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dimanche 24 janvier 2016

Les Etats-Unis risquent une nouvelle bulle



LES ÉTATS-UNIS RISQUENT UNE NOUVELLE BULLE

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps

            

          Selon un analyste financier américain, l'effondrement des cours du pétrole ne peut qu'être amplifié par l'arrivée du brut iranien. La chute a commencé bien avant l'Iran.  Certains disent que c'est plutôt l'Arabie Saoudite qui veut mettre les producteurs américains sur la paille avec le risque d’effondrer des pans entiers de l’économie américaine. Les États-Unis sont devenus les premiers producteurs mondiaux de pétrole, devant l’Arabie et la Russie, grâce à la révolution apportée par le pétrole de schiste. L’utilisation combinée des technologies de la fracturation hydraulique et du forage horizontal permet d’extraire le gaz et le pétrole emprisonnés dans la roche. 



          Les États-Unis sont ainsi devenus totalement indépendants du pétrole du Moyen-Orient. Cela explique en partie la chute du prix du baril qui est passé en un an de 105$ le baril à moins de 30$. Malgré cela l’OPEP, dominée par l’Arabie saoudite, refuse de réduire sa production, imposant de fait une baisse de la production américaine qui a déjà commencé depuis le mois de mai 2015. 
            Le nombre d’appareils de forage (rigs) en service a considérablement baissé ces derniers mois. La baisse a été particulièrement forte dans les deux plus grandes régions productrices d’huiles de schiste, le Texas et le Dakota du Nord. Les conséquences sont dramatiques pour les compagnies américaines qui ont fait des investissements qui ne sont plus rentables sur la base d’un baril à moins de 70$. Les petites banques qui ont financé leurs projets sont donc en danger car les investisseurs risquent de mettre les clefs sous la porte quand ils ne peuvent amortir les coûts de production.
Transport d'huile de schiste au Dakota

            Par ailleurs les licences d’exploitation sont délivrées pour un temps limité et les pétroliers doivent mettre les gisements en production, même à perte, s’ils ne veulent pas perdre leurs droits. Mais produire en dessous des coûts de revient mène au désastre. De nouveaux fonds d’investissements profitent alors de l’occasion en rachetant les entreprises en difficulté avant que les banques ne mettent la main dessus pour récupérer une partie des fonds prêtés. 
          De nombreux producteurs ont à présent du mal à honorer leurs échéances et ils deviennent la proie des fonds spéciaux créés à cet effet, comme le fond Energy Investment Opportunities appartenant à la banque Goldman Sachs qui rachète à bas prix les sociétés en difficultés. Il faut donc s’attendre à de nombreuses faillites de banques qui ont misé sur la ruée du schiste en prêtant au delà de leur potentiel. Les lois économiques libérales sont sans pitié ; dès qu’il y a des proies, il y a des prédateurs sans scrupules guidés par le seul profit.
            Le cycle de la crise s’enclenche alors, faillites, licenciements, baisse d’activité économique, baisse des prix immobiliers, effondrement des cours des fonds d’investissements, baisse de la bourse. Les drames s’enchaînent avec leurs lots de malheur. La crise semble aux portes des États-Unis qui ne pourront pas empêcher la baisse de la bourse des producteurs de pétrole de schiste, entraînant dans leur chute les actions de l’OPEP dont les pays membres sont incapables de s’entendre sur un plafond de production du brut. Chaque pays a la liberté de fixer sa propre production en fonction de ses propres intérêts. Les producteurs de pétrole de schiste ont des difficultés à planifier leur avenir incertain qui se traduit par une baisse des cours de bourse de 5 à 6,7%.

            L’immobilier sera le premier secteur qui aura à souffrir de cette dégradation économique. Il est vrai que les prix américains ont augmenté de façon rapide et sans raison solide. Le pays est exposé à «une bulle financière» qui s'élève et qui éclate. La spéculation haussière avait poussé les investisseurs à prendre des risques individuels de crédit qu’ils espéraient couvrir par la possibilité de revendre leur bien à la hausse. Mais les défaillances individuelles sont probables et les acteurs du crédit, les petites banques en particulier se trouvent à la merci collective d'un retournement de tendance.
            L’Iran, avec la mise à disposition de ses réserves de pétrole, pourrait être à l’origine du petit grain de sable qui bloque le système économique américain. 

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