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mercredi 30 décembre 2015

La mort au bout du chemin des terroristes au couteau



LA MORT AU BOUT DU CHEMIN DES TERRORISTES AU COUTEAU

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps

            

          Des agents de police israéliens viennent à nouveau d’abattre deux Palestiniens qui tentaient d'attaquer à l'arme blanche un garde à Jérusalem. Il s'agit du 126ème Palestinien tué depuis le début des attaques de ce genre, en octobre. Comment comprendre cette succession d’actions terroristes aujourd’hui ? Il est difficile, en Occident, de ne pas être troublé par un sentiment d’incompréhension devant les tentatives quotidiennes d’assassinats au couteau. Pourtant les terroristes savent qu’ils ont une chance minime de s’en sortir et qu’ils finissent, dans la plupart des cas, par être éliminés car ils ne peuvent ni échapper à la police et ni à la population israélienne. Alors que les Juifs magnifient la vie et intensifient leur volonté de survie, les terroristes palestiniens s’enferment dans le refus de vivre.


Conseil palestinien

            Devant ces drames quotidiens, aucune voix ne s’élève parmi les dirigeants palestiniens pour dissuader leurs ouailles de renoncer à un combat perdu d’avance. C’est à croire que l’Autorité palestinienne se satisfait d’une situation qui lui permet de détourner les esprits  de sa propre turpitude. Il est vrai qu’elle se débarrasse du même coup de ces Palestiniens activistes, des opposants souvent, qui réclament un changement au sommet. Il est certain qu’une «fatwa» palestinienne prônant la suspension des attaques au couteau aurait un effet dissuasif.
            Ces jeunes à la fleur de l’âge, qui meurent dans l’indifférence de leurs compatriotes, agissent par désespoir de ne pas être compris par des dirigeants peu enclins à leur adoucir la vie mais toujours prêts à jeter l’anathème sur le gouvernement israélien. L’attentat suicide, perpétré par des «loups solitaires» sous influence, est devenu aujourd'hui la forme d'attaque privilégiée au sein des organisations terroristes fondamentalistes. Transformés par une idéologie extrémiste séculaire, les candidats au suicide subissent un endoctrinement permanent qui les rend particulièrement dangereux. Il est vrai que les services de renseignements parviennent souvent à déjouer de nombreux attentats, mais ils ne peuvent éviter aux terroristes de répandre la mort dans une manifestation d’une nouvelle forme de destruction.

            Israël et l’Occident sont confrontés à des terroristes issus des fondamentalistes musulmans qui, en manifestant des motivations divines ou mystiques, augmentent leur capacité de destruction. Pour des raisons tactiques, il n’y a pas de revendications de la part d’organisations qui agissent dans l’ombre pour intégrer ces attentats dans le cadre d’une action militante. Mais les similitudes flagrantes et inquiétantes des attentats prouvent qu’il existe une nébuleuse terroriste dotée d’un objectif unique. L'esprit de martyr et de sacrifice des jeunes au couteau est tel qu'une fois l'assassinat réalisé ou tenté, leurs auteurs se laissent tuer par la police ou lyncher par la foule parce qu’ils ont la certitude que c’est le seul moyen pour eux de rencontrer Dieu, selon leur interprétation controversée du Coran. Leurs gourous utilisent une méthode d'endoctrinement et de manipulation psychologique qui a fait ses preuves et qui consiste à faire réciter des versets du Coran pour stimuler leur courage. Ils leur font croire qu’ils sont victimes du sionisme et que leur action pourrait influencer et convertir le monde à leur image.

