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samedi 12 mars 2016

La fin des vaches sacrées par Marianne ARNAUD



LA FIN DES VACHES SACRÉES

Par Marianne ARNAUD

            

          La France qui a déjà vu disparaître une grande partie de ses entreprises privées, verra-t-elle disparaître à leur tour ses grandes entreprises publiques, «fleurons» de son industrie, modèles de ce service public qui pouvaient tout se permettre, et dont elle était si fière ? C'est en tous cas ce que nous pouvons craindre en lisant ce titre du magazine Challenge : «EDF, AREVA, SNCF... la descente aux enfers de nos entreprises publiques». Et ce sont dans les pages «économie» des journaux et magazines qu'on lit aussi : «Derrière la perte record de la SNCF, l'impasse financière», ou bien : «EDF, un géant ébranlé», ou encore : «Areva, la vraie histoire du fiasco».


Jacques Rapoport

            Après la brutale démission de Jacques Rapoport, président de SNCF Réseau, qui signe la crise grave que traverse le ferroviaire français, Guillaume Pepy, PDG du groupe SNCF, publie une perte colossale de 12,2 milliards d'euros sur ses résultats de 2015. Cette perte étant due à une dépréciation d'actifs ainsi qu'au peu de rentabilité de certaines lignes. C'est ainsi qu'un expert du ferroviaire français a pu écrire : «Ce que signifie cette dépréciation c'est que le chemin de fer français est désormais sorti du champ de l'entreprise et que s'il devait fonctionner dans le monde normal, il s'arrêterait net». Ajoutons que la dette du groupe SNCF s'élève à 44,4 milliards d'euros. Une réalité s'impose donc : le transport ferroviaire a constamment été sous-financé. D'autre part les nouvelles lignes qui devaient être arrêtées pour consacrer les investissements à l'entretien du réseau, ne l'ont pas été sur l'injonction du politique, malgré l'avis défavorable de la commission d'utilité publique.
Jean-Bernard Levy

            «L'équation financière d'EDF est difficile. Restons sereins» déclare Jean-Bernard Lévy, son PDG. Pourtant le directeur financier, Thomas Piquemal, crée un véritable choc en démissionnant avec fracas. La Bourse chute de 7% ! L'action EDF qui avait perdu les deux-tiers de sa valeur en dix ans, n'avait pas besoin de cela. Elle avait été sortie sans gloire de l'indice du CAC 40 et ses salariés en avaient été humiliés. Pour l'heure l'entreprise se trouve face à deux grandes difficultés financières : reprise de l'activité réacteurs d'Areva, voulue par l'État dont le coût s'élève à 2 milliards d'euros ; et construction de deux centrales nucléaires de seconde génération EPR en Grande-Bretagne dont le coût représente au minimum, 16 milliards d'euros, sans compter les frais financiers. Pour minimiser l'impact du départ de Thomas Piquemal, Jean-Bernard Pepy, Emmanuel Macron et David Cameron ont réaffirmé leur volonté de voir aboutir le projet Hindley Point et c'est «dans un avenir proche» que son PDG doit prendre la «décision finale d'investissement». Pourtant, pour la première fois depuis sa création en 1947, EDF a mis en place un plan social prévoyant 3.500 suppressions de postes.

            Areva, fer de lance de notre production d'énergie, voulue par le Général de Gaulle pour garantir notre indépendance, détenue à 87% par des capitaux publics, est en situation de faillite, en affichant une perte de 5 milliards d'euros ! Le journaliste Jean-Marc Sylvestre y voit plusieurs explications telles que le maintien d'une gestion calée sur des critères purement politiques et protégée par le secret d'État. Ou bien, un management trop indépendant dominé par des ingénieurs à qui on ne demande pas de rendre de comptes. Ou encore, des erreurs techniques d'organisation voire des malversations comme dans le cas de l'achat pour 1,8 milliard d'euros de la société UraMin qui devait sécuriser le groupe pour ses achats d'uranium et qui s'est avéré désastreux. Areva, qui est en perte de vitesse depuis la catastrophe de Fukushima, a bien fait une tentative de diversification qui malheureusement n'a pas été approuvée par l'État. Et voilà qu'elle accumule les retards sur la mise en service du réacteur de nouvelle génération de Flamanville, au moment où elle tente de s'imposer au Royaume-Uni alors que la Chine s'apprête à débuter sa propre construction de réacteur de troisième génération qui pourrait rivaliser avec l'EPR français.

            Ne dirait-on pas qu'avec BlaBlaCar ou les énergies renouvelables c'est déjà la relève de nos «vaches sacrées» qui est entrée en scène, par la petite porte, pour ouvrir la voie à une nouvelle époque ?

1 commentaire:

Véronique ALLOUCHE a dit…

....et le début des vaches maigres!
Ces grandes entreprises n'ont pas su prendre les nouvelles orientations qui s'imposaient face à leurs concurrents étrangers, et ce n'est pas d'aujourd'hui. A son époque Mitterand, plutôt que de faire des restructurations, a nationalisé les entreprises sidérurgiques alors que le secteur se mourrait.
Les syndicats restent puissants et les jours de grève sont en France les plus élevés d'Europe dans le secteur public. Pourtant les avantages sociaux de ces salariés n'ont pas d'équivalence dans le privé.
Entre 2005 et 2014, en Allemagne pour mille employés: 15 jours de grève, en France pour la même période: 132 jours.....(La Tribune)
En France tout bouge mais à reculons.
Bien cordialement