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jeudi 18 février 2016

Le retour de l'or par Dov ZERAH



LE RETOUR DE L’OR ?

Le point économique de Dov ZERAH



         
          Depuis plusieurs semaines le monde global fait face à une crise d’un nouveau type. Mon explication est relativement simple et repose principalement, voire de manière caricaturale, sur cinq explications :
- Pour de nombreuses raisons présentées dans mes précédentes chroniques, la croissance économique chinoise s’est ralentie dans des conditions qui ont entraîné un reflux des cours des matières premières et surtout du pétrole



Cours du pétrole

- La baisse des hydrocarbures s’est accentué avec la stratégie saoudienne de maintenir jusqu’à une date récente l’offre pour handicaper l’Iran, la Russie, ainsi que les producteurs américains. La perspective d’une diminution de l’offre de 5 % n’a eu d’effet qu’un jour sur les marchés
- Dans ces conditions, la crise s’est propagée à tous les émergents, à l’exception notable de l’Inde, ainsi qu’à tous les producteurs d’hydrocarbures
- Arrivent à tirer leur épingle du jeu : les Etats-Unis ; la grande majorité des pays d’Afrique sub-saharienne, sauf des poids lourds comme l’Afrique du Sud et le Nigéria ; et l’Europe convalescente
- Pour endiguer ce retournement, les banques centrales chinoise, européenne, et japonaise se sont mises à faire du Quantiative easing, à l’instar de ce qu’avait fait la FED américaine au cours des sept dernières et à un moment où elle amorce son atterrissage.
Banque centrale Chine

            Plus que les autres causes qui sont avancées par certains, plusieurs faits interpellent :
- Malgré les nombreuses dévaluations opérées par les autorités chinoises depuis l’été, la machine chinoise ne repart pas. Les sorties de capitaux s’accélèrent. Beaucoup, et notamment les sidérurgistes européens, se plaignent du dumping monétaire, et parlent d’une guerre des changes
- Les liquidités mises dans le circuit économique par les banques centrales ne semblent pas relancer l’activité économique, au point que certains évoquent «la trappe à la liquidité» mise en évidence par JM. Keynes, et envisagent l’interdiction du cash, des monnaies divisionnaires, billets et pièces de monnaie, et que le processus commencerait avec le retrait des billets de 500€


- De même, la théorie monétariste ne semble plus fonctionner puisque cet excès de liquidités n’enclenche pas de processus inflationniste
- Il étonnant de voir de nombreux responsables souhaiter un retour de l’inflation. Certes elle permettrait un allégement des dettes, surtout des dettes souveraines, mais on néglige un peu trop facilement les effets négatifs sur les créanciers, les personnes âgées, les plus démunis
- De même, comment comprendre les responsables européens qui se plaignent de la baisse des prix du pétrole alors qu’elle permet une amélioration de la balance commerciale de tous les pays européens et du pouvoir d’achat des citoyens du vieux continent
- Avec les énormes volumes de créances achetées par les banques centrales, certains commencent à s’interroger sur leur solidité, et n’hésitent pas à examiner des schémas sans les grandes monnaies
- Que dire alors des banques fragilisées par les difficultés des entreprises du secteur des hydrocarbures, les effets collatéraux des problèmes des pays pétroliers, et surtout les taux d’intérêt négatifs qui fragilisent l’activité bancaire…et même des banques comme la Deutsche Bank dont l’action a perdu un tiers de sa valeur depuis le début de l’année !

            Toutes ces interrogations accentuent la volatilité des marchés soumis d’autant plus aux robots que les volumes de transaction sont faibles. L’inquiétude face à une situation insaisissable explique le retour de l’or.
            En 2015, les achats d’or par les Français ont augmenté de 60 % par rapport à 2014, mais cela ne représente que 1,6 tonne, soit 0,7% seulement de la demande européenne, contre 114 tonnes pour les Allemands, 50,4 tonnes pour la Suisse ou 9,4 tonnes pour le Royaume Uni. La demande française ne représente qu’un millième de la demande mondiale tirée par les Chinois et les Indiens. Mais les achats ne sont pas le seul fait des particuliers. Les banques centrales se sont remises à acheter de l’or, pour près de 600 tonnes en 2015 selon le conseil mondial de l’or.
            Depuis le début de l’année, alors que les marchés boursiers s’effondraient, l’or augmentait de plus de 10 % en dépassant les 1.200 $ l’once. Nous sommes certes loin du précédent record de 1.900 de septembre 2011. Mais, après avoir cassé la barre des 1.200, HSBC le voit à 1.500 $, et UBS à 3.300 $ !
            Pour mesurer les déséquilibres actuels de certains, retenons deux exemples d’une étude récente de la Deutsche Bank :
-  Le prix réel moyen du pétrole depuis 1861 est de 47 $ le baril
- Le prix de l’or est 44 fois supérieur à celui du pétrole, ce qui constitue un record depuis 1865, le précèdent record de 41 fois remontant à 1892, la moyenne se situant sur le long terme à 15,5

            Même si l’or peut aider les banques centrales à consolider leurs bilans, il peut aussi fragiliser les principales devises et constituer la seule valeur refuge dans un monde global déroutant et en quête de nouvelles règles.

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