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mardi 8 mars 2016

La France irréformable au bord du chaos par Marianne ARNAUD



LA FRANCE IRRÉFORMABLE AU BORD DU CHAOS

Par Marianne ARNAUD

         

          Plus personne ne pourrait nier que la France en faillite est au bord de l'implosion. Voyez les institutions de la Vème République, et tout particulièrement cette élection présidentielle au suffrage universel qui devait être «la rencontre d'un homme et d'un peuple», or plus aucun parti politique n'est en mesure de présenter au peuple ce «grand homme» capable d'incarner la Nation, dans son ensemble, comme ce fut le cas de Charles de Gaulle, à son époque. 




          On nous aligne des énarques, des normaliens ou des avocats qui n'ont aucune compétence particulière autre que celle de s'entourer de «conseillers» ou de «communicants», tous l'oeil rivé sur les sondages et inspirer le discours propre à obtenir la réélection du président qu'ils servent. C'est ainsi que le «Président normal», alias «Flanby» ou «Fraise des Bois», s'est trouvé transformé en «chef de guerre» pour devenir le «sauveur de la Nation».
            Souvenez-vous : l'effet Charlie joue à plein, François Hollande lance l'opération Sentinelle. Il fait la guerre aux réseaux djihadistes. Leurs chefs ? «On les éradique. On les tue ! » Et c'est l'opération Serval au Mali. Puis l'opération Barkhane. En 2015 c'est toujours la guerre, en Syrie, en Irak. Ce qui n'empêche pas – certains affirment même, provoque – les attentats de Paris du 13 novembre 2015. A cette occasion, on sert aux Français, la Patrie, l'Armée, et même le Drapeau, jusqu'à plus soif. Le «Père de la Nation» fait «un bond historique» de 20 points dans les sondages, et redevient populaire, nous dit-on.

            Hélas, trois fois hélas ! En février 2016 la cote de popularité de François Hollande connaît une «baisse significative». Si 19% des sondés se disent «satisfaits» de l'action du chef de l'État, 81% se disent «mécontents», et ce dans toutes les catégories sociales, et jusqu'au sein du Parti Socialiste.
            Mais que s'est-il donc passé pour expliquer ce brusque revirement du peuple ? Des élections catastrophiques pour le pouvoir en place, une montée du Front National à un niveau encore pas vu, un remaniement gouvernemental qui n'a pas convaincu et pour finir des lois de plus en plus contestées, à tel point que Nicolas Baverez a pu écrire : «François Hollande a fait basculer la société française de la passivité à la révolte». En effet, la société - qui subit une fiscalité confiscatoire, une dépense publique à 57,5% de son PIB, un chômage de masse unique en Europe, des attaques incessantes contre l'entreprise, l'école, les familles, les professions libérales, la justice – finit par se révolter.
            Quelles que soient les réformes qui lui sont proposées, elles sont contestées avant que le texte en soit connu. La loi sur le code du travail dite «Loi El Khomri» est un modèle du genre. Tous les partis politiques et tous les syndicats sont divisés. On ne peut que constater que la haute administration ayant pris le contrôle du pouvoir politique, personne ne représente plus l'intérêt général. Ce qui permet à Nicolas Baverez de conclure son article du Figaro ainsi : «Le renouveau passe par l'affirmation d'un principe fondamental : l'État n'est plus la solution, il est le problème ; les Français ne sont plus le problème, ils sont la solution».
            Mais qui l'entendra ?

