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mercredi 23 mars 2016

LULA : Triste fin par Dov ZERAH


LULA : TRISTE FIN

Le point de Dov ZERAH


            
          Né le 27 octobre 1945, Lula da Silva, de son vrai nom Luiz Inacio Lula da Silva, défraie la chronique au Brésil depuis plus de cinq ans avec l’ouverture d’une procédure pour utilisation irrégulière de fonds publics. Il lui est reproché d’avoir détourné 4 Millions€ de deniers publics à des fins politiques, d’avoir reçu plus de 7 Millions€ de dons et honoraires d’entreprises. Son domicile est perquisitionné, il est en garde à vue pendant plus de 3 heures…


Dilma et Lula

            Pour le protéger, sa successeur, Mme. Dilma Roussef l’a nommé la semaine dernière Ministre d’Etat, directeur de cabinet à la Présidence de la République, la plus haute fonction dans l’Etat après celle de Président de la République. Pour mémoire, c’est le poste qu’elle occupait auprès de Lula jusqu’en 2011, avant d’accéder à la magistrature suprême. Ayant fait deux mandats, Lula ne pouvait se représenter.
            Cette nomination va déclencher une vague de protestations, de manifestations, et surtout une réaction vive de la Justice qui suspend le décret au motif que la Présidente a commis un délit en permettant à Lula de se soustraire à la Justice. Dilma Roussef et Lula da Siva sont tous les deux suspectés de freiner le cours de la justice dans les procédures concernant Petrobras et les grandes entreprises du bâtiment.
            Détournement de fonds publics, corruption, blanchiment, falsification d’identité pour dissimuler la propriété d’un appartement…les chefs d’accusation sont lourds. Quelle triste fin ! Comment une icône comme Lula a-t-il pu en arriver là ? Faisons un petit rappel historique.
Lula jeune ouvrier

            Lula est un ouvrier métallurgiste qui va très vite s’engager dans le syndicalisme. Repéré pour ses talents d’orateur et ses qualités de négociateur, il devient en 1975, à 30 ans, président du syndicat de la métallurgie. Barbe noire volumineuse, cheveux en bataille, il va très vite être la figure emblématique du syndicalisme brésilien. Son radicalisme va même le conduire à plusieurs reprises en prison.
            En 1980, il passe du syndicalisme à la politique. Son parcours est alors marqué par de nombreux échecs qui néanmoins ne le feront pas dévier de son combat et de son objectif.
-   En 1982, il se présente aux élections pour le poste de Gouverneur de l’Etat de Sao Paulo
-   En 1986, il est élu député
-  A la fin des années quatre-vingts, sentant venir la démocratisation du régime, il va fonder le Parti des travailleurs, mouvement d’opposition d’inspiration socialiste.
-  Il se présente à trois reprises à la Présidence de la République, en 1989 en 1994 et en 1998. A l’occasion des premières élections démocratiques, en 1989, il n’hésite pas à se refaire les dents, et à se couper sa barbe légendaire.
-   Ce n’est qu’à la quatrième tentative qu’il est élu, en 2003.
Pétrobras

            On ne peut que saluer l’endurance, la persévérance. Mais Lula va devenir le porte-parole de l’alter mondialisme. Mais au-delà de sa fonction tribunicienne, c’est son action politique que l’Histoire retiendra avec la promotion de mécanismes d’inclusion sociale, d’intégration des défavorisés dans un pays en forte croissance. Il va faire en sorte que la croissance n’accentue pas les inégalités, ne laisse pas trop de personnes sur le bord du chemin.
            La mesure la plus exemplaire est celle de la bourse familiale ou «bolsa familia». C’est un revenu de base accordé aux familles disposant de ressources inférieures à un certain montant. L’allocation est accordée sous certaines conditions : faire vacciner les enfants, s’assurer qu’ils aillent à l’école…En 2010, 11 millions de familles bénéficiaient de ce programme.
            Au-delà de ce formidable succès, les années Lula apparaissent sous un jour plus obscur avec la corruption. Classé 69ème dans le classement de transparency international, le Brésil est aujourd’hui confronté au scandale de Petrobras mis en évidence dans le cadre d’une vaste opération intitulée «lava Jato», à savoir lavage auto ou lavage rapide. 
            L’omniprésence de la corruption a été révélée avec tous les investissements de Petrobras qui auraient fait l’objet de surfacturations et donné lieu à des commissions de 1 à 3% versées aux partis politiques. Plus de 3 Milliards€ de pots de vin auraient été versés au cours de la dernière décennie. Cette caisse noire aurait été constituée avec la complicité active des «quatre sœurs», les quatre grands de la construction civile brésilienne.

            Cela risque de constituer une véritable déflagration pour le système brésilien. Lula semble pris dans la tourmente. Quelle triste fin pour ce combattant des défavorisés ! On prête au Président François Mitterrand cette sentence : «on ne juge un homme qu’au soir de sa vie».

3 commentaires:

Maher BEN GHACHEM a dit…

Tous ces gauchos leaders ont la même fin. Chavez, Castro. .....

David DORNBUSCH a dit…

Dans "le Monde" d'hier il a pas l'air si fini que ça

Marianne ARNAUD a dit…

Lula, n'est-ce pas celui qui affirmait, en 1988 : " Quand un pauvre vole, il va en prison. Quand un riche vole, il devient ministre." ?

Triste fin, en effet, pour cet ouvrier métallurgiste arrivé au pouvoir pour ses promesses de justice sociale !

Détournements de fonds publics, corruption, blanchiment, dissimulation de patrimoine immobilier : heureusement qu'on n'a jamais entendu parler de choses pareilles, chez nous, en France !