ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE DEPUIS JUIN 2010 - LE BEST DU BEST OFF - CLIQUER UNE IMAGE POUR LIRE OU ARRÊTER LE DEROULEMENT


ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE - Cliquer l'image pour lire ou arrêter le déroulement

 

mercredi 15 juin 2016

Attentats : garder la tête froide



ATTENTATS : GARDER LA TÊTE FROIDE

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps

            

          Il est impossible de ne pas être pris de colère face à des attentats abjects qui touchent au hasard des victimes dans un restaurant. Il n’y a pas de justificatif, il n’y a pas d’explication, il ne saurait être question de pardonner un jour. À chaque attentat, le débat sur la peine de mort est remis sur le tapis, mais la sanction n'est pas dissuasive. On l’a constaté avec les tueurs au couteau qui savaient qu’ils n’avaient aucune chance d’en réchapper et qui agissaient quand même. La mort est au contraire douce pour tous ceux qui savent que leur vie d’homme est finie. 



          La prison est la peine la plus lente, la plus terrible, la plus destructive car le coupable voit s’étirer sans fin, 20 à 30 années de sa vie dans un enfermement qui le force à revivre chaque jour les instants dramatiques où il a basculé dans l’horreur et surtout dans la bêtise car son acte sera oublié par ses commanditaires mais certainement pas par les parents de ses victimes. Et pourtant les attentats n’ont jamais vu le peuple israélien succomber au désarroi et au découragement ; ils décuplent la volonté de vivre d’un peuple martyrisé tout au long des siècles.
            Toutefois il faut garder la tête froide et ne pas prôner une vengeance désordonnée tout azimut consistant à cibler les Palestiniens sans distinction. Même si, en leur for intérieur, ils se réjouissent d’avoir forcé les Israéliens à mettre un genou à terre, ils savent qu’ils ne peuvent pas se passer d’eux et nous aussi. Le fanatisme ne passera pas. Interdire définitivement l’accès des Palestiniens en Israël, comme certains inconscients l’exigent, est un suicide économique et un risque politique et sécuritaire. Il faut d’ailleurs noter que les assassins, à une ou deux exceptions près, n’ont jamais été de ceux qui avaient reçu des permis de travail. Ceux-là ont besoin de travailler pour nourrir leurs familles sachant qu’avec la différence de niveau de vie, un travailleur fait vivre trois familles. Le pragmatisme prime sur l’idéologie politique quand il faut gagner son pain quotidien et nourrir ses enfants. Les travailleurs sont souvent conscients qu’ils doivent faire la police pour dénoncer et éliminer les brebis galeuses. Ce n’est pas pour autant qu’ils nous aiment mais ce n’est pas pour autant qu’ils soient prêts à armer leur main assassine tandis que leurs chefs palestiniens dilapident les caisses et vivent dans des palais.

            Mais il est une certitude que les travailleurs de Cisjordanie sont indispensables à l’économie israélienne. Sans eux la construction, dans les territoires et en Israël, s’arrêterait parce que les Juifs refusent de faire les travaux difficiles dans les chantiers et préfèrent les emplois avec «attaché-case». Sans eux nous n’aurons pas le produit des récoltes tandis que les champs seraient vite en friche. Sans eux les hôtels ne pourraient pas accueillir les clients pourvoyeurs de devises et de richesses. Sans eux, de nombreux restaurants mettraient la clé sous la porte faute de main d’œuvre. La liste des emplois occupés par des Arabes des territoires serait encore longue. D’ailleurs, le manque de main d’œuvre est tel que certains patrons, malgré les sanctions et les risques qu’ils prennent, acceptent des clandestins pour subsister. Il faut se faire à l’idée que les entrepreneurs israéliens sont les premiers à exiger la multiplication des permis de travail pour être sûrs de respecter leurs contrats.
Gare centrale Tel-Aviv

