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vendredi 6 novembre 2015

Vers la fin du Peronisme ? par Dov ZERAH



VERS LA FIN DU PERONISME ?


Le point économique de Dov ZERAH


Daniel Scioli

La semaine dernière, le premier tour de l’élection présidentielle en Argentine a réservé une grosse surprise. Tous les observateurs s’attendaient à une large victoire de Daniel Scioli, dauphin de la présidente Cristina Kirchner, voire à une élection dès le premier tour. Pourtant le candidat du parti justicialiste, péroniste a distancé de peu le candidat d’opposition, M. Mauricio Macri. Ce résultat surprenant conduit à s’interroger si c’est le début de la fin du péronisme, ou seulement une des conséquences de la situation économique.


Juan Perón

Le mouvement national justicialiste ou le péronisme a été créé dans les années quarante par Juan Perón à la suite du coup d’État de 1943 mené par un groupe d’officiers qui refusaient d’entrer en guerre aux côtés des Alliés. Il admirait Mussolini et Franco, et avait même organisé l’exfiltration de milliers de dignitaires nazis.
Le parti a été interdit durant la révolution libératrice de 1955 à 1972. Ce courant politique aux accents très populistes est hétérogène, difficile à définir compte tenu des politiques très différentes qu’il a suivies. Ce mouvement est caractéristique de ceux qui ponctuent régulièrement la vie politique des pays latino-américains.
Le péronisme est marqué par deux dynasties :
-          les Perón avec Juan Domingo Perón, sa seconde épouse, Maria Eva Duarte de Perón, communément appelée Evita, sa troisième épouse, Isabel Maria de Perón
-          les Kirchner, Nestor Kirchner, président de 200 à 2007, et son épouse Cristina Fernandez de Kirchner, présidente depuis 2008.
Cristina Fernandez de Kirchner

Les coups d’État militaires, le péronisme, la dictature, et les crises financières ont ponctué l’histoire de l’Argentine depuis soixante-dix ans. Grand comme cinq fois la France pour seulement quarante millions d’habitants, disposant d’énormes ressources agricoles, énergétiques et minérales, l’Argentine a connu plusieurs crises financières. Alors qu’au lendemain de la seconde guerre mondiale, le pays faisait partie du groupe des dix pays les plus riches de la planète, ce n’est aujourd’hui que la 24ème puissance mondiale.
Les Kirchner ont permis à l’Argentine de sortir de la faillite de 2001, l’une des plus importantes de l’histoire financière portant sur une défaillance de 100 milliards$. En 2005 et 2010, 93% des créanciers ont accepté d’abandonner 70% de leurs actifs. J’ai eu l’occasion de vous parler il y a un an des 7% restants détenus par des fonds qui ont engagé des procédures contre l’Argentine devant la justice américaine pour récupérer leur investissement de 1,5 milliard$.
Avec des politiques très interventionnistes, ils ont enclenché un processus de croissance de 7% en moyenne annuelle de 2003 à 2011. Cependant cette dynamique a été enrayée avec l’inflation : 23% en 2012, 26% en 2013, de 30 à 40% en 2014 et 2015 ! Mais l’interventionnisme a conduit les autorités à des mesures extrêmes comme l’utilisation de l’épargne destinée au paiement des retraites. De même, alors que le pays n’a plus accès aux marchés financiers, ils ont confisqué des actifs appartenant à des étrangers, comme ceux de la société pétrolière espagnole Repsol, ou rompu de manière unilatérale des contrats, comme celui avec Suez. Parallèlement, la mise en place d’un contrôle des changes avec notamment la supervision du rapatriement des dividendes ont entraîné une fuite des capitaux. S’ensuivit une décroissance des investissements étrangers.
Inflation 2015

La conjugaison de l’inflation et des sorties de capitaux ont affaibli le peso argentin, diminué les réserves de change, et conduit au défaut partiel de paiement de juillet 2014. Cela n’a fait qu’accentuer l’isolement de l’Argentine sur la scène financière internationale. Depuis, les réserves de change du pays sont d’environ de 30 Milliards$, soit cinq mois d’importations.
   L’accroissement du rôle de l’État a notamment conduit la fondation d’Amérique du nord Heritage, défenseure de la pensée conservatrice, à placer l’Argentine au 95ème rang sur 157 pays analysés dans son indicateur de liberté économique.
Après une croissance de 4,3% en 2013, le pays a enregistré une croissance de 0,5% en 2014, mais le PIB devrait se contracter en 2005 sous l’effet de la baisse du pouvoir d’achat des ménages, affecté par la baisse du salaire réel en raison de l’accélération de l’inflation, et de la baisse des exportations notamment vers le Brésil, principal partenaire commercial.
Heureusement que le taux de chômage ne s’est pas dégradé avec le ralentissement économique de 2014. Même s’il a progressé d’un demi-point en un an, il ne dépasse pas les 7%. Plus généralement, les autres indicateurs ne sont pas négatifs ;
un déficit public maîtrisé : une prévision de 4,1% en 2015, après 2,7 en 2014, 2,0 en 2013, et 2,4 en 2012
une dette publique contenue : en pourcentage du PIB, elle reste inférieure à 50%
un excédent commercial encore positif malgré la baisse des exportations. Cela est essentiel en l’absence de tout financement externe.

La forte augmentation des prix a en grande partie gommé tous les efforts qui avaient permis de diminuer d’un tiers la pauvreté. La solution à la crise financière et monétaire devant probablement conduire à une dépréciation du peso, cela ne peut qu’augmenter la pauvreté et le désenchantement des classes défavorisées.

1 commentaire:

Bernard NIVAL a dit…

Juan Peron n était-il pas une sorte de Mussolini dont la route n'aurait pas croisé celle d'Hitler ,un populiste mêlant brutalité et démagogie , avec son égérie proche du petit peuple ......n'est-ce pas à nouveau dans l'air (le mauvais air ) du temps ?