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jeudi 30 juin 2016

La boite de Pandore par Dov ZERAH


LA BOITE DE PANDORE

Le point économique de Dov ZERAH


Depuis vendredi, avec le Brexit, nous pouvons avoir le sentiment que les Britanniques ont ouvert la boite de Pandore. Pour autant, faisons appel à la sagesse populaire qui a l’habitude de dire que «le pire n’est jamais sûr !». Essayons de garder raison, même si le tremblement de terre déclenché avec ce vote va avoir des effets pendant longtemps.



Ce vote a mis en évidence un Royaume désuni ! Il laisse apparaître de profondes divisions sociologiques entre les campagnes et les villes, entre le bassin londonien d’une part et le nord de l’Angleterre ainsi que le pays de Galles d’autre part. Il dénote un rejet des élites londoniennes, et vient confirmer l’opposition déjà mise en évidence au dix-neuvième siècle par Karl Marx entre Londres et les villes libre échangistes tournées vers l’extérieur et les campagnes repliées sur elles-mêmes.
Le risque de dislocation du Royaume-Uni. Comme prévu avant le vote, le pays se trouve confronté aux réactions de l’Ecosse et de l’Irlande du Nord qui veulent rester en Europe, quitte à se détacher de l’Angleterre. Le problème est d’autant plus sensible pour l’Irlande du Nord qu’une frontière se reconstituerait entre Dublin et Belfast.
Le risque de démantèlement du Royaume-Uni explique et justifie la position du Cabinet de David Cameron de prendre le temps de trouver une position commune entre les quatre composantes du Royaume avant de signifier à Bruxelles la mise en jeu du fameux article 50 du traité de l’Union européenne.

Cela entraîne le débat sur le rythme des discussions sur les relations futures entre l’Europe et le Royaume-Uni, avec ou sans l’Ecosse et l’Irlande du Nord. L’attitude britannique est tout aussi compréhensible que celle des Européens de vouloir aller vite pour réduire autant que faire se peut les incertitudes.
Comment peut-on envisager que les parlementaires britanniques continuent à siéger à Strasbourg, que le Royaume-Uni en arrive à présider l’Union européenne, que des fonctionnaires britanniques dans les instances européennes traitent des sujets relatifs au Brexit… ? Aller vite, oui, bien évidemment. Mais cela exige un consensus européen sur le que faire ? En attendant la sortie définitive, la détermination d’un régime transitoire va peut-être finir par s’imposer.
Cela permettra de donner du temps au temps. Cela pourrait s’avérer utile, ne serait-ce qu’avec la montée en puissance du Bregret, des regrets suscités par le vote. Le Parlement britannique devra gérer la pétition demandant un nouveau vote et ayant, à ce jour, recueilli plus de trois millions de signatures. Le temps peut conduire à un nouveau référendum, même si David Cameron en est écarté la perspective hier.

Le Parlement britannique devra se prononcer avant la mise en jeu de l’article 50. Or, les pro-européens sont majoritaires, et ils pourraient voter contre cette perspective. Rappelons qu’au dix-huitième siècle, les pouvoirs du Parlement britannique étaient définis par la célèbre formule «il peut tout faire sauf changer une femme en homme». Un éventuel refus du Parlement de voter le recours à l’article 50 entrainerait sa dissolution et de nouvelles élections qui porteraient sur la confirmation ou non du Brexit.
Ces scénarios sont peu envisageables aujourd’hui compte tenu des 52 % recueillis par le Brexit, mais qu’en sera-t-il dans trois mois ? Ces scénarios laisseraient accréditer l’idée régulièrement avancée par les souverainistes selon laquelle l’Europe n’écoute pas les peuples. Ce référendum a ouvert la boite de Pandore de la remise en cause de la démocratie représentative. Comment gouverner, faire des lois, voter des budgets sans avoir de représentants démocratiquement élus. Un référendum ne règle pas tout !
Nigel Farage