            Alors bien sûr on pourrait remplacer les Arabes des territoires par des ouvriers des pays de l’Est qui, selon les nombreux témoignages de chefs de chantiers, sont nettement moins productifs que les Arabes. On remplace un mal par un autre. Alors que les ouvriers arabes rentrent chez eux tous les soirs au terme de leur journée de travail, les travailleurs immigrés peuplent les bas-fonds de certaines grandes villes pour apporter avec eux les maux que l’on retrouve dans tous les autres pays chez les célibataires déracinés : l’alcool, la drogue et les prostituées avec génération d’une pègre aux méthodes expéditives. Certains quartiers des grandes villes sont des zones de non-droit pour les Israéliens. On constate alors une augmentation de la délinquance avec ce qui est plus grave encore, le risque de mariages mixtes qui jettent des jeunes adolescentes juives dans le rêve d’une vie exotique.
            La cohabitation avec les Palestiniens est donc obligatoire. Il faut donc garder la tête froide en poursuivant, en neutralisant et en éliminant les coupables d’attentats mais il faut être sélectif en ne ciblant que les coupables. Les autres ont compris que Tsahal, l’armée populaire, ne leur permettra jamais de réaliser le rêve de nous éradiquer. Mais la seule solution reste la séparation physique, chacun chez soi et les vaches seront mieux gardées. Pour cela il faut que la barrière de sécurité soit terminée et devienne étanche pour empêcher les infiltrations quotidiennes. Les chefs militaires se sont succédés mais nul n’a été capable d’éradiquer le terrorisme, même avec la manière forte.
Alors certains illuminés reprennent à leur compte la thèse des éliminations ciblées de dirigeants politiques palestiniens parce que «les chefs terroristes ne doivent plus dormir tranquilles». Par ailleurs on ne peut pas négliger que la plupart des pays, à l'exception des États-Unis peut-être, seraient prompts à fermement condamner les assassinats, critiquant leur caractère extra-judiciaire. On oublie aussi que certains mouvements terroristes sont des hydres à plusieurs têtes ; lorsqu'une tête est tranchée, elle repousse en un ou plusieurs exemplaires. L’élimination du cheikh Ahmed Yassine, leader du Hamas, a porté au pouvoir Abdel Aziz al-Rantissi et la chaîne s’est poursuivie à chaque élimination des successeurs.
Cheikh Yassine

Avigdor Lieberman vient d’entrer en fonctions ; il sera jugé sur pièces mais il sait que les leaders arabes n’ont pas la culture de la vie mais celle de la mort. Il est suffisamment pragmatique pour tirer les conclusions de ses prédécesseurs que le plus important est d’empêcher le terrorisme de gagner des pans entiers de la population palestinienne en le poursuivant dans son propre terrain. Pour cela, il doit gagner, sinon la collaboration de la population palestinienne, au moins sa neutralité ; il faut donner du lest avec du donnant-donnant, du gagnant-gagnant pour ne pas qu'elle bascule de manière active du côté des terroristes.


8 commentaires:

Véronique ALLOUCHE a dit…

Je partage les paroles de Barbara après cet attentat ravageur qui me laisse pensive sur le devenir de l'humanité.
"Pour qui, comment quand et pourquoi ?
Contre qui ? Comment ? Contre quoi?
C'en est assez de vos violences.
D'où venez-vous ?
Où allez-vous ?
Qui êtes-vous ?
Qui priez-vous ?
Je vous prie de faire silence...."
Très cordialement
Veronique Allouche