13 commentaires:

Jacques BENILLOUCHE a dit…

Chère Marianne,
Dans une démocratie, et la France en est une, le peuple est souverain et il dispose d’un bulletin de vote qui s’impose à tous. Les Français ont voté en 2012, ont élu François Hollande et ont confirmé ce vote en lui offrant une majorité à l’Assemblée. C’est une réalité à laquelle il faut se soumettre et être patient. Un autre vote interviendra en 2017 et il appartiendra à nouveau au peuple de sanctionner si nécessaire les sortants.
En attendant, et sauf coup d’État non souhaitable, le président préside et il n’est pas obligé de démissionner ni de dissoudre l’Assemblée. Il faut prendre son mal en patience. Mais je souhaiterais que les candidats cessent de gémir et de songer au passé ou au présent et qu'ils préparent un nouveau programme pour le futur quinquennat. Les électeurs qui ont voté Hollande pensaient qu’il avait sous le coude un bon programme, conçu par les énarques, prêt à être appliqué dès sa prise de fonction. Il n’en a rien été. Pas de projet fiscal, pas de projet économique, pas de plan pour le chômage, pas de vision précise sur les cinq années à venir. C'est pour cela qu'il a échoué.
À force de vouloir pointer les erreurs de François Hollande, l’opposition fait les mêmes erreurs que lui, en ne songeant pas au futur. Les hommes politiques, quand ils sont dans l’opposition, sont forts pour inventorier ce qui ne va pas. On dit bien que la critique est aisée. On aurait préféré de leur part un plan chiffré et détaillé de leur programme. Or ils passent leur temps à s’invectiver pour trouver le meilleur bon mot pour terrasser leur adversaire… dans leur propre parti. Ils s’essoufflent inutilement et ils sont déjà fatigués quand ils sont appelés à gouverner.
Ressasser les mêmes maux est stérile car cela ne change rien. Inutile de lire à longueur de Figaro les erreurs du gouvernement actuel. Les électeurs s’en rendent compte car ils sont les premiers à en souffrir. Il faudrait donc que le Figaro, dont vous vous faites souvent l’écho, publie les programmes des uns et des autres et nous informe de la bonne marche à suivre dans le cadre d’une alternance faute de quoi, comme en 1988 pour Mitterrand, François Hollande sera réélu. Il faut cesser ces textes et ces beaux discours qui ont un caractère incantatoire car leurs auteurs prétendent qu’eux auraient mieux fait et auraient changé le monde mais ils se gardent bien d’en détailler le mode opératoire.
Cordialement

Marianne ARNAUD a dit…

Cher monsieur Benillouche,

Dois-je considérer votre commentaire comme une volée de bois vert ? Ou peut-être après tout n'est-elle adressée qu'au Figaro ? Quoiqu'il en soit, et même avec la meilleure volonté du monde, personne ne pourrait nier que la situation de la France n'est pas extrêmement grave. C'est tout ce que j'ai essayé de pointer dans ce billet auquel vous me pardonnerez de ne rien retirer.

Très cordialement vôtre.

Corto74 a dit…

La situation de la France est dramatique et rien, absolument rien de tangible, de concret n a été mis en oeuvre par le gars qui se prétend président.
Hollande a été élu par , de mémoire, à peine 38% du corps électoral et ce sur des promesses bidons et totalement démagogiques et un antisarkozysme poussé à l extrême en particulier par les médias.
Presque 4 ans après et pas une journée où le bougre ne nous donne pas une occasion de lui mettre un coup de bâton derrière les oreilles.
Ceci dit, en ce qui concerne les Républicains, pris dans l engrenage d une stupide primaire, sachez que tous les candidats déclarés ont déjà un programme bien établi qui sur le fond ne les distingue pas beaucoup les uns des autres.
Et compte tenu de cette primaire, il est normal que le programme du futur candidat de la droite en 2017 ne sera dévoilé qu après la primaire.
Enfin, votre commentaire a Marianne semble montrer, à ma grande surprise, que vous n etes pas très au fait de la vie politique française
Cordialement