Depuis vendredi, les souverainistes ont eu un réveil douloureux pour au moins quatre points importants :
- Les déclarations de Nigel Farage, un des porte-voix du Brexit, remettant en cause une des promesses démagogiques de la campagne. Après avoir promis que la contribution nette du Royaume-Uni à l’Europe, estimée à 7 milliards€, serait utilisée pour financer les infrastructures et la sécurité sociale britanniques, il a déclaré que ce ne serait pas possible.
- Pour saluer leur victoire, les partisans du Brexit ont agité l’Union Jack, le drapeau du Royaume-Uni, autre symbole de l’identité nationale. Mais survivra-t-il aux volontés séparatistes des Écossais et Irlandais ?
La dégringolade de la livre sterling démontre, s’il en était besoin, que, dans un monde globalisé, seules des stratégies de coopération se justifient. Il n’y a pas de place pour démarches individuelles ou indépendantistes. A quoi cela sert-il d’être indépendant si le symbole de la puissance britannique, brodé sur les chaussettes de Nigel Farage, est complétement dévalorisé ?
La notation du Royaume-Uni a été dégradée de AAA à AA, ce qui va renchérir le coût de sa dette et compliquer son atterrissage économique.
Boris Johnson

Comment Boris Johnson a-t-il pu déclarer que la livre se portait bien et qu’il n’y avait pas d’effet sur les Bourses ? Ce ne peut être que de la pure démagogie, ou de l’autisme face au tsunami !
Au-delà du dévissage de la livre, la perte de valeur des bourses mondiales vendredi dernier, estimée à plus de 2.000 milliards$, est la plus importante de tous les temps. Cette réaction des marchés est excessive car l’économie britannique n’est que la cinquième du monde, et que, au-delà de la multitude des questions posées, la grande incertitude ne porte que sur le devenir des secteurs bancaire et financier. En effet, personne ne sait quelle sera leur position par rapport au marché unique européen. Cela ne justifie nullement les baisses de certaines valeurs comme celles du secteur automobile.
Pour couper court à toute nouvelle velléité de sortie de l’Union, certains préconisent d’être intransigeants vis-à-vis du Royaume-Uni, voire de leur faire payer ce vote. N’oublions pas que sans le courage des Britanniques emmenés par Winston Churchill, nous vivrions peut-être encore aujourd’hui sous le joug nazi.
Au-delà de cette considération historique, cette attitude serait négative car la vie, et surtout les relations internationales nous donnent de très nombreux exemples des effets négatifs de toute humiliation d’un adversaire, à plus forte raison d’un pays ami.
En voulant faire payer l’Allemagne après la première guerre mondiale, nous avons mis en place l’engrenage qui a conduit à la seconde. En revanche, la démarche de Metternich de faire participer la France vaincue au Congrès de Vienne en 1815 a permis d’établir un système collectif qui a duré un siècle malgré la guerre austro-allemande de 1866 et la confrontation franco-allemande de 1870.

Enfin, le résultat des élections espagnoles de dimanche démontrent que le pire n’est jamais sûr puisque les populistes ont régressé. Espérons que cette leçon de choses «grandeur nature» incite nos concitoyens à voir l’Europe sous un jour différent et maitrisent leurs réactions émotionnelles. Alors, le risque de dislocation de l’Europe évoqué par le Pape François ainsi que les vieux démons du vieux continent seront écartés.

4 commentaires:

Jean Smia a dit…

À ceux qui prétendent que le Brexit menacerait l’unité du royaume uni : il faut qu’ils sachent qu’Elizabeth II est le monarque, sans autorité politique, de plus de 16 États qui ne font pas partie de l’U.E. :
Entre autres: du Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Jamaïque, la Barbade, Bahamas, Grenade, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Îles Salomon, Tuvalu, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Antigua-et-Barbuda, Belize et Saint-Christophe-et-Niévès. 
Que, peut-être un jour, il y en ait un 17éme, ne changera pas grand chose à sa monarchie.
Par contre qu’il y ait une nation, sans laquelle l’Europe ne serait plus l’Europe, qui décide de se désunir des institutions Européennes, devrait inciter ces institutions à changer de comportement.

Marianne ARNAUD a dit…


Après la grosse crise de nerfs qui a saisi toute cette classe médiatico-politique qui avait proclamé, à cor et à cri, l'impossibilité d'un Brexit, voici un article qui va lui mettre un peu de baume au coeur. Toutefois, en fin de lecture, qu'elle n'oublie pas de jeter du gros sel par-dessus son épaule, ce sera plus prudent !

PILCER a dit…

Malheureusement, vous allez m'effacer , car personne ne veut comprendre que c'est en majeure partie à cause de l'IMMIGRATION que les gens on voté ainsi ; les peuples veulent un renvoi massif des naturalisés ; il y en à beaucoup trop ÉT personne parmi les élites ne veut l'entendre ! La FRANCE ET L'ALLEMAGNE font très peur avec leurs politiques d'immigration et les ANGLAIS ON eu le courage ! Allez effacez mon commentaire !!!!!!

Jacques BENILLOUCHE a dit…

@ PILCER

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