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jeudi 17 décembre 2015

Zéro région, 22% du corps électoral par Gérard AKOUN



ZÉRO RÉGION, 22% DU CORPS ÉLECTORAL

Par Gérard AKOUN

            

          A l’issue du deuxième tour des élections régionales, le Front National n’a pas gagné de région mais a recueilli plus de 6.800.000 voix, un chiffre plus élevé qu’au premier tour. Le Parti Socialiste conserve cinq régions, les Républicains, alliés au centre, en gagnent sept. Deux n’ont pu être l’être que grâce au retrait des listes PS dans le nord et dans le sud-est de la France, en application du barrage républicain.  Une troisième, la plus emblématique, l’Île-de-France, a été conquise grâce à un report important d’électeurs du Front National sur la liste de Madame Pécresse. Dans cette région, le Front National ne progresse pas, il régresse, au contraire, entre les deux tours.



            Il est difficile avec ces résultats de pavoiser. Avoir empêché le clan Le Pen d’accéder à une présidence de région est, certes, un motif de satisfaction mais très insuffisant au regard des points marqués par le Front National à l’occasion de ces élections. Il a fait élire 358 conseillers régionaux, il sera représenté dans toutes les régions, son implantation s’est élargie, sa crédibilité a augmenté dans la société française, et plus important encore, Marine Le Pen est déjà qualifiée pour le second tour de la présidentielle.


            À gauche comme à droite, tous les responsables politiques ont déclaré à l’issue de ces élections : «nous avons entendu le message des Français». Nous saurons bientôt, ce que le Président de la République, le gouvernement mais aussi l’opposition ont retenu de ce message. Auront-ils compris les raisons pour lesquelles des électeurs, jeunes pour beaucoup, s’abstiennent, ou se laissent dévoyer par le Front National alors que dans leur majorité, ce ne sont pas des fascistes. Ils sont plein de ressentiment ; ils se sentent sans avenir, exclus de cette société dans laquelle ils se sentent méprisés par les élites politiques. Ils ne voient pas se réaliser les promesses de la gauche comme, précédemment, celles de la droite.
            Certains d’entre eux  cèdent au chant des  sirènes lepénistes et vont grossir les rangs de ses électeurs. Ils croient que Marine Le Pen, en fermant les frontières, en revenant au franc, en appliquant la préférence nationale pourra leur offrir un avenir meilleur ; ils se trompent. Pour barrer la route au Front National, de nombreux abstentionnistes du premier tour sont allés voter dimanche dernier. Ils ne le feront pas, une seconde fois, si la situation de l’emploi ne s’améliore pas, s’ils ne constatent pas de changement dans la manière d’associer les citoyens à  la vie politique.

            Contrairement à ce que l’on pouvait croire, la première préoccupation des Français, celle qui les inquiète le plus, les derniers sondages l’ont montré, n’est pas le terrorisme ou l’immigration mais bien le chômage, le terreau  sur lequel se développent les autres problèmes et dont le Front national fait son miel. Il est temps de déclarer l’état d’urgence contre le chômage ; cela implique que cessent, sur ce thème, les querelles politiciennes, que la droite et la gauche travaillent  ensemble à  l’élaboration de mesures destinées à le faire reculer. Les Français, dans leur grande majorité, sont conscients que des réformes difficiles sont nécessaires, mais ils ne veulent, ni être taillables et corvéables à merci, ni «bénéficier» de  salaires à 400 € ou de contrats de travail à zéro heure.

            Ces réformes ne pourront être acceptées que si elles sont étayées par «un pacte national pour l’emploi». Il ne s’agit pas de former un gouvernement d’union nationale mais de se mobiliser contre le chômage, de le faire reculer, pour renforcer l’unité nationale menacée par l’extrême-droite. Le feu couve dans la maison France, ces élections sont un dernier coup de semonce et chacun doit prendre ses responsabilités avant que ne s’institue un climat de guerre civile.

2 commentaires:

Marianne ARNAUD a dit…

Ainsi vous aussi, pour finir, brandissez la menace de la guerre civile !
Mais qui va selon vous faire cette guerre ? Où sont ces milices para-militaires des années 30 ? Où sont ces civils entraînés au maniement des armes durant leur service militaire ?
Je ne crois pas que c'est avec des gens apeurés qui rasent les murs, tête basse, de peur de voir ce qu'ils ne veulent surtout pas voir, qu'on pourra faire la guerre !
Et l'Etat islamique le sait très bien qui, après chaque attentat, augmente la menace, bien réelle, celle-ci, qui nous dit-on, après Paris, concerne le pays tout entier !

Véronique ALLOUCHE a dit…

Lorsque J.J. Bourdin fait le lien entre le FN et Daech sur le replis identitaire, il ne fait que renforcer l' hystérie de Marine le Pen.
Lorsque comme vous on brandit la menace de la guerre civile, on ne fait qu'accroître l'aigreur des presque 7 millions de français qui ont voté pour ce parti. Ces propos alarmants permettent à Marine le Pen d'être sur le devant de la scène en continu, se présentant en victime du système " politico médiatique".
Monsieur Akoun, vous et tous les journalistes lui donnez une audience démesurée en la diabolisant. Mais vous oubliez que bon nombre de français l'ont intégré dans le schémas d'un parti "comme les autres".
La critique doit demeurée sur le terrain concret de son programme puisqu'il est entendu qu'aujourd'hui ce parti est légitime.
Bien cordialement
Véronique Allouche