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lundi 4 avril 2016

BDS en chute libre


BDS EN CHUTE LIBRE
Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps
            

       Le mouvement anti-israélien BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions) ne semble plus bénéficier de l’aura de ses débuts. Il accumule défaite après défaite devant les tribunaux de plusieurs États et pourtant les Juifs continuent à le craindre au point d’en faire une obsession. Des chanteurs et des comédiens israéliens ont été mobilisés pour agiter le drapeau bleu-blanc face à des assistances qui affichent encore certaines inquiétudes. 



          BDS est une campagne internationale appelant à exercer diverses pressions économiques, académiques culturelles et politiques sur Israël afin d'aboutir à la réalisation de trois objectifs : «la fin de l'occupation et de la colonisation des terres arabes, l'égalité complète pour les citoyens arabo-palestiniens d’Israël, et le respect du droit au retour des réfugiés palestiniens».     
          Israël a longtemps traité par le mépris ce mouvement mais il commence à s’inquiéter de l’essor qu’il prend et qui peut frapper son économie. Pour les Palestiniens ce boycott constitue l’ultime carte, quand toutes les autres options ont échoué. Aucun parti politique israélien ne soutient BDS. Une seule exception cependant, les partis de gauche Meretz et Hadash soutiennent cependant le boycott des produits fabriqués dans les implantations de Cisjordanie.

            Ces méthodes douteuses pour isoler Israël ont viré de l’antisionisme vers l’antisémitisme et pourtant on continue à faire cas de cette association qui est devenue au fil du temps une véritable entreprise commerciale. L’organisation BDS, fondée en 2005, est devenue une entreprise qui dispose de 11 millions de dollars de budget et de plus de 18 annexes dans différents pays, même en Israël. 
Roz Rothstein

          La co-fondatrice Roz Rothstein de StandWithUs, groupe d'extrême-droite pro-israélien, qui s'oppose à BDS travaille en collaboration avec le gouvernement israélien car elle veut «éduquer les gens dans tous les segments de la société israélienne, sur les tactiques et les objectifs du mouvement et sur les moyens tangibles pour lutter contre les extrémismes qui encouragent le sectarisme contre l’État d’Israël et ses partisans». Cette fille de survivants de la Shoah a été désignée comme faisant partie des 50 Juifs les plus influents aux États-Unis.
            Jusqu’à présent les autorités israéliennes donnaient l’impression de ne pas faire cas de cette organisation estimant que la démocratie doit permettre la liberté d’expression. Mais le président Réouven Rivlin a dû sonner la fin de la récréation à l’occasion de la conférence anti-BDS organisée par Yediot Aharonot à Jérusalem. Il a fait valoir qu'il y avait une différence entre critique et dé-légitimation et estimé que BDS est basé sur le rejet de l'existence de l'État d'Israël. Le ministre de la Sécurité publique Gilad Erdan, en charge de la lutte contre le boycott au nom du gouvernement, a estimé que la situation n’était pas aussi grave : «De toutes les initiatives sur les campus, seuls neuf décisions BDS ont été adoptées.  En dépit du fait que quelque 500 entreprises ont été ciblées, seules quelques-unes ont arrêté leur activité. En ce qui concerne les investissements directs en Israël, ils ont augmenté de plus de 70%».

            La communauté pro-israélienne est convaincue que l’on donne trop d’importance à  BDS qui peut être combattu de manière plus efficace sur le plan économique. Le mouvement a certes obtenu quelques succès dans les campus universitaires grâce à une dialectique fondée sur les droits humains, mais en réalité est devenu moins toxique lorsque les États ont adopté une loi qui oblige à se dissocier de BDS ou à renoncer aux aides gouvernementales. Les organisations juives ont par ailleurs dépensé plusieurs millions de dollars pour combattre BDS dans les universités. 
          Mais l’influence de BDS commence à décliner bien que les étudiants continuent à être harcelés par les antisémites. Une poignée d’étudiants et de professeurs épaulés par des agitateurs extérieurs ont transformé le campus en un lieu hostile à Israël sans se préoccuper de l’atteinte qu’ils portent à leur université. Leur but est d’éradiquer les éléments pro-israéliens et de mettre en avant les vedettes de la gauche radicale comme Norman Finkelstein. Il est triste que les Juifs soient toujours en première ligne pour critiquer Israël et en particulier sa politique dans les implantations de Cisjordanie. Mais pour  l’instant la situation n’est pas grave puisque selon un sondage Gallup, 70% des Américains sont favorables à Israël et seulement 18% aux Palestiniens.
Yaïr Lapid distribue de l'info à Ben Gourion

            En Israël un seul dirigeant politique a pris réellement la mesure de l’événement. Yaïr Lapid n’a pas cessé de combattre BDS dans toutes les réunions et il semble récompensé par le public puisqu’il s'est élevé dans les sondages passant de 11 sièges à 21 aujourd’hui. Il a compris qu’il fallait utiliser les mêmes armes pour s’opposer à cette organisation anti-israélienne. Il s’est en particulier rendu à l’aéroport Ben Gourion pour distribuer aux voyageurs étrangers des dépliants présentant Israël sous son vrai jour en mettant en évidence que la «nation était engagée pour sa survie». 
          La situation d’Israël est loin d’être catastrophique. Les échanges avec l’Inde et le Japon se développent avec même certaines réussites dans les collaborations régionales. Le Royaume-Uni et l’Allemagne n’ont pas été contaminés par le zèle anti-israélien puisque chacun de ces pays échange  pour 6 milliards de dollars de  produits, donnant la certitude que la situation géopolitique d'Israël est probablement plus forte maintenant qu'à tout moment dans son histoire. Les détracteurs d’Israël se montrent de plus en plus fanatiques et perdent de leur crédibilité.
            En France l’organisation BDS connaît des déboires. Par arrêt de Cassation du 30 mars, la Chambre Criminelle a débouté sept militants du BDS du recours qu’ils avaient formé contre l’arrêt rendu par la Chambre Correctionnelle de la Cour d’Appel de Caen les condamnant pour avoir rassemblé un groupe de manifestants devant un supermarché d’Alençon en portant des pancartes et des banderoles incitant la clientèle à boycotter des produits d’Israël. La Cour d’Appel a jugé qu’il y avait une discrimination en raison de l’appartenance nationale.


1 commentaire:

andre a dit…

Un article optimiste qui réjouit le coeur ! BDS = boycott, désinvestissement, sanctions ?
NON ! BDS = BANDE DE SALAUDS .