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jeudi 21 janvier 2016

La France, ton café fout le camp par Marianne ARNAUD



LA FRANCE, TON CAFÉ FOUT LE CAMP ! (*)

Par Marianne ARNAUD

            

      Personne, en France, n'ignore plus que la politique d'assimilation telle que la préconise la République française qui ne reconnaît que des citoyens français, ainsi qu'elle a été pratiquée pendant des siècles, a été abandonnée. Il est vrai qu'à l'origine, il s'agissait d'assimiler des populations proches par la race et par la religion des populations autochtones françaises. Et sans nier les difficultés rencontrées par ces immigrés italiens ou polonais du début du XXème siècle, force est de constater qu'après une ou deux générations, l'assimilation au peuple français était totale.




L'école de la République

            Cette assimilation qui ne pouvait venir que de la volonté de l'étranger à s'assimiler à la Nation française, répondait parfaitement à l'article I de la Constitution : La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyancesAinsi se côtoyaient sur le sol Français : les Français autochtones, les étrangers naturalisés français qui avaient demandé et obtenu la nationalité française et les étrangers, appartenant à une autre nationalité.
            C'est après la guerre d'Algérie que tout va changer. Les intellectuels de gauche, ceux qui avaient soutenu le FLN et les «porteurs de valises», exigèrent pour les immigrés musulmans d'Afrique du Nord, de plus en plus nombreux, un «droit à la différence» qui amena à la notion «d'intégration», remplaçant l'assimilation honnie. Si l'immigré était encouragé à revendiquer des droits, il n'était plus question de ses devoirs. Il était autorisé à installer au cœur de la République française – une et indivisible - des communautés multiples et variées, qui chacune vivrait selon ses propres règles. La droite, par ignorance ou manque de courage politique, n'y trouva rien à redire. 
          Mais même réussir une intégration demande qu'il y ait le désir de s'intégrer. Or comment demander à un étranger de s'intégrer à la société française, qu'on lui présentait comme injuste, raciste, inégalitaire et pour tout dire, historiquement coupable de tous les maux dont il souffrait ? Les premières victimes de cette politique, seront ces jeunes maghrébins de deuxième génération, nés en France, donc français, chez qui on attisera la haine, que ce soit face à l'échec scolaire, au chômage ou à la précarité. Certains deviendront bientôt les proies préférées de la délinquance, puis des djihadistes. Ils iront ainsi des trafics de toute sorte, jusqu'à l'armée de l'EI, en passant souvent par la case prison, non sans avoir mis le feu aux banlieues dans des révoltes spectaculaires, en 2005.
Michèle Tribalat

            Si le politiquement correct continuait à se satisfaire de cette  politique de l'excuse qui faisait de l'immigré, quoi qu'il fasse, une victime de la société, bien des intellectuels avaient alerté les pouvoirs publics des effets pervers de la déresponsabilisation de ces populations qui ne vivaient pas comme des citoyens français. C'est ainsi que dès les années 1990, la démographe Michèle Tribalat qui menait des recherches sur l'immigration en France, publia en 2010 «Les Yeux grands fermés : L'immigration en France», un ouvrage où elle reprochait aux politiques et aux media une approche idéologique et non basée sur des faits, des questions relatives à l'immigration, inspirée par une «idéologie progressiste transnationale» portant atteinte à la souveraineté nationale au profit de l'Union européenne, et de plus, d'avoir rusé avec les chiffres, pour relativiser l'immigration étrangère, aux yeux de l'opinion publique.
Mohamed Merah

