économique, en matière de coopération et de sécurité régionale dans le but d’aboutir à un paquet global d’incitations à présenter aux Israéliens et aux Palestiniens» à l’occasion de la conférence internationale fixée à l’automne.
            Cette première réunion reste le succès personnel d’un grand diplomate Pierre Vimont, ancien ambassadeur à Washington et numéro deux de la diplomatie européenne. Il a réussi à réanimer le processus de paix abandonné par les partis face au chaos généralisé au Moyen-Orient. François Hollande avait entendu les réticences israéliennes sur la nécessité d’un dialogue direct : «Nous ne pouvons pas nous substituer aux parties prenantes. Notre initiative vise à leur donner les garanties que la paix sera solide, durable et contrôlée internationalement. Le choix courageux de la paix incombait aux Israéliens et aux Palestiniens».
Pierre Vimont

            Décriée par les Israéliens, la conférence de paix de Paris est cependant différente de toutes les autres conférences de la paix. Elle a été organisée loin des critères bilatéraux choisis par les administrations américaines depuis 1990. Certes il n’y a eu aucune surprise sur la réaffirmation solennelle des engagements internationaux censés mettre fin à l'occupation et à la création d'un État palestinien. Ce résultat est déjà considéré comme un résultat positif. Maigre résultat, cependant positif, puisqu’une telle réunion ne s’était pas tenue auparavant. 
          La France s’est montrée active en raison de ses préoccupations internes. Elle a estimé nécessaire de donner un gage à sa population musulmane de plus en plus engagée sur le conflit palestinien et de prendre le leadership international sur cette question, jusqu’alors domaine réservé des Américains. Elle voulait neutraliser les extrémistes, à l’instar du leader de Daesh Abu Bakr al-Baghdadi qui a changé de stratégie en s’emparant de la cause palestinienne.
Al Baghdadi

            Il ne fait aucun doute que cette conférence multilatérale constitue une victoire nette des Palestiniens qui ont réussi à internationaliser le processus de paix. Il s’agissait d’un but recherché et jamais atteint par la direction palestinienne qui s’est toujours trouvée sous la coupe des États-Unis, considérés comme des alliés naturels de l’État juif. Israël s’est toujours opposé à cette internationalisation, préférant agir en cercle limité. Le gouvernement israélien a usé de la méthode Coué en arguant que les seuls progrès proviendraient de négociations bilatérales directes où il a l’avantage de bénéficier d’une position forte : «la conférence risque de porter atteinte à la possibilité de la paix et de radicaliser les demandes palestiniennes».
            La France a jugé que rien n’a bougé depuis 1993, date à laquelle les Palestiniens ont fait la concession historique de reconnaître l'État d'Israël, et de renoncer à leur prétention à toute la Palestine historique. Le gouvernement israélien n’a pas statué sur ces prétentions. Il faut dorénavant s’attendre à une internationalisation du processus de paix ce qui représente déjà une victoire stratégique palestinienne même si aucune décision n’en sort.
            On peut penser qu’en sous-main l’administration Obama a approuvé cette sortie du modèle bilatéral parce qu’elle ne croit plus que les Israéliens et les Palestiniens puissent parvenir à un accord autour d'une table, malgré les bonnes incitations. En organisant la conférence, le gouvernement français poursuivait trois objectifs principaux : réaffirmer l'engagement international à la solution à deux États comme la seule viable au conflit, regrouper les documents pertinents décrivant les principes de base et les résolutions qui sous-tendent une résolution finale et enfin mettre au point les outils et les groupes de travail pour suivre les progrès.
            Les Français sont encore loin de parvenir à un résultat notable si l’on se réfère aux efforts internationaux précédents face aux réticences israéliennes. Mais ils insistent pour réaffirmer le consensus international derrière la solution à deux États et surtout pour mettre en garde contre des mesures unilatérales qui portent atteinte à ce principe. Les Palestiniens peuvent se vanter d’avoir marqué une victoire en installant le processus loin des Américains, en Europe,  dans un lieu potentiellement plus favorable. Cependant, le résultat de la conférence du 3 juin tend à prouver qu’Israël n’a rien à craindre du deuxième round de négociations prévu à l'automne.


5 commentaires:

Aaron a dit…

M.Hollande s'est surtout servi de cette conférence pour racoler des voix...

דוב קרבי a dit…

Un succès ? Après les immondes déclarations françaises à l'Unesco, à l'ONU, à l'´OMS, relayées par la presse mainstream aux ordres ?
Après le cafouillage des passeports "Territoires palestiniens" ?
Aucune chance pour qu'Israël accepte ces mises en demeures arrogantes des méharistes du Quai.
Peut-être un espoir du côté de lEgypte (avec la Russie), mais certainement pas avec la France.

Marianne ARNAUD a dit…


Il y a eu une Conférence de la Paix à Paris ? Première nouvelle ! Autant en a emporté la crue de la Seine sans doute ...

AMMONRUSQ a dit…

Je m'interroge toujours sur le rôle jouer par la France et quel intérêt y a t'il à ne respecter ni les uns ni les autres,les découpages à la serpe qui ont eu lieu il y à quelque quatre vingt ans de cela et l'erreur majeure qui en a découler ne semble pas avoir donner l'expérience souhaiter en la matière !

andre a dit…

Une conférence internationale à but électoraliste !
Paris bloqué par la pluie, la crue de la Seine, les grèves en tout genre et 29 délégations précédées de motards se réunissent aux frais du contribuable pour dire qu'il est souhaitable de parvenir à un accord avec une solution à deux États!

Bravo les enfonceurs de porte ouverte ! Et félicitations à Jacques Benillouche de tirer de doctes conclusions d'un non événement .
Andre M tribune juive