ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE DEPUIS JUIN 2010 - LE BEST DU BEST OFF - CLIQUER UNE IMAGE POUR LIRE OU ARRÊTER LE DEROULEMENT


ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE - Cliquer l'image pour lire ou arrêter le déroulement

 

lundi 22 février 2016

Un sujet qui fâche : le TAFTA par Marianne ARNAUD



UN SUJET QUI FÂCHE : LE TAFTA

Par Marianne ARNAUD

            
Manuel Barroso et Herman Von Rompuy


          Aujourd'hui, les Européens, par la voix de leurs journalistes, n'ont qu'une question : Brexit or not Brexit ? Cependant, dans la coulisse, se prépare depuis trois ans et dans le plus grand secret, un traité transatlantique voulu par Barack Obama et soutenu par José Manuel Barroso et Herman Von Rompuy.



            Le Transatlantic Trade and Investment Partnership (TTIP), plus communément appelé Transatlantic Free Trade Agreement (TAFTA), a pour objectif premier de libéraliser les échanges commerciaux entre les États-Unis et l'UE dans le but de créer une sorte de marché commun pour 820 millions de consommateurs américains et européens. Selon la Commission européenne cet accord n'aurait que des avantages et, dans ces conditions, on comprend mal pourquoi les textes des discussions restent secrets ou ne sont réservés qu'à certains eurodéputés ou encore, ne peuvent être consultés que dans des salles ultra-sécurisées ?
            Dès le début des négociations, certains économistes avaient mis le doigt sur le fait que depuis vingt ans, aucun des traités de libre-échange n'avait eu les résultats escomptés, quand ils n'avaient pas tout simplement engendré des catastrophes s'il se trouvait que les pays concernés possédaient des structures économiques de nature différente. D'autre part comment expliquer le TAFTA aux Européens à qui on avait vendu l'UE pour concurrencer les États-Unis ? Comment ne pas comprendre que les États-Unis ont besoin de ce traité pour faire bloc contre la Chine et les pays émergents, et essayer de leur imposer les normes occidentales devenues normes mondiales ?
Jacques Sapir

            Mais pour arriver à ce résultat, il faut supprimer les droits de douane et les règlements sur les produits et les services, et s'aligner sur le moins-disant c'est-à-dire les États-Unis. Le traité prévoit également l'instauration de tribunaux arbitraux, présidés par des arbitres privés et non par des juges, pour régler les litiges, entre les multinationales et les États. Ainsi n'importe quelle multinationale pourrait attaquer un État si elle jugeait une mesure étatique en contradiction avec le traité. Comme l'écrit Jacques Sapir : «C'est l'ultime stade de la disparition de l'État !»
            Disons-le tout de suite : nous n'en sommes pas encore là ! Il aura beau être retardé au maximum, le débat devra avoir lieu. On voit mal les consommateurs européens accepter de gaîté de cœur de manger du poulet lavé au chlore ou du bœuf aux hormones. De même, gageons que les travailleurs européens ne renonceront pas facilement à leurs espoirs de croissance qui en ont déjà pris un sacré coup avec l'Union économique et monétaire, dont on leur avait pourtant dit monts et merveilles. Chacun a déjà compris que le TAFTA bénéficierait essentiellement aux États-Unis.
            Déjà on annonce que des pétitions circulent pour demander l'abandon des négociations du TAFTA par la Commission européenne et ce n'est sans doute que le début d'une opposition qui est appelée à se développer.

4 commentaires:

Max Semory a dit…

Je ne suis pas certain qu'une zone de libre echange entre l'Union Europeenne et les Etats-Unis soit porteuse d'effets pervers comme vous semblez le dire.Une zone de libre-echange ne conduit pas forcement a une redistribution des benefices en faveur du plus fort. Pour ce faire, il est necessaire de passer a un stade superieur, c'est a dire une union douaniere + un marche commun avec libre circulation des personnes et des capitaux+ des budgets et des politiques communes, c'est-a-dire une union economique et financiere. Et dans cette eventualite, laquelle n'est pas encore celle envisagee, en secret? par les euro-americains, c'est surtout la mondialisation, vehiculee par l'union economique et financiere citee plus haut, qui va etre responsable des effets pervers.

AMMONRUSQ a dit…

Bon,tout ça est de la poudre aux yeux car on se doute que ce genre de négociations n'est pas anodine,cette vielle europe ne veut pas comprendre qu'elle va se faire avoir,par la faute de ses politiques justement qui sont d'une incompétence notoire car combien de ces derniers ont créer une société : aucuns alors ils connaissent vraiment le commerce ces gens ?

Daphna POZNANSKI a dit…

Députée des Français de l'étranger durant quelques mois (juin 2012-février 2013), je me suis intéressée alors aux négociations sur le TAFTA. Force m'a été de constater qu'il aurait été plus aisé d'avoir des infos sur les capacités de l'arsenal nucléaire français plutôt que de tenter d'apprendre ce qui se négociait. "Circulez, il n'y a rien à voir", voilà le type de réponses que j'ai reçu, comme d'autres de mes collègues curieux ou inquiets. Ce qui m'a totalement alertée. Le secret imposé à ce niveau, alors que ces négociations concernent les peuples européens dans leur quotidien, ne peut que cacher des objectifs peu avouables. Certes, le traité viendra un jour devant les Parlements. Que feront alors les députés? Obéiront-ils aux injonctions de leur parti respectif en violant leur conscience et nos libertés ? Je n'aurais pas voté ce traité sur les bribes que nous connaissons. Je ne suis pas passéiste, mais je préfère léguer à nos descendants le goût du vrai, de l'authentique, du bien fait. Entre le poulet au chlore à l'américaine et "l'alimentation" du film de science-fiction "Soleil vert", il n'y a de différence que de quelques degrés. Je suis sûre que beaucoup se lèveront contre le TAFTA s'il nous emmène là où nous ne voulons pas aller. Et de grâce, ne me faites pas un cours d'économie. Souvenons-nous que les Etats n'ont que des intérêts et que les USA ne sont pas des modèles exemplaires, même en économie. Alors qu'ils ont obligé les Etats à briser le secret bancaire, ne conservent-ils pas jalousement un Etat comme le Delaware, paradis fiscal s'il en est ? Chacun voit midi à sa porte et les Européens devront se souvenir de ce dicton avant d'accepter le TAFTA les yeux fermés.

Cordialement,

Marianne ARNAUD a dit…

Il me semble que Max Semory, Amonrusq et Daphna Poznanski ne sont pas très loin de penser comme Jacques Sapir qui dit : "Il est fondamental de considérer que ce traité est un acte politique. C'est donc politiquement qu'il doit être refusé. Ses dimensions techniques complexes nécessitent d'être traitées les unes après les autres et non au sein d'un paquet. Puisque l'on cherche à nous imposer ce traité de manière globale, nous allons le refuser de manière globale, quitte à ce que, chaque branche, secteur par secteur, nous puissions rouvrir les négociations, à nos conditions."
Je les remercie pour leurs commentaires toujours très encourageants.
Cordialement.