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vendredi 20 novembre 2015

Beyrouth-sur-Seine par Marianne ARNAUD



BEYROUTH-SUR-SEINE

Par Marianne ARNAUD
            

          Comment en sommes-nous arrivés là ? C'est la question que tout le monde se pose ce matin où une opération de police de grande envergure, réunissant le RAID, la BRI, la BAC et tout ce que la police compte de policiers d'élite, soutenus par l'armée arrivée en renfort, pour mener l'assaut contre les terroristes islamistes repliés dans un appartement du centre-ville de Saint-Denis, à deux pas de la basilique, aux portes de Paris. Comment le commanditaire des derniers attentats perpétrés en France et en Belgique, recherché par toutes les polices d'Europe, qu'on nous disait être en Syrie d'où il organisait les attentats, a-t-il pu en toute impunité faire des allers-retours entre la Syrie, la France et la Belgique ?


            

          Si on veut bien remonter aux causes lointaines, comme on disait du temps où on apprenait l'Histoire à l'école, l'erreur stratégique de la politique extérieure de la Vème République -suivant en cela celle des États-Unis et consistant à s'attaquer à Kadhafi qui n'était pas notre ennemi, qui pourchassait les islamistes, et avait renoncé aux armes nucléaires - nous a mis en première ligne face à ceux qui ont juré notre perte.
            Puis, toujours pour suivre les États-Unis, nous avons pris des sanctions contre la Russie comme si elle était notre ennemi principal, alors que les djihadistes étaient déjà installés chez nous et nous avaient infligé les attaques de janvier 2015. Même à ce moment-là, nous avons été bercés par les appels au pas d'amalgame et au vivre ensemble qui nous ont laissés désarmés face à la résolution sans faille de ces tueurs islamistes radicaux.
            Manuel Valls avait bien évoqué, devant le Parlement, «l'état de guerre» mais le Président Hollande ne l'avait pas suivi, préférant s'en tenir à «l'esprit du 11 janvier». Déjà pointaient les élections départementales et leurs inévitables polémiques sur le Front National : la vie reprenait ses droits. Certes on apprenait, de temps à autre, qu'un attentat avait été «déjoué», mais aucune mesure de protection particulière des Français n'avait été prise, à part le plan Vigipirate qui n'est là que pour «rassurer la population», nous dit-on aujourd'hui.
            Et nous en arrivons à ces attaques de grande envergure du 13 novembre 2015, au cœur même de Paris. Cette fois il ne s'agissait pas de s'en prendre à des journalistes provocateurs, ni à des Juifs – cela nous y étions habitués, j'ai failli écrire : résignés – cette fois il s'agissait de Français «innocents» comme aurait dit Raymond Barre, des jeunes gens attablés aux terrasses des cafés ou assistant à un concert de rock, bref qui profitaient de la vie et s'amusaient.

            Il aura donc fallu 129 morts et des centaines de blessés pour que le Président Hollande, prenant la parole devant le Congrès réuni à Versailles, concède enfin : «Nous sommes en guerre contre le djihadisme islamiste».
            Il n'en a pas fallu plus pour que, dès le lendemain on connaisse la plupart des noms des membres du commando qui ont perpétré ces attaques. Ils sont pour la plupart français ou belges et connus de longue date des services de police. Des descentes de police de grande envergure ont été organisées dans dix-neuf départements et vingt-trois interpellations et placement en garde-à-vue s'en sont suivis. Tout ceci, tendant à prouver, pour ceux qui en doutaient encore, que ces criminels étaient connus de la police à qui il ne manquait que le feu vert politique pour passer à l'action.

3 commentaires:

Véronique ALLOUCHE a dit…

@Marianne Arnaud
Chère Marianne, je partage tout à fait votre opinion.
A l'époque nous étions nombreux à adhérer à la politique sécuritaire de Nicolas Sarkosy.
Alors ministre de l' Intérieur il nous donnait à entendre une détermination sans précédent afin de rétablir une vie paisible dans ces banlieues qui avaient depuis longtemps perdu l'art de vivre.
Pour rappel: octobre 2005 à Argenteuil:
«Vous en avez assez, hein ? Vous en avez assez de cette bande de racaille ? Eh bien, on va vous en débarrasser !».
Juin 2005 à la Courneuve, cité des 4000:
"Dès demain, on va nettoyer au Karcher la cité, lance-t-il. On y mettra les effectifs nécessaires et le temps qu'il faudra, mais ça sera nettoyé.»
Il s'est approprié le thème de la sécurité mais n'a pas tenu ses promesses lorsqu'il était le locataire de l'Elysées.
Et combien d'attentats depuis!!
Il aura fallu celui de vendredi dernier, où ni juifs ni caricaturistes de Charly Hebdo, ô combien controversés de leur vivant par tant de bien-pensants, ne soient visés, pour qu'enfin le pays tout entier s'émeuve à l'unisson pour dire leur effroi. Pour qu'enfin le gouvernement prenne en main la situation dramatique dans laquelle le pays est plongé. Espérons que le but sera atteint.... Mais il est bien tard.
Bien cordialement
Véronique Allouche

jean Smia a dit…

Chère Marianne,
Merci pour cet article.
Une simple petite précision: ce n'est pas Raymond Barre qui avait parlé des passants "innocents" victimes de l'attentat de la rue Copernic, mais Monsieur Charles Pasqua.
Cordialement,

Jacques BENILLOUCHE a dit…

@ Jean SMIA

Le premier ministre, Raymond Barre, choque le 3 octobre en déclarant sur TF1 : « Cet attentat odieux voulait frapper les Israélites qui se rendaient à la synagogue et qui a frappé des Français innocents qui traversaient la rue Copernic », lapsus que ses propos du 8 octobre à l'Assemblée nationale, assurant ses « compatriotes juifs » de la « sympathie de l'ensemble de la nation», n'effaceront pas des mémoires. Peu avant sa mort en août 2007, Raymond Barre a nié le lapsus et imputé cette campagne de protestations au « lobby juif le plus lié à la gauche »9.