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mardi 15 mars 2016

Ils ont tué mon foot par Jean SMIA



ILS ONT TUÉ MON FOOT

Le billet d'humeur de Jean SMIA

            

          Dans les années 50 : j'avais 8 ans. Rentré de l'école et, après avoir bâclé mes devoirs, je me ruais dans l'impasse derrière la maison, pour le foot quotidien avec les copains de la rue. À la nuit tombée, les tibias recouverts de bleus, les genoux écorchés et la bottine ouverte en gueule de crocodile, affamé, je rentrais me faire houspiller par ma mère, sous le regard faussement réprobateur de mon père. Tous ceux qui ont vécu ça, savent de quoi je parle.



            J'avais adoré le foot. Regarder, jouer, discuter, chicaner, moquer, critiquer, chamailler, bref...., en parler. Une époque où les paris se faisaient plus pour l'honneur que pour le fric. Mais là, je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Aujourd'hui, il apparaît que plus on injecte d'argent dans ce sport, plus le niveau culturel des «gladiateurs» baisse.
            Tenter de trouver un joueur qui soit docteur en médecine comme l'était Socrates est aujourd'hui impensable, un bachelier est improbable ; on peut y trouver quelques rares titulaires du B.E.P.C et d'autres du niveau S.L.E. (Sait Lire et Écrire). Je ne citerais pas de noms : l'actualité s'en charge.
            Ce qui augmente en revanche, c'est le nombre de métiers qui fleurissent autour de cet ex-sport. Les agents, les commentateurs, les pronostiqueurs, les éditorialistes, les fabricants de produits dérivés, les sponsors, les investisseurs, les recruteurs, les spéculateurs, les agences de pub, les preneurs de paris, il y a même, paraît-il, des boursicoteurs pour acheter des parts d'un joueur, comme on achète un cheval.
Bekenbauer


            De plus, à la sobre élégance d'un Bekenbauer s'est substituée l'ombrageuse agressivité d'un Ibrahimovitch, et à l'astucieuse virtuosité d'un Zidane, timide et discret, on glorifie l'arrogance fanfaronne d'un Ronaldo, ce qui fait que nous sommes très loin d'un sport qui n'était qu'un jeu, à l'origine, pour gentlemen. Le raffinement britannique ne semble pas pouvoir prospérer au Qatar.

            C'est pourquoi, je préfère désormais voir les filles jouer au foot ; elles essayent, elles, de faire du beau foot, et elles y parviennent souvent !! Et en plus, il y a du suspense dans leurs compétitions.

2 commentaires:

Georges KABI a dit…

Dans un "talk show" sur la chaine israelienne no.10 vendredi soir dernier, un ancien footballeur israelien a avoue que c'etait un scandale que tant d'argent soit deverse sur le foot israelien (qui ne vaut rien) alors que sur le theatre israelien, la nouvelle ministre de la Culture, Miri Reguev avait l'intention de couper le budget en 2 car le theatre israelien n'etait pas assez "a droite". Ce meme footballeur soulignait que le theatre israelien attirait chaque annee 4 millions de spectateurs et que le foot israelien aurait ete bien content d'avoir un tel public!

Bernard Meyer a dit…

Ce que vous racontez sur votre enfance, mes petits enfants le vivent actuellement avec le même plaisir et avec autant de joie. Les noms des joueurs ont changé et restent à leurs yeux des idoles. Plus tard ils parleront eux aussi de leur enfance avec autant de nostalgie.
Vous admettrez aussi qu'il est moins nocif pour les jeunes de voir un "fanfaron" comme Ronaldo plutôt qu'un Zidan "timide et discret"qui se comporte comme un voyou sur un terrain et qui a drôlement écorché ce sport jadis de gentlemen.
La vie n'est jamais figée et elle n'est qu'éternel recommencement.
Bernard Meyer