            En 2011, l'armée française, sous mandat de l'ONU, intervient en Côte d'Ivoire et en Libye au nom du droit d'ingérence. En mars 2012, en pleine campagne des présidentielles, ce sont les assassinats de Mohammed Merah - qu'on a commencé à présenter comme un «loup solitaire» - qui firent sept morts, dont un adulte et trois enfants juifs de l'école Ozar Hatorah de Toulouse, et trois soldats. Mohammed Merah qui se revendique du djihad, inaugure l'entrée des attaques terroristes islamistes en France.
            Le 12 mai 2012, François Hollande est élu à la présidence de la République française. Le 11 janvier 2013 François Hollande engage l'opération «Serval» au Mali, contre les troupes djihadistes qui foncent sur Bamako. En février, il est accueilli en sauveur de la capitale malienne. Il affirmera que c'est le jour le plus important de sa vie politique. Le 5 décembre 2013 c'est l'opération «Sangaris» en Centrafrique où sévissent, massacres de masse, enlèvements et viols. Le peuple français qui estime qu'on ne s'occupe pas assez de ses problèmes économiques, sociaux et identitaires, renâcle.

            La même année 2013, paraît le livre d'Alain Finkielkraut, «L'identité malheureuse». Le journal Le Monde l'accuse de «jouer avec le feu» parce qu'il y défend son identité française acquise sur les bancs de l'école républicaine. Et de fait, cet ouvrage a bien failli lui coûter son élection à l'Académie française !
            En septembre 2014, paraît «La France périphérique» du géographe Christophe Guilluy qui constate l'exode des classes populaires dites des «Français de souche» vers les zones rurales, séparées des banlieues d'émigration récente, d'une part, et des grandes métropoles mondialisées où vivent les dirigeants et les bobos. Cette France périphérique c'est celle des plans sociaux, de l'abstention et du vote FN, qui s'organise en contre-société, et dont les politiques n'ont toujours pas pris la mesure du gouffre idéologique et culturel qui les sépare d'elle désormais.

            En octobre 2014, «Le Suicide français» d'Eric Zemmour semble enfoncer le clou. Il traite de l'État-nation dont il date le déclin à partir de 1970. Mais rien n'y fait, et en 2015, le gouvernement va d'échecs économiques en échecs électoraux, et glisse doucement vers ce que les Français ressentent comme un déclin de leur pays. Le 7 janvier 2015, quand éclatent les attentats contre Charlie Hebdo, puis le 9, contre l'Hyper Cacher de la porte de Vincennes qui feront 17 morts, c'est la stupéfaction. On découvre les noms des frères Coulibaly, de Mohammed Kouachi, tous connus de la police, tous se réclamant de l'EI ! Le plan Vigipirate est déclenché en Ile-de-France et en Picardie.
            François Hollande prend la tête d'une grande manifestation de masse le 11 janvier, qui déplace des millions de personnes. La France a reçu l'appui d'une cinquantaine de chefs d'Etat et de gouvernement du monde entier, qui tous défilent à Paris en proclamant : «Je suis Charlie». On y célèbre le «vivre ensemble», le «pas d'amalgame». Mais la plupart des journalistes notent que les Français musulmans des banlieues ne sont pas au rendez-vous de «l'Unité nationale».
            Le 20 janvier 2015, Manuel Valls recevant la presse pour ses vœux, affirmera qu'il existe en France «un apartheid territorial, social, ethnique». La belle unanimité du 11 janvier retombera vite, et bientôt, on renouera avec les attentats. C'est Ahmed Ghlam, étudiant, 24 ans, qui tue Aurélie Chatain, qui tentait de résister au vol de sa voiture. C'est Yassin Selhi, chauffeur-livreur qui étrangle et décapite son patron, puis essaie de faire exploser une usine en mettant le feu à une bonbonne de gaz, à Saint-Quentin-Fallavier. C'est Ayoub El Khazzani, qui ouvre le feu avec sa Kalachnikov dans le train Thalys où des voyageurs s'interposent, évitant un carnage. Tous sont connus de la police. Tous sont fichés. Et pourtant rien ne les a arrêtés dans leurs funestes projets.

