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dimanche 31 janvier 2016

Touche-pas à ma Constitution par Marianne ARNAUD



TOUCHE-PAS À MA CONSTITUTION

Par Marianne ARNAUD

           


          Voilà des semaines que la révision constitutionnelle occupe l'espace public. Alors que les Français demandent des mesures fortes pour lutter efficacement contre le terrorisme islamiste auquel ils sont exposés, on leur propose une révision constitutionnelle dont pas un juriste, pas un constitutionnaliste ne peut leur affirmer qu'elle pourrait être efficace. En revanche tous s'accordent à dire que ce serait une modification inutile, au mieux, qu'elle serait symbolique.



            En effet, la déchéance de la nationalité ainsi d'ailleurs que l'état d'urgence sont prévus dans la loi et ne nécessitent donc nullement cette révision de la Constitution, que d'aucuns voient comme dangereuse, puisqu'elle instituerait deux catégories de Français, ceux ne possédant qu'une seule nationalité et ceux en détenant plusieurs. Alors qu'à ce stade, plus personne ne s'y retrouve et ne sait plus que penser, voilà qu'on nous explique que le gouvernement, qui vient de perdre sa dernière caution de gauche - la Garde des Sceaux, Christiane Taubira, qui devait défendre ce texte – le gouvernement, qui de plus n'a plus de majorité pour faire passer ses textes, va pouvoir compter sur les élus de l'opposition de droite, devenant ainsi des supplétifs de la gauche, pour voter cette réforme.
            Et pendant que toute la classe politico-médiatique, s'adonne une fois de plus, à son activité favorite, l'enfumage des Français, les Français eux, voient que les taxis bloquent périphériques et aéroports depuis trois jours, malgré l'état d'urgence. Partout il n'est question que de manifestations, ici les enseignants, là les agriculteurs et éleveurs. Tous se plaignent d'être abandonnés par ceux qui avaient été élus pour régler leurs problèmes. Mais ce qui est, et de loin, le plus grave, c'est de voir notre cohésion nationale sombrer sous nos yeux à Calais où les habitants ont été abandonnés tandis que les gangs albanais de passeurs et les anarchistes «No Borders» ont mis les milliers de migrants en coupe réglée, au su et au vu des CRS complétement débordés, dans la «jungle» qui échappe à tout contrôle de l'État.
Jungle de Calais

            Or tout ce qui nous arrive aujourd'hui, n'était-il pas déjà en germe en 2008, lorsque Nicolas Sarkozy prétendait inscrire la «diversité» dans le Préambule de notre Constitution ? À cette époque, Malika Sorel-Sutter, auditionnée par le Comité présidé par Simone Veil, n'avait-elle pas prophétisé : «renvoyer, par le biais de la «diversité», les individus vers leurs groupes d'origine entraînerait également la prééminence de rapports relationnels entre groupes ethno-raciaux et non plus entre citoyens» ?
            La réforme fut rejetée, cette année-là ! Ce qui n'empêcha nullement le ministre d'ouverture, Éric Besson, de déclarer le 5 janvier 2010 lors de l'ouverture du débat sur l'Identité nationale, voulu par Nicolas Sarkozy : «La France n'est ni un peuple, ni une langue, ni un territoire, ni une religion, c'est un conglomérat de peuples qui veulent vivre ensemble. Il n'y a pas de Français de souche, il n'y a que des Français de métissage». Madame Taubira n'aurait pu dire mieux !
Malika Sorel-Sutter


            Sur le papier, la République est toujours, et encore aujourd'hui, «indivisible», mais dans les faits, la République réelle ne l'est déjà plus. Comme l'écrit Malika Sorel-Sutter dans son ouvrage «Décomposition française» : «et ce par la faute même des élites politiques qui ont accompli l'exploit de défaire en seulement trente ans, ce que les rois de France et les républiques ont mis mille ans à bâtir».

3 commentaires:

Véronique ALLOUCHE a dit…

Le nouvel académicien Alain Finkielkraut a dans son discours prononcé cette phrase bien plus sensée que tout ce qu'on a pu entendre depuis des années sur l'identité nationale:
"J’ai découvert que j’aimais la France le jour où j’ai pris conscience qu’elle aussi était mortelle", Cela me vaut d’être traité de passéiste, de réactionnaire, voire pire".
Sur son épée d'académicien, le philosophe a demandé que soit gravée: une vache normande, un Aleph, première lettre de l'alphabet hébraïque, et cette phrase de Charles Péguy qui résume son engagement: "La République Une et indivisible, notre royaume de France".
Lors de la présidence de Nicolas Sarkozy, ce dernier aurait dû prendre conseil auprès de ce philosophe. Il aurait alors interdit à son ministre Éric Besson de proférer de pareilles âneries qui allaient à l'encontre de l'unité nationale.
En croyant unir la France, il l'a divisée.
Pendant longtemps on a confondu patriotisme et nationalisme. Et de ce fait on a offert au front national l'exclusivité du drapeau français, le confisquant ainsi aux citoyens.
Merci Marianne pour cet article réaliste.
Très cordialement
Veronique Allouche

Marianne ARNAUD a dit…

@ Véronique Allouche

Je dois dire que lorsque j'ai transcrit cette phrase de Besson, tout-à-coup j'ai pensé à ces "Français de souche" qui font partie de ma vie - celui qui m'a épousée, le père de mes enfants, et ceux qui sont mes amis depuis des décennies - et j'ai eu un grand sentiment de honte. Et c'est exactement le même sentiment que j'ai éprouvé, la semaine dernière quand monsieur Pujadas de France 2, a permis dans son émission "Des paroles et des actes", à une jeune enseignante musulmane, faussement présentée comme non-engagée politiquement, d'ordonner devant la France entière, à une heure de grande écoute : "Taisez-vous, Alain Finkielkraut !"

Je vous remercie pour votre commentaire.
Très cordialement.

Véronique ALLOUCHE a dit…

Comme vous j'ai eu honte pour le manque de respect de cette femme soi-disant non politisée.
D'autre part ,croyant défendre les femmes maltraitées appartenant à sa communauté pour lesquelles Finkielkraut venait de prendre fait et cause, elle répond vertement qu'elle ne souffrait pas en temps que femme, laissant à entendre que les musulmanes ne souffrent que par l'œil malveillant des français.
Il est triste de constater que Pujadas se soit tu et ne lui ait pas demander d'excuses pour son insolence.
Plutôt que de parler d'islamophobie, elle aurait dû être reconnaissante au peuple français de garder une si grande retenue face au danger qui le menace de l'intérieur.
Bien cordialement
Veronique Allouche