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lundi 16 mai 2016

Deux Arabes tunisiens demandent l'asile en Israël par Souhail FTOUH



DEUX ARABES TUNISIENS DEMANDENT L’ASILE EN ISRAËL

Par Souhail Ftouh
Copyright © Temps et Contretemps


            
          Il n’est pas interdit de rêver. Deux frères tunisiens d’une région extrêmement défavorisée demandent l’asile en Israël pour fuir la pauvreté. Pour des raisons évidentes, cette information n’a pas été relayée jusqu’ici par les medias francophones du pays pour éviter probablement la diffusion à l’étranger d’une nouvelle dérangeante pour le régime antisioniste de Tunisie.



            La misère extrême et la marginalisation dans leur localité ont poussé  deux Tunisiens de la même famille à renoncer à leur citoyenneté : «Je renonce à cette citoyenneté inutile et je ne veux plus être tunisien à jamais. Je vous demande monsieur le Premier ministre de bien vouloir révoquer ma citoyenneté pour pouvoir immigrer en Israël et obtenir la citoyenneté israélienne, car en Israël je serais certainement considéré comme un être humain à part entière».
            Ces mots ont été inclus dans une missive d'un jeune tunisien publiée par les medias locaux [1]. Mohamed Faleh Bogdera, habitant de Kasserine (centre-ouest de la Tunisie), a adressé récemment un courrier au chef du gouvernement pour exprimer sa ferme intention de quitter définitivement son pays, fuyant le dénuement extrême. Il poursuit dans sa lettre : «Je vous annonce que je suis sympathisant de l’Etat d’Israël. Vive Israël avec Jérusalem comme Capitale….en Israël tous les citoyens sont égaux et l’État offre à tous l'occasion pour son épanouissement personnel».

            Des medias locaux affirment que ce jeune avait commencé à être actif depuis un certain temps  dans son village pour défendre Israël. Ils rapportent même que le jeudi 12 mai 2016, il avait installé le drapeau de l’État israélien sur le domicile familial, en choisissant comme date symbolique le jour de l’indépendance d’Israël. Ces mêmes medias [2] signalent même que son frère aîné, Ibrahim Faleh Bogdera, avait  aussi  réclamé le retrait de sa citoyenneté pour faciliter sa demande d’asile à l’État Juif. Ce dernier affirme carrément que toute sa famille soutien l’État hébreu et envisage de demander l’asile.
            Le cas des deux frères Bogdera témoigne du désespoir et de l'indifférence de l'État envers les habitants de Kasserine. Le désespoir monte d’un cran chez les jeunes Tunisiens, toutes catégories sociales confondues. Le désespoir touche aujourd’hui désormais tous les jeunes du pays comme les frères Bogdera de Kasserine qui gardent cependant l’espoir d’une vie meilleure.
            Alors que le pouvoir tunisien tente, comme de coutume, de détourner l’opinion publique en utilisant la question palestinienne afin de calmer des jeunes de plus en plus frustrés par la situation économique et sociale, la montée du désespoir et le mouvement des suicides des jeunes s’accentuent surtout dans ces zones défavorisées  comme Kasserine. D’ailleurs le suicide est devenu un acte fréquent chez les jeunes en Tunisie. En février 2016, l’Observatoire social tunisien, qui relève du Forum tunisien des droits économique et sociaux, avait publié son rapport annuel sur le suicide et les tentatives de suicide en 2015. L’observatoire a recensé 549 cas de suicide et tentatives de suicide sur tout le territoire, contre 203 recensés en 2014. Le gouvernorat de Kasserine, où habitent les deux frères qui demandent l’asile en Israël, est en tête de liste.
            Depuis cinq ans les recruteurs dans cette région ont ciblé les jeunes désespérés, déjà prêts à mourir, soit en se brûlant vifs soit en traversant sur des barques de fortunes pour arriver peut-être en Europe ou finir comme appâts pour les poissons au large de la Méditerranée. Il n’est pas étrange que Kasserine soit le fief du terrorisme en Tunisie. La région abrite les monts Saloum, Sammama et Châambi, des zones confrontées à une intense activité  terroriste. Face aux multiples attaques attribuées à des groupes djihadistes dans cette région, l'accès aux montagnes avait été interdit par les autorités. Cela avait été un autre coup dur pour les habitants, car les montagnes représentaient leurs ressources vitales principales.
Terrorisme au Mont Chaambi

            Depuis l'ère de Bourguiba jusqu'à celle de Ben Ali, les habitants de Kasserine ont toujours été marginalisés. Ils pensaient que cela allait changer après la révolte de 2011 mais rien n’est arrivé. Face à un sentiment de déjà-vu, cinq ans après l'immolation du vendeur ambulant Mohammed Bouazizi à Sidi Bouzid, point de départ de la révolte, les politiciens tunisiens n'ont rien compris : pour eux la priorité c’est la Palestine.





3 commentaires:

Philippe BLIAH a dit…

Les accueillir serait souhaitable pour mille raisons visant à lutter contre la propagande de nos ennemis mais pourrait créer un précédent trés dangereux pour Israel si ce genre d'événement (car c'en est un) devait faire boule de neige. Une question que votre interessant article devrait poser : pourquoi pas la France, pourquoi pas l'Europe pays plus grands et plus ouverts à l'immigration nord africaine?

Véronique ALLOUCHE a dit…

Votre article est intéressant mais il ne répond pas à la question de savoir pourquoi ces deux frères ont choisi Israël plutôt qu'un autre pays. Quelle est leur motivation première?
Bien cordialement
Veronique Allouche

Marianne ARNAUD a dit…

Cher monsieur Benillouche,

Voilà une histoire édifiante qui devrait enchanter tous les bisounours de quelque bord de la Méditerranée où ils se trouvent. Véronique Allouche voudrait bien savoir quelle est leur motivation première ? Et moi , je vous conseillerai, avant tout, de vérifier que ce ne sont pas des chanteurs de rapp. Car rien de tel qu'un chanteur de rapp pour pourrir l'ambiance de n'importe quelle cérémonie commémorative, si solennelle et si recueillie qu'elle est censée être.

Très cordialement.