            Les terroristes au couteau, souvent très jeunes, ne ressemblent certainement pas à des désespérés, nerveux, aux yeux hagards. Ils agissent de manière sereine sans rechercher l'anonymat. Leur but est de faire un maximum de victimes avant de mourir. Dès les années 1960, Raymond Aron avait remarqué que le monde contemporain recelait de nombreuses situations intermédiaires entre la guerre et la paix. Le terrorisme participe de ce brouillage des repères. Il trouble la vie sociale par l’irruption inopinée d’un terrorisme qui apparaît souvent comme un substitut de la guerre. Il adopte des méthodes qui présentent certains avantages tactiques. Il frappe à l’improviste en s’attaquant à des cibles civiles qui ne se tiennent pas sur leurs gardes. 
          Mais il n’y a pas d’improvisation dans l’action terroriste puisque les coups sont préparés méticuleusement  pour les porter à l’endroit où l’Israélien ne s’y attend pas et n’a donc pas pris de disposition efficace pour les parer. Pour maintenir l’impératif de discrétion, ils s’organisent en micro-cellules autonomes, difficiles à infiltrer, qui génèrent une méfiance dans l’espace public pour favoriser la suspicion généralisée. La mort de leurs victimes n’est pas une fin en soi car leur objectif consiste à provoquer la peur au sein de la population ce qui explique qu’ils frappent leurs cibles de manière aléatoire. Les civils anonymes sont des proies particulièrement faciles à atteindre puisqu’ils vaquent à leurs occupations ordinaires dans l’espace public. Le terroriste qui s’en prend à eux, sans sommation, fait alors voler en éclat la quiétude de leur vie quotidienne pour suggérer que plus personne n’est à l’abri. C’est le but recherché, celui de désorganiser la vie de tous les jours en Israël.
            Ils ont réussi à abolir la distinction entre combattant et civil dans une guerre asymétrique. Il se s’agit pas de combats classiques et localisés mais d’un affrontement impossible à circonscrire dans l’espace et donc susceptible de diffuser un ébranlement de large amplitude. Dans son entreprise de déstabilisation, le terrorisme sait utiliser les medias comme caisse de résonance pour propager l’onde de choc de ses actions aussi loin que permettent les moyens mondiaux de communication. Et ils parviennent même à susciter de la sympathie à leur égard puisqu’Israël est souvent condamné par l’opinion internationale pour  l’élimination des terroristes.


            D'autre part et c'est leur but, l’impact des attentats est certain sur la relation conflictuelle israélo-palestinienne.  Malgré la supériorité militaire et économique d’Israël dans la région, le sentiment d’insécurité est progressivement ancré dans les esprits de la population et alimente un récit victimaire. Il façonne le prisme sécuritaire au sein des décideurs politiques en évacuant l’approche politique fondée sur la recherche de compromis avec les Palestiniens. Tant que les attentats persistent, il n'y a aucune raison pour engager un dialogue politique. Le terrorisme contribue à diaboliser l’adversaire. 
          Le terroriste palestinien personnifie désormais le mal absolu aux yeux de nombreux Israéliens, tandis que par voie de conséquence, ils en arrivent à incarner le bien et le juste, quitte à renoncer à certaines valeurs morales. Cependant la mort est toujours au bout du chemin des terroristes palestiniens au couteau qui persistent à s’engager sur une voie sans issue.

5 commentaires:

Pascale CHATELUS a dit…

Comme dit un ami policier.. "Je le tue, mais ça m interpelle"

Michaël B. a dit…

Excellent article. Une bonne approche de la psychologie de ces terroristes. Je ne me rendais pas compte que 126 palestiniens sont déjà morts.
Pour moi le palestinien est en train de se déshumaniser progressivement: c'est l'anonyme au couteau qui surgit pour poignarder et qu'on descend sans plus hésiter. On ne leur donne même plus un visage.

Jazon BOURN a dit…

Un vrai musulman ne tue jamais un juif ni un non juif ces assassins sont des gens perdus sans aucun repaire ils sont inconscients de la réalité; je suis musulman et je reconnais que les Israéliens sont chez eux en Israël et personne de logique ne peut le nier. C'est leur terre. Les musulmans et juifs doivent cohabiter et vivre en paix mais c'est dur je le sais

Georges KABI a dit…

Nous avons vecu des periodes sans terrorisme notoire, par exemple avant le 1 Octobre 2015. Cela a-t-il permis une quelconque negociation? Aussi venir reprocher aux Palestiniens cette nouvelle forme de terrorisme releve du pur paternalisme, et sert, non seulement l'Autorite palestinenne mais aussi le gouvernement israelien conforte par cette situation dangereuse. Je n'ai naturellement aucune sorte de sympathie envers ces jeunes et je m'etonne meme qu'on s'efforce de les arreter. Ils viennent tuer, alors ils meritent largement leur mort, quoiqu'en puisse dire certains elements de l'opinion internationale. Mais, ceci dit, il faut absolument que le gouvernement israelien commence a retrousser ses manches et a proposer d'entuelles solutions, ou du moins abaisser le niveau de l'incendie. Je sais, c'est facile a ecrire, d'autant plus qu'une grande partie de l'opinion publique israelienne est farouchement oppose a tout compromis, mais a-t-on veritablement le choix?

andre a dit…

Excellent article qui fait le tour de la question . Je me demande ce que les barbares palestiniens vont inventer après les assassinats au couteau, peut être pourraient-ils envisager le cannibalisme, en mangeant du juif ?