Yaakov NEEMAN a dit…


Encore une fois, pour comprendre l'actualité israélienne, il faut avoir une approche systémique de la situation. Le peuple juif, que vous le vouliez ou non, est géré en amont par le Maître de l'Histoire. Celui-ci, dans Sa bonté, nous a donné un mode d'emploi pour savoir comment utiliser notre liberté. à deux reprises (Lévitique Vayikra 18,22 et 20,13) le Texte qu'il nous a légué qualifie d'abomination les relations homosexuelles. Ce n'est pas du pipeau. Le monde repose sur la Tora, que nous le voulions ou non : c'est comme ça. Plus loin Deutéronome Dévarim 32,31, Il nous avertit : "Nos ennemis sont nos juges" (oïvénou pélilim, איבינו פּלילים). A partir de là on comprend mieux pourquoi cet attentat a eu pour scène Tel-Aviv, où s'était déroulé quelques jours plus tôt la triste Gay Pride (200.000 personnes !). La seule voix juive a dénoncer cela fut l'ancien grand rabbin de France Haïm Yossef Sitruk (http://www.medias-presse.info/le-rabbin-sitruk-parle-de-la-gay-pride-a-tel-aviv-et-cree-un-seisme-dans-les-medias-juifs/55824). Le lieu de l'attentat, la galerie Sarona, peut se lire שכר העוון (littéralement : le salaire du péché)... Bien sûr, vous allez me dire que toute cette interprétation est dingue, idiote, injurieuse pour les victimes, scandaleuse, etc. et donc fausse. Elle m'a été confirmée par un Rav bien dans sa tête, pas du tout extrémiste et assez instruit dans ce que dit le Zohar. Parce que vous croyiez sans doute que Sodome et Gomorrhe (go! maures !), c'était juste une légende ? Pauvres de nous, qui ne sommes plus capables de comprendre les messages de notre Créateur ! Pauvres de nous qui croyons qu'il n'y a pas de prix à payer si on se laisse aller à pratiquer toutes les "chtouyottes" des nations en terre d'Israël !
C'est pourquoi, chère madame Véronique Allouche, je ne suis pas inquiet pour le devenir de l'humanité. Je suis inquiet pour le devenir du peuple auquel vous et mois appartenons. Nos ennemis sont nos juges. C'est pas moi qui le dit : c'est Lui. Mais allez expliquez ça à ceux qui se permettent tout et n'importe quoi. Un juif ne peut pas se permettre n'importe quoi. Et s'il s'y risque, il y a un prix à payer. Et comme on est tous responsables les uns des autres -- arévim zé la zé -- c'est toujours des innocents qui paient pour les fautes des uns. Kaddish pour les victimes ! Et 'hag saméakh !

Maya Nahum a dit…

Il en faut du courage, de la dignité et de la lucidité pour ecrire un tel papier aujourd'hui , cher Jacques. Vous avez tout ça ! Je partage vos propos. Mon père les aurait partagé aussi j en suis sure. Merci !

Daphna POZNANSKI a dit…

La réponse des Tel Aviviens aux terroristes : hier soir, les terrasses des cafés et des restaurants étaient bondées rue Dizengoff. Une réponse rassurante : la culture de la vie contre la culture de la mort.

Cordialement,
Daphna Poznanski

andre a dit…

Raison garder, apaisement souhaité ...
C'est un peu tôt pour en parler : il faut que les morts rejoignent la poussière et que la semaine de deuil soit terminée avant de calculer ce qu'on perd en n'importent pas des tueurs dissimulés en ouvriers .Trop tôt et indécent.

Jacques BENILLOUCHE a dit…

@ André

A vous lire il faudrait aussi faire la même remarque aux trois commentateurs d’I24news qui, le jour même de l’attentat, ont donné leur avis sur la question : Emmanuel Navon, Daniel Haïk et Olivier Rafovitch.

Je n’ai fait que commenter leur opinion et les mesures qu’ils préconisaient. C’était le but de mon article car j’ai trouvé le débat déséquilibré avec 3 commentateurs de droite sur le plateau sans personne pour leur donner la réplique.

Ce qui est indécent c'est de laisser la parole à un seul bord comme s'il s'agissait d'une parole divine ou d'une parole officielle.

Véronique ALLOUCHE a dit…

@ Yaacov Neeman
Je n'en reviens pas. Cacher son mépris de l'homosexualité derrière la Torah et prétendre que l'attentat de Sarona serait la punition de Dieu.... Feindre la pudeur par le dégoût d'autrui. Croire à une maladie contagieuse. Penser à une abomination. Dire que "le vice" est la cause première de tous nos maux.....Combien de commentaires ainsi formulés n'a-t-on pas lu sur la Gay Pride de Tel-Aviv. Et Joseph Sitruk qui termine ainsi en beauté sur Radio J: "j'espère que les auditeurs écouteront mon appel au secours et réagiront de façon radicale à une telle abomination". Faut-il rappeler l'assassinat d'une jeune fille de 16ans lors de la Gay Pride de Jérusalem l'année passée?
Votre commentaire Monsieur, est celui d'un intransigeant qui juge à travers sa croyance tout ce qui n'est pas exactement à son image.
Non, décidément, je n'en reviens toujours pas.

Marianne ARNAUD a dit…

Garder la tête froide quand on est sur le fil du rasoir, apparemment c'est difficile !