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jeudi 10 mars 2016

La bataille de l'acier par Dov ZERAH



LA BATAILLE DE L’ACIER

Le point économique de Dov ZERAH


           
          En 2001, la Chine a adhéré à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) sur la base d’un protocole valable pour 15 ans. D’ici à la fin de l’année, des négociations vont se dérouler notamment pour déterminer les futures règles des échanges commerciaux entre l’Europe et son premier partenaire.



Les commissaires européens

            Mercredi 13 janvier, le collège des commissaires européens a examiné pour la première fois les principaux sujets de la négociation. Ils sont nombreux :
- La baisse, voire la très forte baisse envisagée des droits de douane commence à susciter de nombreuses oppositions.
- Accorder ou non à la Chine le statut d’«économie marchande».               En 2001, les aides diverses et variées aux entreprises avaient justifié de considérer l’économie chinoise non marchande. La question est aujourd’hui de savoir si la situation a suffisamment changé pour modifier la conclusion de 2001.
- Cette analyse avait conduit à la mise au point dans le protocole d’adhésion de procédures anti-dumping.

            Le dumping consiste à comparer le prix de vente chinois à celui d’un produit identique en provenance d’un pays tiers ; si la différence est trop importante, il y a suspicion de dumping. Si la définition est simple, la constitution de la preuve est beaucoup plus compliquée. 52 procédures anti-dumping ont été ouvertes à l’encontre de produits chinois. Cela peut paraître négligeable puisqu’elles ne concernent que 1,38 % des exportations chinoises, mais elles concernent principalement :
- trois secteurs, l’acier, la céramique et la chimie
- deux pays, l’Allemagne et l’Italie
            L’enjeu dépasse largement les secteurs et les pays mentionnés. Pour pouvoir vendre aux Chinois, les Américains comme les Européens n’ont pas fondamentalement contesté ni le dumping social, ni le dumping environnemental, ni le dumping monétaire chinois.
            L’Empire du Milieu est ainsi devenu la deuxième économie au monde, voire la première si les PIB sont comparés avec la méthode de la parité des pouvoirs d’achat. Des centaines de millions de personnes sont sorties de la pauvreté et le monde a connu une exceptionnelle augmentation de la richesse. Mais, dans le même temps, les industries des pays occidentaux ont décliné et le chômage de masse s’est développé.
            Peut-on continuer avec les mêmes règles ? Peut-on diminuer les droits de douane avec la Chine ? Peut-on reconnaître que l’économie chinoise serait devenue une économie marchande ? Peut-on simultanément considérer que la Chine est encore un pays en développement et bénéficier des avantages qui sont attachés à ce classement, en permettant notamment de subventionner certaines activités ?
            Le débat pourrait, devrait se développer alors que la bataille de l’acier fait rage ! À un  tel point que les États-Unis ont instauré début mars une taxe exceptionnelle d’importation de l’acier chinois de 265,8 %, pourcentage sans commune mesure avec les 71,3 % pour les aciers japonais, ou les 38,9 % pour les Brésiliens…les Américains veulent faire cesser ou enrayer le déferlement d’aciers chinois à des prix considérés inférieurs à ceux du marché.

            Les surcapacités chinoises de production sont telles que les autorités ont engagé un plan de restructuration de la sidérurgie qui devrait entraîner la suppression de cinq à six millions d’emplois sur plusieurs années. Pour s’en sortir, les entreprises cherchent à exporter, même en cassant les prix. Cela a fait chuter les prix jusqu’à 50 % pour certains produits laminés.
            Alors que des aciéristes, travaillant en Europe, bénéficient de l’offensive américaine, la Commission européenne ne peut instruire le sujet faute d’une plainte d’une entreprise européenne. La Commission européenne ne peut s’autosaisir ni répondre aux sollicitations des nombreux États-membres inquiets du devenir de leurs entreprises sidérurgiques.
            Comment expliquer un tel décalage ? Pourquoi l’Europe ne défend-elle pas ses intérêts comme les États-Unis ? Ne pourrait-il pas y avoir une position commune américano-européenne ?
            La réponse à cette question serait positive s’il y avait un pacte transatlantique. Oui, ce pacte tant décrié permettrait d’établir des règles communes aux États-Unis et à l’Europe de définir des règles, des normes susceptibles d’assurer une protection de notre way of life dans une mondialisation quelque peu débridée. Une gouvernance mondiale plus efficace pourrait passer par une alliance américano-européenne qui serait la base, le socle d’une économie mondiale un peu plus harmonieuse.
            Dans un monde globalisé, les stratégies solitaires ne permettent pas de défendre réellement ses intérêts. Seules les stratégies d’alliance offrent de véritables opportunités.

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