Véronique ALLOUCHE a dit…

Hollande a été élu sur un malentendu, les français votèrent avant tout contre Sarkosy ( bien aidés en cela, comme l'écrit Corto, par les médias de l'époque). Aujourd'hui le président "qui n'aimait pas les riches" se bat sur la loi El khomri, par la voix de Macron qui défend les entreprises pour dynamiser ( enfin) le marché du travail. Un peu tard toutefois qui verra ce 6 mars les syndicats dans les rues. Au mieux cette loi sera retoquée, au pire elle disparaîtra. L'immobilisme à nouveau sera de mise et les français ne pourront que subir un peu plus le naufrage de ce pays en attendant impatiemment 2017 parce qu'ainsi le veut la cinquième république. A moins que "la rue" n'en décide autrement d'ici là.......
Quant aux programmes de droite des futurs prétendants à l'élection, ils sont prêts Jacques, celui de François Fillon étant à mon avis le plus aboutit.
Bien cordialement Madame et merci pour votre article éclairé.
Véronique Allouche

Marianne ARNAUD a dit…

Merci à Corto et Véronique Allouche pour leurs commentaires. Pour en rajouter une couche, voici la prédiction de Maxime Tandonnet - ancien conseiller du président Sarkozy -concernant la prochaine alternance : les hommes et les femmes déterminés à prendre le pouvoir, ne connaîtront "pas seulement des larmes et du sang, mais aussi des crachats. Sils font leur devoir, ils subiront les pires insultes, la violence et la haine. Et s'ils ne le font pas, ils se rendront coupables de haute trahison devant les Français, devant l'Histoire."
Je me demande si tous ces beaux messieurs et toutes ces belles dames qui se bousculent au portillon en ont pris conscience ?

Très cordialement.

Bernard Meyer a dit…

Je constate que vos commentaires reflètent exactement la situation du pays.
Le peuple livré à lui même n'est certainement pas la solution et pour le bien de la France il serait impératif qu'il sache attendre 2017.
Du climat généré par ces divisions découlera l'arrivée d'une extreme droite qui mettra tout le monde d'accord sur la descente définitive de la France.
Bernard Meyer

andre a dit…

Francois Hollande a été élu démocratiquement et nul ne conteste sa légitimité . Pourquoi Jacques Benillouche croit-il nécessaire de le rappeler ? Ce qu'il faut répéter c'est que le quinquennat n'a rien apporté de positif sauf peut être une réforme sociétale.
Ceux qui ont incité à voter pour lui se sont trompés et on attend d'eux qu'ils reconnaissent leur aveuglement. L'échec ne vient pas d'une préparation insuffisante du programme politique des réformes . Tout le monde sait ce qu'il fallait faire : ce qui a été fait en Allemagne, en Grande-Bretagne , en Espagne et en Italie et l'économie de nos voisins est repartie et leur taux de chômage a baissé. Mais quand on est soutenu par des écologistes et des marxistes , quand on pense que les entrepreneurs peuvent être écrasés de réglementations et d'impôts,quand on rajoute 50 milliards d'impôts nouveaux , on casse la machine. Après on essaye de réparer, on appelle Valls et Macron pour des grandes réformes qu'on ne fera pas ou dont on fera une petite partie . El Khomri est chargée de présenter un projet mais on tremble de peur devant les opposants.
5 millions de chômeurs en France et :" Le Figaro" et " Le Point" et tant d'autres Media n'ont pas tort de taper sur le clou : reformez vite,courageusement ou laissez la place que de toutes façons vous allez libérer.!

Corto74 a dit…

@andré: Nul ne conteste sa légitimité ??? ah bon, moi si ! quand on se fait élire avec a peine 38% du corps électoral, sur un coup de chance ( DSK) et des promesses bidons (discours du Bourget) on n a qu une légitimité toute relative. Quand, depuis son élection, Hollande sombre chaque mois, hormis parenthèse attentas, dans les tréfonds des cotes de popularité, battant même, et a plates coutures, Sarkozy, je dis, si , si, il y a un problème de légitimité.

Dernier sondage en date, Yougov: Seuls 15% des Français ont une opinion positive de Hollande. Marge d'érreur statistique: 3% soit possiblement, à peine 12% des Français pour avoir une opinion positive du guignol.
Légitime ?