            Cependant la politique politicienne a repris ses droits. Les sondages de popularité de Hollande, baissent à nouveau. Il impose sa Loi relative au renseignement, copiée sur le Patriot Act américain, que d'aucuns jugent inutile et attentatoire aux libertés, qui sera promulguée le 24 juillet 2015. Le vendredi 13 novembre 2015, éclatent ce qu'on appellera les attentats de Paris, qui une fois de plus, surprendront tout le monde. Pour la première fois en France, on assiste à des attentats-suicides qui feront 130 morts et au moins 350 blessés. Le 15 octobre 2015, Malika Sorel-Sutter sortait un ouvrage intitulé «La décomposition française» sous-titré «Comment en est-on arrivé là ?» où dans sa conclusion, elle cite Victor Hugo : «Tôt ou tard, la Patrie submergée flotte à la surface et reparaît...»

(*) Note à propos du titre :


Les historiens nous apprennent que cette apostrophe aurait été adressée le 20 mars 1773 - autant dire à l'avant-veille de la Révolution française - par la comtesse Du Barry, à son royal amant, Louis XV, qui ne confiait à personne le soin de confectionner son café matinal qui, à l'époque était une denrée exotique et rare.

4 commentaires:

Sarah CATTAN a dit…

Oui. France ton café fout le camp . Et j'ajouterai, sciemment hors sujet: France ton honneur fout le camp. Lorsque tu laisses les Balkani ou Claude Guéant commenter l'actualité ( faut-il que BFM ou I TÉLÉ n'aient trouvé personne ), ou quand Pamela Anderson vient à l'Assemblée Nationale, invitée par une députée écolo, pour exhorter au boycott du foie gras, souffrance des oies/canards oblige. Était-ce vraiment "le" sujet en cette mi-janvier 2016.

Maher BEN GHACHEM a dit…

J'ai lu , j'ai lu , j'ai lu et je me disais c'est bien ce qu'elle écrit et sur les dernières lignes ça car s'arrête soudain... Belle description d'un café qui fout le camp mais pas de conclusion (s) ni du pourquoi en est on arrivé là mon cher Jacques Benillouche . J'aime votre blog

Véronique ALLOUCHE a dit…

Par curiosité j'ai fais une petite recherche sur le web concernant la loi sur le regroupement familial en France et lis ceci sur le site officiel de l'administration française:
Il est dit que l'étranger non-européen à l'origine du regroupement, doit résider depuis au moins 18 mois de façon légale en France.
Et plus bas ceci:
À noter :
le demandeur algérien doit résider depuis au moins 12 mois en France.

Pourquoi 18 mois pour les uns et seulement 12 mois pour les algériens?

Je reste sur l'exemple des algériens non-assimilés et souvent non-intégrés. Il ne faut pas perdre de vue que la guerre d'Algérie n'a pas aidé à fabriquer l'amour de la patrie française. Cela n'excuse pas tout mais que la guerre ne facilite pas les choses.

Mais prenant dans sa globalité les émigrés musulmans, le raisonnement religieux prend toute son importance dans le fait que l'islam est une religion d'état. Comment dès lors s'assimiler à un pays laïque qui est à l'opposé de leur pensée et dans lequel,de surcroît, comme vous le dites très justement, les intellectuels de gauche réclamaient pour eux le droit à la différence.

La différence, on en voit les résultats aujourd'hui.

Bien cordialement

Véronique Allouche

Marianne ARNAUD a dit…

@ Sarah CATTAN, Maher BEN GHACHEM et Véronique ALLOUCHE

Un grand merci pour vos commentaires très encourageants. Je dois avouer que ce billet m'a donné beaucoup de mal. L'idée était de montrer le fossé toujours plus large qui se creuse entre le peuple français et ses dirigeants - de droite comme de gauche - malgré les mises en garde de ses intellectuels, les "pseudo-z-intellectuels", comme les qualifie notre ministre de l'Education nationale, madame Najat Vallaud-Belkacem. Je n'y suis pas totalement parvenue, ce qui effectivement, comme le dit Maher Ben Ghachem, lui donne ce côté "description d'un café qui fout le camp". Mais si vous voulez savoir "pourquoi et comment on en est arrivé là ?", je ne saurais trop vous recommander la lecture de TOUS les livres cités dans ce billet.

Très cordialement.