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lundi 4 janvier 2016

L'ambiguïté de l'attitude iranienne



L’AMBIGUÏTÉ DE L’ATTITUDE IRANIENNE
Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps
            
Le président Rohani

          Tous ceux qui étaient opposés à l’accord américano-iranien, ayant pour objectif de freiner le programme nucléaire de l'Iran, sont à présent convaincus de la justesse de leurs doutes. Les rusés Iraniens ont obtenu le meilleur d'un président naïf qui a choisi de transiger avec un État voyou plutôt que de l’affronter. Les opposants, qui estimaient que l’accord ne valait même pas le papier sur lequel il était écrit, étaient persuadés que les Iraniens n’hésiteraient pas à tricher pour fabriquer la bombe dès que les Occidentaux auraient le dos tourné.


Marco Rubio

            Marco Rubio, jeune sénateur de Floride, avait osé la comparaison : «Je pense que cela est une répétition de l'erreur de la Corée du Nord». L’Iran et la Corée du nord sont des pays de même mentalité politique puisqu’ils bafouent les normes internationales en matière de droits de l'homme et de terrorisme. Il est vrai que la comparaison est limite puisque l'accord avec l’Iran établit des protocoles de vérification et des mécanismes précis pour traiter des violations potentielles. Mais le fait est là; l'Iran écorne les termes du contrat signé.

Test de missile balistique

Fusée iranienne Emad

            Après les mois écoulés depuis la signature de l’accord du 14 juillet 2015, les États-Unis se rendent à l’évidence qu’il faut imposer de nouvelles sanctions en raison des provocations de l’Iran, consécutives au test d’un missile balistique. À nouveau le cycle sanctions-représailles s’installe puisqu’à la suite de ces nouvelles mesures, l’Iran a décidé d’élargir son programme de missiles capables de transporter des ogives. Le président Rouhani s’est justifié : «Comme le gouvernement américain poursuit toujours ses politiques hostiles et ses interventions illicites, les forces armées ont besoin d'augmenter rapidement et de manière significative leur capacité de missiles». 

            Les Républicains du Congrès ont sévèrement attaqué l'Iran après avoir été informés que des missiles ont été lancés dans le détroit d'Ormuz à proximité de navires de guerre américains et français. Une fusée iranienne Emad a été  lancée le 11 Octobre 2015 depuis un lieu non déterminé. Une équipe d'observateurs de l'ONU a déclaré que cette fusée balistique Emad était capable de transporter une ogive nucléaire, ce qui constitue une violation de la résolution 1929 du Conseil de sécurité des Nations-Unies. Les missiles balistiques, qui ont une partie de la trajectoire balistique c'est-à-dire influencée uniquement par la gravité, suivent une haute trajectoire cambrant avant de tomber sous la gravité de leur cible. En revanche les missiles conventionnels volent à basse altitude de croisière.
Navire de guerre américain dans le Golfe d'Oman

            En fait la controverse s’est établie sur les types de missiles que l’Iran est en droit de développer et sur leurs capacités ou non à transporter des ogives nucléaires. Le ministère iranien de la Défense, avec le soutien des forces armées, est chargé «de la mise en place de nouveaux programmes par tous les moyens disponibles pour accroître la capacité de missiles du pays». Les responsables américains ont donc décidé de mettre à jour la liste noire des entités iraniennes soupçonnées d'implication dans le développement de missiles.

Braver les décisions internationales

Scène de vie misérable en Iran

            Les observateurs politiques se demandent ce qui pousse l’Iran à braver les décisions internationales. Il semble qu’il s’agisse de motivations internes. Hassan Rohani a été élu en 2013 avec la détermination d’obtenir la levée des sanctions internationales mais aussi et surtout de consolider l’économie. Il semble qu’il ait échoué à améliorer les conditions de vie de son peuple ce qui donne du grain à moudre à tous ses opposants. Pourtant le gouvernement peut se targuer d’avoir réussi à réduire l’inflation de 40% en 2013 à 14% en 2015 mais avec des conséquences sur le chômage qui s’élève à 12%.  Il faut s’attendre à une aggravation de la situation avec la baisse continue des cours du pétrole. 
Ali Tayebnia

            Les propres alliés de Rouhani n’ont plus le moral face aux promesses économiques non tenues. Ainsi le 4 Octobre, quatre ministres, dont le ministre de l'Économie Ali Tayebnia et le ministre de la Défense Hossein Dehghan, ont écrit à Rohani pour le prévenir que «les décisions et les politiques non coordonnées de l'exécutif ont placé l'économie vers un risque d'une grave récession». Mohsen Rezaei, secrétaire du Conseil de discernement, chargé de conseiller le guide suprême l'ayatollah Ali Khamenei, estime que «la plate-forme de Rouhani ne parvient pas à résoudre les problèmes structurels dans l’économie iranienne, à savoir la mauvaise gestion économique et la corruption». Il confirme que le gouvernement «n'a pas été en mesure d'appliquer les lois nécessaires et les bases pour les réformes économiques, et suggère que les forces paramilitaires Basij pourraient aider à mettre en œuvre des réformes économiques en apportant de l'honnêteté et du dévouement à l'économie».
Les Conservateurs avec le petit-fils Khomeiny

            En fait, faire appel à la force paramilitaire iranienne fondée par l'ayatollah Khomeiny consiste à demander à revenir aux fondamentaux. Rouhani a d’ailleurs été mis à l’écart du Conseil de discernement chargé de rédiger le sixième plan quinquennal de développement de l'Iran. Cette marginalisation en dit long sur l’impopularité du pouvoir exécutif. Se dessine déjà une coalition entre les pragmatiques conservateurs, mécontents de la politique économique de Rouhani, et la Garde révolutionnaire islamique, à la ligne plus dure, inquiète de voir l’accord nucléaire grignoter son emprise lucrative sur les principaux secteurs de l'économie.
            Ces échecs économiques ont fait perdre à Rohani les derniers soutiens populaires qui l’ont mené à la présidence. Ils rendent difficile sa position vis-à-vis des conservateurs qui n’attendent que l’occasion pour le destituer. Il ne lui restait plus donc qu’à jouer de la fibre nationaliste pour tenter de resserrer ses liens avec le peuple iranien avec le risque de susciter une colère de l’Arabie saoudite ou une action préventive israélienne. Le lancement de son missile balistique pourrait être le symbole de trop.   

1 commentaire:

דוב קרבי a dit…

" l'accord avec l’Iran établit des protocoles de vérification " ???
En aucune façon. L'AIEA n'a même plus les moyens de vérifications que l'administration Obama s'était engagée à exiger, et sur lesquelles il a une fois encore cédé.