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mercredi 13 avril 2016

Brexit or not Brexit par Dov ZERAH



BREXIT OR NOT BREXIT ?


Le point économique de Dov ZERAH


           
           Depuis une semaine, la chronique des Panama Papers a de nombreux effets collatéraux. Une de ses conséquences serait le handicap constitué par les révélations concernant le Premier ministre David Cameron en pleine campagne référendaire sur le maintien de l’Union Jack dans l’Europe. 
          Plus que la détention passée de parts dans une société off-shore de son père, c’est le fait de l’avoir contestée avant de le reconnaître, qui lui est reproché. En cette période de populisme ambiant, cette révélation et cette reconnaissance porteraient atteinte à la crédibilité de la campagne référendaire. L’amalgame est alors total quand le lien est fait avec la position des milieux économiques et financiers pour le maintien dans l’Europe. L’opprobre est jeté sur tout ce «monde» et ses opérateurs… !





            Mais ce qui interpelle, c’est que nous n’aurions pas parlé de cette perspective de Brexit, s’il n’y avait eu les Panama Papers…comme si la sortie du Royaume Uni serait un non-événement pour l’Europe et les Européens…comme si l’analyse britannique sur les dysfonctionnements de l’Europe n’avait aucun fondement…
            Le débat sur le Brexit concerne tous les Européens, y compris au premier chef les continentaux.
            Certes, les revendications récurrentes des Britanniques depuis maintenant 30 ans n’ont cessé de porter atteinte à l’affectio societatis européen. Mais rien ne justifie d’avoir une réaction émotionnelle, voire épidermique.
            Le débat sur la Brexit pourrait être une formidable occasion d’introspection européenne, une extraordinaire opportunité d’un vaste débat sur le devenir européen.
            Les sujets ne manquent pourtant pas ! Au-delà du problème des migrants, la question fondamentale est de savoir comment l’Europe peut s’affirmer politiquement et économiquement.
Afrique Sub-Saharienne

            Le problème repose en grande partie sur l’Europe. Si l’Europe veut encore écrire l’histoire, elle doit essayer d’être le centre de gravité du monde, d’éviter qu’il ne bascule dans l’Océan pacifique. Pour cela, l’Europe doit s’inscrire dans quatre partenariats stratégiques avec ses voisins, voire ses voisins de palier, dans deux dimensions, est-ouest et nord-sud :
Le pacte transatlantique constitue une énorme opportunité de constituer un corpus de normes qui s’imposent par la suite à l’ensemble du monde. C’est une condition nécessaire pour essayer de préserver notre way of life.
Une alliance stratégique avec la Russie dans le cadre d’un échange technologies contre ressources naturelles.
Un partenariat avec les pays arabes pour les accompagner dans leur développement économique.
Un partenariat avec l’Afrique sub-saharienne, principale zone de croissance des cinquante prochaines années. L’Afrique va connaître une exceptionnelle croissance démographique et il faut l’aider à avoir une croissance durable pour éviter des migrations incontrôlées. L’Europe devrait s’impliquer dans le développement de l’agriculture, l’électrification du continent, la constitution d’espaces régionaux.       
            Parallèlement, l’affirmation économique et financière de l’Europe passe par la définition d’un nouveau contrat social, d’un nouveau modèle économique. Depuis l’affirmation de la stratégie de Lisbonne en 2001 pour une Europe de la connaissance, Il ne semble plus y avoir de cap européen. De sommet en sommet, les chefs d’État et de gouvernement donnent le sentiment de réagir plutôt que de fixer des objectifs.
BCE

            Dans le même temps, pour favoriser l’activité économique, la Banque centrale européenne a pris l’initiative en adoptant des mesures risquées :
- Aussi étonnant que cela puisse paraître pour une banque centrale, elle donne l’impression de rechercher l’inflation, alors que sa mission, selon le traité de Maastricht est de préserver la valeur intrinsèque de la monnaie
- Alors que le Traité de Maastricht interdit tout refinancement des Trésors nationaux, elle s’est lancée, avec le Quantitative Easing, dans un très vaste programme d’achats de titres publics
- Par ses achats d’actifs, la BCE a mis d’énormes liquidités sur les marchés, au point d’assécher certaines composantes du marché obligataire
- En réduisant à zéro les taux et en donnant aux banques commerciales toutes les liquidités souhaitées, la BCE remet en cause les modèles bancaires en matière de collecte et de rentabilité
- Dans le passé, la conjonction d’importantes liquidités et de faible taux a poussé les opérateurs à prendre des risques inconsidérés. Cela a entraîné la constitution de bulles, et à plus ou moins brève échéance leur explosion, comme celle des subprimes en 2007-2008.
            Est-il possible qu’il n’y ait pas de limite ? Est-il possible d’éviter les catastrophes annoncées par une telle politique permissive ? Est-il possible que la politique monétaire soit l’alpha et l’oméga de toute politique économique ? Telles sont les questionnements de la situation actuelle.
            Il est grand temps de remettre sur le métier l’ouvrage du renforcement de la zone euro, qui passe notamment par la mise en place d’un véritable gouvernement de la zone euro, et par l’organisation d’un rapprochement fiscal entre les États-membres.
            Saisissons l’opportunité du Brexit pour aborder toutes ces questions et pour parler d’Europe.
            La construction de l’Europe ne peut se faire sans un axe fort entre l’Allemagne et la France, mais, elle ne peut se faire sans le Royaume-Uni. Il est toujours intervenu en Europe pour assurer l’équilibre sur le continent en évitant qu’un des deux protagonistes ne domine le continent. C’est pourquoi, Il est impératif de débattre sur le Brexit pour l’éviter et trouver de nouvelles raisons «d’envie d’Europe».

1 commentaire:

Marianne ARNAUD a dit…

Dans la liste des solutions que vous voudriez voir adopter par l'Europe - que j'appelle, UE - pour qu'elle continue à "écrire l'histoire", depuis l'adoption du Traité transatlantique - pour préserver "notre way of life", écrivez vous, ce qui ne manque pas de sel - jusqu'à la réforme de la BCE, mais en revanche, pas un mot sur les peuples européens dont vous ne parlez pas plus que s'ils n'existaient pas !
Or si l'UE veut encore prétendre à être dans l'Histoire, c'est-à-dire si les pays européens sont encore des démocraties, ne faudra-t-il pas, un jour ou l'autre, demander aux peuples ce qu'ils en pensent ?
Cela va commencer avec le référendum sur le Brexit, et nous verrons bien s'il existe encore cette "envie d'Europe" telle que vous la concevez, et que vous devez déjà écrire entre guillemets.