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vendredi 13 mai 2016

Uncle Sam save Porto Rico par Dov ZERAH



UNCLE SAM SAVE PORTO RICO


Le point économique de Dov ZERAH

            
Alejandro Garcia Padilla

          Dimanche 1er mai, le Gouverneur de Porto Rico, Alejandro Garcia Padilla, a annoncé que la banque de développement gouvernementale ne remboursera pas 470 Millions$. Confronté à une dette de 72 Milliards$, l’État associé aux États-Unis est ainsi en défaillance pour la troisième fois depuis 2015.



            L’archipel est constitué de l’île de Porto Rico proprement dite et d’une constellation de petites îles ou confettis dont Vieques, Culebra et Isla Mona. D’une superficie de 8.870 km², les îles sont situées dans les grandes Antilles, dans le prolongement sud-est d’Haïti et Saint Domingue. Elles abritent près de 3,5 millions d’habitants.
            C’est Christophe Colomb qui a découvert ces îles lors de son second voyage. Même s’il arriva le 19 novembre 1493, la colonisation ne démarra que 15 ans plus tard. L’île bascula dans le giron américain à la suite de la défaite de l’Espagne dans sa guerre contre le États-Unis, et du débarquement des marines le 25 juillet 1898. Le Traité de Paris du 10 décembre 1898 consacre le passage de Cuba, Porto Rico et des Philippines sous souveraineté de Washington. Malgré de nombreuses tentatives, Porto Rico n’arrive pas à acquérir son indépendance.
J. Cambon signe le traité de Paris en 1898 et met fin au conflit entre les Usa et l'Espagne

            Aujourd’hui, l’État libre associé de Porto Rico n’est pas indépendant. Il est associé aux États-Unis, et son Président est Barack Hussein Obama. Depuis 2010, un processus d’auto-détermination est engagé, mais l’État n’est pas membre de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Tout Portoricain est de nationalité américaine. Néanmoins, il ne participe pas à l’élection présidentielle car il n’est pas citoyen américain.
            Cela fait dix ans que le pays est en crise. Le point de départ est la suppression en 2006 des avantages fiscaux accordés par Washington aux entreprises américaines pour investir à Porto Rico. Dans le même temps, le 1er mai 2006, l’administration Bush a cessé d’accorder des prêts à l’île entraînant la suspension du paiement des salaires des fonctionnaires. Deux ans plus tard la crise financière a accentué la situation.
            Pour atténuer les effets négatifs de la crise, le gouvernement s’est appuyé sur la dépense publique. Arriva ce qui devait arriver. S’ensuivit un accroissement de la dette publique aujourd’hui insurmontable. Parallèlement, les habitants de l’île émigrent, à concurrence de 1.500 départs pour les États-Unis par semaine. Ils fuient le chômage qui atteint plus de 12 % de la population, la pauvreté puisque 45 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.
            Le Gouverneur a déclaré «Face à l’impossibilité de satisfaire les exigences de nos créanciers, et les besoins du peuple, j’ai dû faire un choix». La prochaine échéance est pour début juillet. D’ici là, il faudra prendre des mesures. Il est question de baisses importantes des retraites. Il faudra engager des réformes structurelles.

            L’île-État aura du mal à se développer avec le salaire minimum étasunien. Les États-Unis et l’île sont confrontés au même problème que celui de la zone euro : comment faire cohabiter dans une même zone monétaire des économies disparates ? Comment assurer le développement de Porto Rico avec la monnaie unique dollar, s’il n’a pas un véritable avantage compétitif avec de faibles salaires ? Comment un pays peut-il se développer s’il ne peut s’appuyer sur l’arme monétaire pour compenser un désavantage salarial ?
            Porto Rico est «la Grèce des Caraïbes». À un moment ou un autre, l’Oncle Sam devra prendre ses responsabilités et intervenir. Les obligations portoricaines, comme celles de tout État fédéré ou municipalité des États-Unis, sont exonérées d’impôt fédéral, ce qui conduit de nombreux investisseurs et fonds à les acheter. La défaillance à un tel niveau est problématique.

            Là où le bât blesse, c’est qu’à la différence des autres collectivités étasuniennes, Porto Rico ne peut se mettre sous la protection du chapitre 9 du droit des faillites. Aussi, le Congrès américain se doit de trouver la formule juridique pour permettre l’indispensable restructuration de la dette portoricaine. Attention aux jeux dangereux. L’administration Bush a pris le risque en septembre 2008 de plonger le monde entier dans la crise en laissant Lehmann Brothers tomber dans la faillite. Attention de ne pas laisser tomber Porto Rico. Que l’Oncle Sam sauve l’archipel.

            À défaut de solution et d’annulation d’au moins la moitié de la dette, Porto Rico serait le premier État à déclarer faillite après l’Arkansas en 1933.

1 commentaire:

Marianne ARNAUD a dit…

Quoi qu'il arrive à Porto-Rico, espérons que monsieur Garcia Padilla gardera son beau sourire !