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vendredi 26 février 2016

Feu sur Hollande et Valls par Gérard AKOUN



FEU SUR HOLLANDE ET VALLS

Par Gérard AKOUN

            

          Le journal le Monde a publié dans son édition datée du 25 février 2016, une tribune qui est un véritable réquisitoire contre la politique menée par François Hollande et Manuel Valls. Elle est signée de Martine Aubry, d’un certain nombre de ses proches au sein du parti socialiste, d’écologistes, dont Dany Cohn-Bendit, et d’intellectuels signataires de la pétition pour des primaires à gauche. Autant dire, tout de suite,  qu’aucun d’entre eux n’est un ami de François Hollande et encore moins de Manuel Valls.


            

En lisant le texte de cette tribune,  on ne peut s’empêcher de penser, qu’au-delà d’un conflit idéologique réel, se manifeste aussi un conflit de personnes. En apparaissant à la tête de cette tribune, qui devrait se transformer en pétition, Martine Aubry bien qu’elle s’en défende prend enfin la revanche sur son échec aux primaires de 2012. Elle avait dû ronger son frein, elle se sent libre maintenant avec des cosignataires de dire tout le mal de la politique menée ces deux dernières années par le binôme Hollande/Valls qui conduit, selon elle, la gauche dans une impasse.
            Elle dénonce la politique de l’emploi et le pacte de responsabilité avec le Medef, l’attitude vis-à-vis des migrants, la déchéance de la nationalité et, cerise sur le gâteau, la réforme du code du travail. Ne trouve grâce à ses yeux que le succès de la COP21, la priorité donnée à la lutte contre les inégalités à l’école et les avancées de la loi santé. Il n’est pas fait mention dans cette tribune de la politique internationale qui fait partie du domaine réservé du Président de la République et dans lequel, de l’avis général il a excellé.
            Le réquisitoire est accablant pour le pouvoir : le Pacte de responsabilité, 41 milliards pour les entreprises, n’a pas produit les résultats escomptés en matière d’emploi ; on n’a pas vu éclore le million d’emplois promis par le patron du Medef, les grandes et moyennes entreprises ayant préféré renflouer leur trésorerie et retrouver leur compétitivité. L’accueil des migrants en Europe et les critiques de la France, selon Martine Aubry : «Angela Merkel n’est pas naïve, Monsieur le premier ministre, elle n’a pas commis une erreur historique, elle n’a pas mis en danger l’Europe, elle l’a sauvée. La déchéance de nationalité : ce débat est désolant, il ne doit pas y avoir de déchéance de nationalité. La réforme du code du travail : pas ça, pas nous, pas la gauche».


            Martine Aubry a déclaré «Trop c’est trop. Ce n’est plus seulement l’échec du quinquennat qui se profile, mais un affaiblissement durable de la France qui se prépare, et bien évidemment de la gauche, s’il n’est pas mis un coup d’arrêt à la chute dans laquelle nous sommes entraînés». Elle et ses cosignataires considèrent que François Hollande ne sera plus Président de la République à l’issue des élections de 2017, soit parce qu’il n’aura pas été réélu, soit parce qu’il ne se sera pas représenté, faute d’avoir pu inverser la courbe du chômage comme il s’y est engagé. Il ne vous aura pas échappé que les auteurs du texte s’inquiètent, en priorité, de l’affaiblissement durable de la France avant de penser à celui de la gauche en cas d’échec du quinquennat actuel. 
            En prenant le contre-pied de la politique sociale réformiste du gouvernement, en se positionnant sur les valeurs de la gauche traditionnelle, saupoudrées d’un zeste d’écologie, en voulant une France forte, les auteurs de la tribune pensent pouvoir préserver leur gauche. Si François Hollande ne se représentait pas, la voie serait alors ouverte pour une candidature de Martine Aubry qui a toutes les chances de l’emporter dans des primaires et d’être battue dès le premier tour de l’élection présidentielle. Mais l’honneur serait sauf ! Dans le cas où François Hollande se représenterait et serait battu, ce serait la débâcle à gauche ; mais ceux qui se seraient démarqués à temps  pourraient en  récupérer les débris pour la reconstruire.


            Sauf que si la gauche perd l’élection présidentielle, la droite, talonnée par le Front national, appliquera, intégralement, son programme. Ce ne sera plus du social réformisme, appliqué après des compromis difficiles mais l’effondrement des droits que Martine Aubry et ses cosignataires  veulent défendre.   

4 commentaires:

Avraham NATAF a dit…

Le monde est bouleversé, il n'y a plus de droits, de frontières, de sécurité. Ce n'est qu'à 40 ans que les travailleurs ne cherchent que du travail et un salaire et au dessous de cet age c'est la haine meurtrière fanatisée. Il me faut pas rêver.

Michel LEVY a dit…

possible, mais nous manquons de clarté dans les politiques, plus personne n'est capable de distinguer un discours politique de droite ou de gauche, Valls pourrait faire la même politique chez les Républicains, il est applaudit par le MEDEF.

Véronique ALLOUCHE a dit…

Celle qui a appliqué les 35 heures dont la France ne se relève pas, celle dont la région Nord-Pas de Calais a été perdue par la gauche, un de leur bastion historique, ose lancer une pétition pour critiquer le gouvernement! La droite ne pourrait faire mieux pour affaiblir un peu plus Hollande et Valls. L'enterrement de première classe de la gauche est en vue grâce à Martine Aubry.
Merci Madame, en tuant la gauche dont vous faites partie, vous rendez service à la droite.
Cordialement
Véronique Allouche

Marianne ARNAUD a dit…

Peut-être n'est-ce pas encore assez clair pour certains, mais François Hollande sera surtout le président qui aura vu la société française basculer de la passivité à la révolte, et cela dans toutes les catégories sociales, qu'elles se disent de droite ou de gauche.