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samedi 25 juin 2016

Il aura fallu.... par Dov ZERAH



IL AURA FALLU…

Le point économique de Dov ZERAH


Jo Cox
Mardi 12 avril, j’appelais votre attention sur les risques du Brexit et la nécessité de saisir l’opportunité de ce référendum britannique pour s’interroger sur le projet européen et les conditions de fonctionnement de la maison européenne. Il n’en fut rien, et le oui au Brexit a prospéré jusqu’à l’assassinat de la députée pro-européenne Jo COX.


Royaume-Uni

IL AURA FALLU cet événement tragique pour que les commentateurs et responsables mesurent les excès et dérives de la campagne. Trop tard. Voilà ce qui arrive lorsque certains jouent avec les peurs, n’hésitent pas à ouvrir la boite de Pandore des sentiments xénophobes, à favoriser les comportements irrationnels.
IL AURA FALLU cet événement tragique pour que le bon sens refasse surface. Avant ce scrutin du 23 juin, rappelons quelques points enjeux de ce référendum.
La déconstruction du Royaume-Uni. La sortie éventuelle du Royaume-Uni de l’Europe entrainerait des réactions de l’Ecosse et du Pays de Galles qui veulent rester en Europe. L’Irlande du Nord est également pro-européenne. Après plusieurs siècles de construction du Royaume-Uni, ce serait le début du démantèlement et aurait des impacts autrement plus fondamentaux que l’indépendance de l’Irlande.
Les effets collatéraux européens. La sortie du Royaume-Uni modifierait les équilibres en Europe, et accentuerait l’importance du couple franco-allemand. Cet événement aurait forcément des impacts sur les élections législatives espagnoles du 26 juin. La sortie britannique risquerait de remettre en cause le statu quo sur le rocher de Gibraltar.
Compte tenu de l’intensité des relations économiques avec la Royaume-Uni, les Pays-Bas ont estimé qu’ils risqueraient de perdre 1,2 % du PIB annuel. Après avoir refusé la constitution européenne, la pression pour organiser également un referendum serait forte avec une forte probabilité pour le Nexit, contraction de Netherlands et d’Exit.
Indéniablement, la sortie britannique risquerait de donner des idées à d’autres pays, notamment à ceux très réfractaires à l’accueil des migrants, comme la Hongrie. Elle entraînerait un engrenage dont on connait le début mais non la fin...
Au-delà de ces effets collatéraux, la négociation des nouvelles relations entre l’Europe et le Royaume-Uni entraînerait une période d’incertitude de 18 à 24 mois. La liste des sujets est longue : Union douanière, marché unique, contrôle des frontières, participation britannique à certaines politiques européennes autres que la politique agricole commune, contribution britannique au budget européen…Nous risquerions d’assister à ces marathons si caractéristiques du mode de fonctionnement européen, aux marchandages propres aux négociations multilatérales…Cela ne redorerait pas le blason européen.
Ce climat de défiance risquerait de voir réapparaître les incertitudes sur les dettes souveraines de certains pays européens, le débat sur le non-respect des règles de Maastricht, et d’une manière générale fragiliser l’euro et la zone. Daniel Cohn-Bendit a bien résumé la situation avec sa formule : «L’Europe est comme une centrale nucléaire, on ne sait pas la démanteler».
Daniel Cohn-Bendit

La sortie repose sur l’idée selon laquelle seul, on peut être plus fort, qu’il vaut mieux «être premier à Londres plutôt que second à Rome…»
Au-delà de l’Europe, il est impossible d’évaluer les impacts de la sortie sur :
La relation privilégiée avec les États-Unis. Or d’Europe, le Royaume Uni présenterait-te-il toujours autant d’intérêt pour les États-Unis ?
Le Commonwealth. La perte de l’accès privilégié via le Royaume-Uni obligerait de nombreux pays à redéfinir leurs alliances.
- L’Otan. L’affaiblissement consécutif à la sortie risque de remettre en cause leur position dans cette institution. 
Selon la quasi-totalité des économistes, des organismes de prévisions publics et privés, des institutions internationales, les conséquences économiques seraient négatives pour le Royaume-Uni, pratiquement sur tous les tableaux :
- L’impact sur le PIB serait, selon le FMI, de 1 à 6 % d’ici 2018. Cela entrainerait une augmentation du déficit public entre 0,6 et 3,6 % du PIB
- L’Union européenne absorbant 44 % des exportations britanniques, la sortie porterait atteinte au dynamisme du commerce extérieur
- L’avenir des secteurs bancaire et financier à Londres se trouverait posé, ne serait-ce que parce que les banques londoniennes ne bénéficieraient plus des avantages du marché bancaire unique.
- Plus généralement, de nombreuses multinationales pourraient remettre en cause la localisation britannique de leurs sièges sociaux…

IL AURA FALLU le drame de l’assassinat pour que les sondages donnent l’avantage au maintien. Encore faut-il que les sondages soient confirmés à la sortie des urnes. Alors, tous les responsables européens seront soulagés et continueront à travailler sans avoir engagé un débat sur l’Europe pour essayer de répondre aux attentes des eurosceptiques.

DOMMAGE ! Il est dommage d’avoir raté cette occasion qui aurait permis de populariser l’idée européenne.

1 commentaire:

Marianne ARNAUD a dit…

Il serait malséant de ma part d'oser m'inscrire en faux contre Daniel Cohn Bendit qui a si "bien résumé la situation" ! Mais il demeure une question qui me turlupine, et à qui personne ne répond : comment expliquer que la Suisse - pays démocrate, s'il en est - vient de demander à Bruxelles d'annuler sa requête d'adhésion à l'UE qui date pourtant de 1992, ce qui semble pourtant lui avoir largement donné le temps de la réflexion ?

Très cordialement.