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jeudi 31 mars 2016

La recherche à l'heure africaine par Dov ZERAH



LA RECHERCHE A L’HEURE AFRICAINE

Le point de Dov ZERAH

            

          Du 8 au 10 mars s’est tenu à Dakar le Next Einstein Forum (NEF). Ce premier forum a réuni des centaines de chercheurs et scientifiques pour honorer la recherche africaine. Les promoteurs de la manifestation ont choisi 15 jeunes chercheurs africains et 54 ambassadeurs scientifiques pour promouvoir la recherche africaine.



Noble BANNADA, né à Kampala en Ouganda, spécialisé dans les modèles mathématiques des systèmes biologiques et de leurs interactions.
Ghada BASSIONI, née au Caire, chimiste.
Sherien ELAGROUDY, née en Égypte et spécialisée dans les problématiques environnementales, notamment celles relatives aux déchets solides.
Mohamed Mustapha FALL est né dans un petit village sénégalais, Keur Samba Kane. Il a une chaire de mathématiques à l’African Institute for Mathematical Sciences (AIMS) fondé à Dakar par la fondation Alexander von Humboldt, et membre du réseau des AIMS, centres d’excellence, créé en 2003 en Afrique du Sud.
Joseph ben GELOUN, né à Saint-Louis du Sénégal, mathématicien et physicien.
Assane GUEYE, né à Mbacké au Sénégal, mathématicien spécialisé dans la cyber sécurité
Evelyn GUITAU, né au Kenya, spécialisée en pharmacologie et immunologie cellulaire.
Wilfred NDIFON, né à Buea au Cameroun, spécialisé dans la recherche biologique.
Axel NGONGA, né à Bafoussam au Cameroun, spécialisé dans les technologies du web la gestion des bases de données.
Mohlopheni Jackson MARAKALALA, né à Moko pane en Afrique du Sud, immunologue et engagé dans la lutte contre la tuberculose et le sida.
Hallowed OLAOLOUWA, né à Bangui, en Centrafrique. Ces capacités e mathématiques sont reconnues au point d’être, à 21 ans, repéré et recruté par l’université de Lagos.
Tolullah (Tolu) ONI, née à Lagos au Nigéria et passionnée de politiques publiques dans les domaines de la santé et de la médecine.
Alta SCHUTTE, née en Afrique du Sud et spécialisée dans les problématiques cardio-vasculaires des populations africaines.
Komminist (Kommy) WELDERMARIAM, né à Arba Minch en Éthiopie, dans une famille pauvre. Après des études à l’université d’Addis Abeba et à l’Institut technologique de Bombay, il se spécialise dans la recherche en éducation, et notamment les logiciels éducatifs.
Amanda WELTMAN, née dans le Massachusetts mais a grandi en Afrique du Sud, physicienne.
            Retenez ces quinze noms. Certains n’hésitent pas à prédire que se trouve dans cette liste le nom du futur Einstein. Sans aller jusque-là, il y a le nom d’un ou plusieurs futurs Nobel. En tout état de cause, ces signes prometteurs, qui écornent des idées reçues, voire des préjugés, démontrent que la recherche n’est pas absente d’Afrique et présagent des lendemains encourageants pour le continent. De nombreux exemples sont alors avancés pour rappeler que l’Afrique n’est pas, n’a pas été un continent sans recherche :
Les os d'Ishango

             - Des exemples passés, comme «les os d’Ishango» attestant d’opérations arithmétiques effectués il y a 20.000 ans au Congo, ou les motifs géométriques gravés sur des pierres il y a 70.000 ans au Congo…
         - Des exemples récents, comme le radio télescope sud-africain distingué en 2012 ou l’installation par IBM d’un de ses laboratoires à Nairobi…
            La quantité et la qualité de la recherche africaine sont en progression régulière. Le nombre d’articles scientifiques écrits par des Africains a triplé entre 2003 et 2013 pour avoisiner 60.000 en fin de période. Mais l’Afrique ne consacre que 0,6 % de son PIB à la recherche, contre plus de 2 % pour les grands pays industriels. Les chercheurs et scientifiques africains sont de plus en plus présents et actifs aux rencontres internationales comme celle qui s’est tenue en Suède en novembre 2015 à l’initiative de la Young Academy of Sweeden (YAS), la Global Young Academy (GYA), et le Centre européen de la recherche. Certains pays émergent : Afrique du Sud, Cameroun, Égypte, Sénégal, et Nigéria
            Cette situation dénote que les politiques d’aide au développement conduites depuis plus de cinquante ans ont produit des effets positifs contrairement aux discours convenus. L’enjeu est de taille pour l’Afrique.

            L’Afrique va être confrontée à un choc démographique unique dans l'histoire de l’humanité. Peuplée d'un peu plus de 227 millions d'habitants en 1950, soit environ 10 % de la population mondiale, l'Afrique a franchi en 2010 le seuil du milliard d'habitants, et devrait doubler sa population en 40 ans pour atteindre les deux milliards en 2050, soit plus de 20 % de la population mondiale. Elle s'apprête à accueillir à partir des années 2030 environ 27 millions de jeunes actifs supplémentaires chaque année.
            La pérennité du développement que connaît le continent depuis une dizaine d’années passe par la formation de cadres techniques, de chercheurs, le financement de la recherche et l’innovation, la construction et le développement de laboratoires et centres de recherches. Au-delà, il faut cesser d’attirer les chercheurs et scientifiques africains hors d’Afrique. Il y a plus de scientifiques et ingénieurs africains aux États-Unis que dans toute l’Afrique. Cela ne peut continuer ainsi !

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