Marianne ARNAUD a dit…

@ andré

Il me semble que vous confondez "légalité" et "légitimité". Si Hollande est un président légal, il n'a, et depuis longtemps, plus de légitimité. Cette possibilité de perte de légitimité en cours de mandat, De Gaulle l'avait très bien perçue puisqu'il avait institué le référendum dans la Constitution pour que le président puisse, à tout moment, vérifier que son action était en adéquation avec le peuple. Lui-même s'y était soumis à plusieurs reprises et avait quitté le pouvoir après un référendum perdu.
Aujourd'hui les nains qui nous gouvernent, changent la Constitution, déclarent la guerre, envahissent des pays étrangers, décident de sanctions internationales qui mettent à mal nos industries et notre agriculture, vendent notre patrimoine historique et culturel, et osent même dénaturer des institutions millénaires, comme le mariage d'un homme et d'une femme, sans jamais en référer au peuple, à l'abri de cette dictature pour cinq ans qu'est devenu notre régime.
Cette façon de gouverner divise les Français. Ces présidents-là sont des fauteurs de trouble, voire de guerre civile. Et nous ne sommes qu'au début de nos peines.

Très cordialement.

andre a dit…

À Corto et à Mme Arnaud : en droit constitutionnel, la légalité et la légitimité ne font qu'un . On ne peut pas élire un Président jusqu'au prochain sondage.!
Le Général de Gaulle avait prévu le référendum pour solliciter le corps électoral en cas de conflit entre l'exécutif et le législatif mais la Constitution née 1958 ne prévoyait nullement la démission en cas de réponse négative.
La distinction entre la légitimité et la légalité a été définie par Rene Cassin pour L' Etat français de Vichy et uniquement parce que sous la coupe des allemands vainqueurs de guerre, les décisions et les nominations de Vichy ne pouvaient être légitimes et donc perdaient toute légalité.
Mais je suis bien d'accord avec vous : cette fin de règne est pénible surtout pour les chômeurs, les agriculteurs, les habitants des déserts français écartés des bassins d'emplois, les chefs d'entreprise piégés par les règlements et les Prud'hommes ...

Bernard Meyer a dit…

Si vous pensez que le prochain Président fera mieux permettez moi de vous dire que vous vous trompez.
Ce n'est pas les gouvernants qu'il faut changer mais la Mentalité du peuple français. La Haine des patrons et des " riches" est enseignée, entretenue et enracinée depuis des décennies. Ceux qui l'ont compris sont déjà partis, quand aux autres je leur souhaite bonne chance.
Bernard Meyer

Marianne ARNAUD a dit…

@ andré

Quand il y aura des centaines de milliers de personnes dans les rues, vous irez leur faire votre cours de Droit constitutionnel ! Ah, non, ce ne sera pas la peine ! Nous sommes en "état d'urgence", et ils auront les gaz lacrymogènes, les flash-balls et plus, si besoin, pour remettre tout le monde dans le droit chemin !

Véronique ALLOUCHE a dit…

@andré
La Constitution de 1958 ne prévoyait nullement la démission en cas de réponse négative à un référendum, oui bien sûr, mais un président mis en difficulté par la majorité du peuple peut y recourir comme l'a fait De Gaulle. Sa dignité l'exigeait.
Le 27 avril 1969 le général de Gaulle soumet l'ensemble de sa politique, et notamment son projet de régionalisation, au jugement des Français par l'intermédiaire d'un référendum. Dans son discours du 25 avril, il leur annonce qu'en cas de vote négatif, il quittera le pouvoir.
"Si c'est non, je m'en vais. Il s'agit d'un vote essentiel. Si les français me désavouent c'est qu'ils ne sont pas d'accord avec ma politique".
A l'époque, la France par celui qui la représentait pouvait se targuer d'être une démocratie. Aujourd'hui, contre vents et marrées, c'est " j'y suis j'y reste", et c'est tant pis pour les français si le pays sombre dans le chaos.
Cordialement
Véronique Allouche