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dimanche 5 juin 2016

Juger sur pièces par Gérard AKOUN



JUGER  SUR PIÈCES

Par Gérard AKOUN

            

          Avigdor Lieberman a été investi lundi par la Knesset ministre de la Défense, après avoir été il y a quelques années, déjà, ministre des affaires étrangères dans un précédent  gouvernement dirigé par Benyamin Netanyahou.  Mais, jamais un russophone n’avait obtenu un poste aussi élevé en Israël ; il devient en effet, le numéro deux du gouvernement, ce qui lui a fait dire, s’adressant à sa communauté, «le plafond de verre a été brisé pour les immigrés venus de l’ancienne Union Soviétique».



            Une nouvelle marche a été gravie par Avigdor Lieberman dans son ascension vers la place qu’il ambitionne, être un jour prochain, premier ministre d’Israël. Benyamin Netanyahou n’ignore pas les aspirations de son rival ; s’il en avait eu la possibilité, il n’aurait pas assuré sa promotion. Les choses étant ce qu’elles sont, il  leur faudra s’accommoder l’un, l’autre. Le nouveau ministre de la défense devra instaurer un climat de confiance avec  l’État-major, son prédécesseur s’est proposé  de l’aider dans cette tache et Avigdor Lieberman, qui a dans ses attributions la supervision de l’action de l’armée dans les Territoires palestiniens  a fait un certain nombre  de déclarations apaisantes à l’intention des Palestiniens qui tranchent, avec l’agressivité de sa  rhétorique habituelle. Il lui sera plus difficile de gommer son image de «va-t-en-guerre» que retiennent les responsables occidentaux dont certains, comme les Américains, n’ont pas hésité à critiquer le glissement encore plus à droite du gouvernement avec l’entrée du parti russe Israël Beteinou dans la coalition.
            Avigdor Lieberman a fait un certain nombre de déclarations à l’intention de l’Autorité palestinienne, des États arabes sunnites modérés, des Occidentaux, au cours desquelles il a assuré qu’il partageait les positions que son premier ministre avait  énoncées à l’université de Bar Ilan  en faveur de la création d’un État palestinien aux côtés d’Israël. Attendons pour voir, il sera jugé sur pièces.  
            De son coté le premier ministre israélien a déclaré vouloir réétudier «l’initiative de paix arabe de 2002» en l’actualisant pour tenir compte des changements opérés dans la région et a salué les efforts du président égyptien Al- Sissi pour relancer le processus de paix israélo-palestinien. Benyamin Netanyahou se démène, beaucoup trop, pour faire accepter la nomination de son nouveau ministre de la défense. On ne peut s’empêcher de penser que ce n’est pas sans rapport avec l’initiative française  de paix, dédaignée par Israël, qui réunira vendredi prochain à Paris les ministres des affaires étrangères  des États Unis, de la Russie, de l’Union Européenne, et de certains États arabes avec l’aval de la Ligue Arabe  pour  rechercher, ensemble, les moyens de ranimer le processus de paix israélo-palestinien.
            Les deux principaux acteurs du conflit ne sont pas invités à cette première conférence ; ils le seront dans un second temps. Une  autre conférence aura lieu à Paris durant  le deuxième  semestre pour mettre en application le plan de travail qui aura pu être défini à Paris. Benyamin Netanyahou reste totalement opposé à toute conférence, dont le but ne serait pas d’organiser des négociations bilatérales directes entre Israéliens et Palestiniens. Bien entendu, ces derniers  rejettent  ce  type de négociation proposé par Israël, dans lequel ils se retrouvent, affirment-ils en position d’infériorité. Benyamin Netanyahou fait mine de ne pas s’inquiéter du résultat de cette réunion bien qu’il risque d’accentuer les pressions sur Israël et d’augmenter son isolement  sur le plan international.
            De meilleures relations avec la Chine et l’Inde ne suffiront pas à le rompre. Israël semble rechercher une résolution du conflit israélo-palestinien dans un cadre régional, les pays arabes sunnites modérés y sont favorables, il faut évidemment profiter de cette ouverture. Mais Israël ne peut demeurer dans l’immobilisme, il doit reprendre l’offensive dans ces négociations, faire des propositions : Avigdor Lieberman, avait proposé des échanges de population et de territoires. 

            Dan Meridor ancien premier ministre adjoint, membre du Likoud, aujourd’hui  président du conseil des relations étrangères d’Israël considère : «qu’Israël doit dire ce qu’il veut en Samarie et en Judée et où il voudrait  tracer la frontière avec un futur État palestinien. Cela  placerait, selon lui,  la balle dans le camp de Ramallah et changerait la perception de  la politique israélienne sur le plan international. Il ajoutait : nous ne pouvons pas expliquer notre politique tant que nous n’avons pas de politique claire».
            Faut-il rappeler que le statu quo ne joue pas en faveur d’Israël ? 

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