ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE DEPUIS JUIN 2010 - LE BEST DU BEST OFF - CLIQUER UNE IMAGE POUR LIRE OU ARRÊTER LE DEROULEMENT


ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE - Cliquer l'image pour lire ou arrêter le déroulement

 

mercredi 27 janvier 2016

No limit par Dov Zerah



NO LIMIT

Le point économique de Dov ZERAH

            

          Jusqu’à jeudi dernier, le monde financier broyait du noir. Les nuages s’accumulaient sur le monde globalisé, la situation semblait insaisissable…et les Bourses, en proie à une forte volatilité, reculaient jour après jour au point d’être confrontées à un krach rampant !



Cours du pétrole

            Le pétrole orienté à la baisse, inquiète les opérateurs. Certes, cette baisse résulte de la stratégie des pays producteurs, et surtout de l’Arabie saoudite, de maintenir leur offre, et de laisser le déséquilibre perdurer sur le marché. Le retour de l’Iran sur le marché après la levée des sanctions, ne va pas améliorer la situation. Mais, cette baisse constitue également un indicateur, peut-être le plus pertinent, de la faiblesse de la demande et de l’atonie de la croissance mondiale. Par ailleurs, cette baisse va accentuer les difficultés des pays producteurs et le ralentissement économique.

            La situation chinoise et celle des émergents suscite de nombreuses inquiétudes.
            De nombreux éléments chinois interpellent :
- La croissance officielle est plus faible que prévue. Elle serait de moins de 7 %. Au-delà du niveau, c’est la suspicion qui prévaut sur les statistiques chinoises
- La multiplication des dévaluations du Yuan, loin d’inverser la situation, donne le sentiment d’une incapacité à la maîtriser. Même si les autorités ne veulent pas déclencher une guerre des monnaies, l’engrenage est amorcé…
- Pour soutenir les cours des actions, les entreprises et les banques chinoises en ont acheté, beaucoup acheté…Elles portent ainsi dans leurs bilans des valeurs dépréciées. C’est probablement l’élément le plus inquiétant car cela va handicaper leur activité et ralentir le redécollage
- …au point que certains appréhendent un atterrissage brutal
            La situation dans les émergents, à l’exception de l’économie indienne, n’est pas plus favorable. Leurs devises ne cessent de baisser. L’indice MSCI a baissé de près de 10 % au cours des huit derniers mois. La baisse touche le rand sud-africain, le réal brésilien, le rouble russe, le peso mexicain, le peso philippin, la livre turque…
FED

            Les monnaies des émergents vont rester sous pression avec les sorties de capitaux qui s’accélèrent avec le retournement monétaire américain. Cela conduit certains à critiquer la récente décision de la FED. Or cette inflexion était incontournable, pour au moins deux raisons :
- Elle était annoncée depuis plus de huit mois, les marchés l’avait intégré…Elle ne pouvait être retardée, reportée une nouvelle fois.
- Au-delà des circonstances, la politique accommodante ne pouvait se prolonger indéfiniment. La FED ne pouvait continuer à mettre des liquidités dans le circuit économique et à maintenir des taux faibles. Avec cette politique conduite sur sept ans, l’économie américaine a retrouvé la croissance et le plein emploi…Il fallait y mettre un terme, même si des menaces planent sur l’économie avec la revalorisation du dollar, la hausse des salaires, les difficultés du secteur pétrolier occasionnées par la baisse des cours…Il fallait impérativement y mettre un terme. Les excès de liquidités avec des taux bas conduisent les marchés à prendre des risques inconsidérés qui ont toujours conduit à des catastrophes…
Mario Draghi

            C’est dans ce contexte que le Président de la Banque centrale européenne, M. Mario Draghi a prononcé des paroles fortes jeudi dernier : «il n’y a pas lieu de capituler» face à la récession, ou «…nous pouvons agir sans limites…». C’est la première fois qu’un banquier central prononce de telles paroles, et cela suscite de nombreuses questions.
            Que faudra-t-il déclarer la prochaine fois pour faire bouger les agents économiques ? Cela a entraîné une remontée des cours boursiers. Etait-ce le but recherché ? Autre question ; cela va-t-il pour autant modifier le contexte chinois, celui des pays émergents, relancer la croissance mondiale… ? On peut l’espérer.
BCE

            Le succès exige une forte coordination des banques centrales. Il semble qu’elle existe entre la BCE et la banque centrale japonaise. Mais qu’en est-il de la banque centrale chinoise ? Va-t-elle agir à nouveau avant le comité central du parti communiste de mars ? C’est aussi en mars que sont attendues les mesures de la BCE, et déjà les opérateurs annoncent tous les cas de figure : prolonger la politique d’achats d’actifs publics, en acheter plus, acheter d’autres actifs, baisser les taux...Est-il possible qu’il n’y ait pas de limite ? Est-il possible d’éviter les catastrophes annoncées par une telle politique permissive ? Est-il possible que la politique monétaire soit l’alpha et l’oméga de toute politique économique ?
            Certains, et notamment en Allemagne se demandent si la BCE n’est pas allée trop loin. Les années à venir vont permettre de la savoir. Ce pourrait être un enseignement majeur de la conduite de la politique monétaire, comme l’est la critique de la non intervention de la FED en 1929 qui a alimenté et accentué la crise…Ne sommes-nous pas en train de passer d’un extrême à l’autre ?



2 commentaires:

Marianne ARNAUD a dit…

Voilà un "point économique" où dominent les points d'interrogation et les points de suspension... C'est pour le moins inquiétant... J'ai donc été amenée à chercher "la" phrase positive sur laquelle le lecteur raisonnable, non expert, pouvait se fonder pour faire avancer sa réflexion sur le sujet qui nous est offert aujourd'hui. Je l'ai trouvée : "Les excès de liquidités avec des taux bas conduisent les marchés à prendre des risques inconsidérés qui ont toujours conduit à des catastrophes..." Les points de suspension pouvant indiquer ici, qu'il n'est pas exclu qu'ON ait décidé, malgré tout, de nous conduire à la catastrophe. D'où peut-être la dernière question de cet article - j'en ai compté neuf - : "Ne sommes-nous pas en train de passer d'un extrême dans l'autre ?" Et cette fois il semblerait bien que la réponse se trouve dans la question.

jean Smia a dit…

Excès de liquidité associés aux carences irréversibles d'activité humaine ont mené certains penseurs à envisager une sorte de revenu universel.
La robotisation fait que l'activité humaine n'est plus indispensable à la création de biens.
L’accès à la consommation de ces biens ne peut plus se faire par le payement d'heures de travail d'humains.
Il faut donc trouver, au plus vite, un autre système que l'échange de travail contre de l'argent.