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jeudi 14 janvier 2016

Des institutions juives françaises désuètes : 3/ FSJU



DES INSTITUTIONS JUIVES FRANÇAISES DÉSUÈTES

3/ FSJU

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps


           
          
          Le Fonds Social Juif Unifié (FSJU) est une association créée en 1950, au départ pour favoriser la reconstruction de la communauté juive de France après la Shoah. Le concept s’était inspiré des fédérations américaines. D’ailleurs le FSJU a été fondé avec l'aide de la communauté américaine et du «Joint». Contrairement au CRIF dont les membres sont les associations, le FSJU est une fédération de 245 organismes agissant dans les domaines du social, de la culture, des écoles, de la jeunesse et de la vie associative.




            Il intervient comme organe de collecte. Reconnu d’utilité publique, le FSJU est l’interlocuteur des pouvoirs publics et des collectivités territoriales. A ce titre il organise des programmes spécifiques. Ses principaux départements couvrent tous les domaines à travers cinq délégations régionales avec entre autres, Akadem, ou «le campus numérique juif», site web dédié au judaïsme et à la culture juive, Passerelles accompagnant des milliers de rescapés des camps de concentration, le Réseau Ezra, réseau de bénévoles au service de la communauté juive, RCJ la radio de la communauté, le journal l’Arche et Campus, centre de formation dans le domaine de la formation et du social.
            Un corps électoral, composé de 40.000 donateurs, élit tous les 4 ans un Conseil national qui élit à son tour un Comité directeur. Actuellement, le président Ariel Goldmann est entouré des vice-présidents Gil Taïeb et Marc Zerbib.
Ariel Goldman

            Le FSJU souffre de sa scission en 2013 avec le Keren Hayessod, association de dons pour Israël. Encore aujourd’hui on ne s’explique la décision qui a conduit à séparer les deux organismes de collectes. Au départ, les deux parties s’étaient entendues pour recevoir chacune 50 % des recettes de l’Appel juif mais cet accord se semble pas avoir été longtemps respecté puisqu’un tiers des dons, de plus en plus en baisse, était seulement transféré à Israël. Le Keren Hayessod France s’est donc installé dans l’hexagone en reprenant son autonomie pour devenir une structure de droit français.
            Cette décision non justifiée a entraîné l’organisation de deux collectes différentes, avec des coûts doublés et un net financier réduit d’autant. Les mauvaises langues disent que cette scission avait pour but de trouver une présidence à Richard Prasquier qui avait dû quitter celle du CRIF après deux mandats. Ainsi, la politique prime sur la recherche d’efficacité. Dans les meilleurs moments, la collecte s’élevait à 16 millions d’euros sur lesquels Israël prélevait six millions au lieu de huit. Or, les donateurs répugnent à être sollicités deux fois et certains en profitent pour se dégager totalement de leurs engagements. Les deux organismes ne sortent pas gagnants de cette scission qui a fait baisser les montants collectés dans une concurrence inadmissible.

            Les derniers dirigeants portent une certaine responsabilité ; d’ailleurs ils n’ont pas fait l’unanimité puisque les deux plus gros réseaux institutionnels, autrefois rattachés au FSJU, ont décidé de devenir autonomes. Ainsi la fondation Casip Cojasor, fondation juive d'action sociale, et l’OSE, œuvre de secours à l’enfant, ont pris leur autonomie en se finançant avec leurs propres collectes. Avec ce double départ, le FSJU devient presque une coquille vide ce qui pose la question de sa survie ou de son utilité.
            Il est d’ailleurs difficile de mesurer avec précision le bilan du dernier président dont le mandat s’est écoulé entre 2006 et 2014. Les réalisations sont presque nulles. Au contraire il faut s’élever contre la quasi disparition du seul journal communautaire, l’Arche, un mensuel qui diffusait depuis 1957 à travers le monde francophone le seul regard juif français. Sa publication est devenue aléatoire. Or l’Arche était lu par les non-juifs, les juifs laïcs ou religieux de tous horizons politiques et socioculturels. Au moment où les Juifs français tentent d’imposer leur présence en Israël, ils ne peuvent plus porter de regard sur les questions politiques, philosophiques, talmudiques, littéraires et culturelles. 



          Le FSJU ne pouvait pas tout baser sur la rentabilité au moment où Israël avait le plus besoin de soutien en France alors que l’écrit est l’un des fondements du judaïsme. Quand un organisme n’est pas capable de démontrer à la fois sa viabilité et ses réalisations, il vaut mieux regrouper les parties les plus actives au sein d’une autre organisation pluraliste. Même les écoles juives sont financées par l’État qui paie les professeurs et par les mensualités des parents des élèves.
            Un problème de positionnement politique du FSJU met en évidence l’ambiguïté de subventionner les Juifs sur place en France en contradiction avec la promotion de l’Alyah qui fait l’objet de multiples déclarations de ses dirigeants. Pour de nombreux observateurs, le FSJU reste une incarnation concrète du sionisme et fait double emploi avec le Keren Hayessod. D’ailleurs le président Goldman a écrit sur la page d’accueil du site : «Israël est en danger, mobilisons-nous»  donnant l’impression que les dons au FSJU sont affectés en direction de projets israéliens, ce qui n’est pas le cas; ils sont censés être distribués à la communauté juive de France. Mais Israël est un miracle porteur sur lequel on doit s’appuyer pour exciter la fibre juive et gonfler la collecte en jouant sur la sécurité de l'Etat juif.
Fondation pour la Mémoire de la Shoah

            Le FSJU profite des fonds de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah dont une dotation importante provient de la restitution par l’État et les établissements financiers français des fonds en déshérence issus de la spoliation des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Cette fondation dispose de fonds importants lui permettant de vivre des produits financiers du capital qui lui a été versé ; mais les fonds ne sont pas illimités et sont eux-aussi en diminution. La Fondation pour la Mémoire de la Shoah finance des programmes médico-sociaux et des activités pour les besoins des rescapés des camps, des orphelins de la Shoah et des enfants cachés. Avec le temps, la solidarité envers ceux qui ont souffert de la Shoah nécessite moins de fonds ce qui créé des appétits au FSJU.

            Les organismes juifs ont des objectifs juifs imbriqués rendant les frontières poreuses et accréditant la thèse qu’ils pourraient fusionner pour plus d’efficacité et pour réduire les coûts. D’ailleurs on retrouve souvent les mêmes dirigeants, pratiquement aux mêmes postes, faisant d’eux des cumulards. Les places sont bloquées pour les nouveaux venus alors qu’il est nécessaire de réveiller le sentiment militant des jeunes. Président du CRIF, Roger Cukierman est vice-président du Congrès juif mondial, trésorier de la Fondation pour la mémoire de la Shoah affiliée au FSJU et membre du bureau de l’Alliance. Gil Taieb est vice-président du FSJU, vice-président du CRIF, membre du consistoire et président d’ABSI. Ariel Goldmann président du FSJU était vice-président du CRIF. Marc Zerbib est vice-président du FSJU et membre du comité directeur du CRIF.
            Les dirigeants du FSJU doivent songer à une restructuration d’un organisme aux objectifs périmés au moment où les Juifs de France orientent de plus en plus leur avenir vers Israël et où ils ont besoin de plus en plus d'aide pour leur installation dans leur nouvelle vie.

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