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dimanche 1 novembre 2015

Radiotaf : échanges croisés : Rabin et Oslo





RADIOTAF depuis TEL-AVIV

ÉCHANGES CROISÉS DU 29 OCTOBRE 2015

la commémoration de l'assassinat d'Yitzhak RABIN 

Jacques BENILLOUCHE, Arie AVIDOR ancien ambassadeur et Daniel SHEK ancien ambassadeur en France analysent ensemble les faits marquants de la semaine :
1. Commémoration des vingt ans de l’assassinat de Yitzhak Rabin et les tentatives de revisiter l’Histoire 
2.    Retour sur les accords d'Oslo
3. Les rumeurs sur l'entrée des travaillistes au gouvernement

Nous assistons depuis quelques temps à une campagne orchestrée pour revisiter l’Histoire. Après la Shoah et les Palestiniens, c’est au tour de Rabin d’être discrédité par certains milieux nationalistes. Ainsi la LDJ (Ligue de Défense Juive) discrédite l’ancien premier ministre dans des termes violents : «D’accord Rabin a été assassiné et c’est effectivement grave quand un premier ministre en exercice est assassiné, sans trop fouiller les points d’ombre et toujours pas clarifiés dans cette affaire, mais bon sang, tous les morts qu’on a eus consécutivement à l’irresponsabilité criminelle de Rabin et Pérès qui ont introduit Arafat en Eretz Israël?! Ces milliers d’hommes, de femmes et d’enfants victimes de cette politique démente, ça ne compte pas?».
Cliquer sur la suite pour écouter l'émission






L'Altalena en feu à Tel-Aviv

Une rancune tenace s’exerce encore de la part de la droite extrême qui n’hésite pas à exhumer des histoires de 1948. L’Altalena était un bateau utilisé par l'Irgoun pour importer clandestinement des armes. Dans le contexte de l'unification d'une armée nationale israélienne fusionnant la Haganah, l'Irgoun et le groupe Stern-Lehi, le bateau Altalena était arrivé au large de Tel Aviv, chargé d'armes pour les bataillons de l'Irgoun. 

Exprimant son refus de l'existence de plusieurs factions armées, Ben Gourion, devenu premier ministre, a exigé que les armes soient remises à Tsahal. L’Irgoun de Begin ayant refusé, Ben Gourion donna l’ordre à Yitzhak Rabin, commandant l'armée israélienne et les forces du Palmach sur le rivage, de tirer sur les militants de l’Irgoun les 21 et 22 juin 1948, au moment où ils étaient en train de  débarquer les armes. Le bateau a été coulé. Lors de l'assaut  16 membres de l'Irgoun ont été tués ainsi 2 soldats de Tsahal. Rabin n'obéissait alors qu'aux ordres du pouvoir civil mais certains voudraient aujourd’hui lui faire porter le chapeau et ouvrir un procès contre lui.
Sharon avec Rabin

Les articles de la presse nationaliste n’hésitent plus à qualifier Rabin de mauvais premier ministre, ne gardant de toute sa vie que la signature des accords d’Oslo. On passe sous silence sa carrière militaire glorieuse depuis le Palmach, diplomatique et politique. Il a été pourtant l'organisateur et le promoteur de la victoire d’Israël dans la Guerre des Six-jours. Mais aujourd’hui des personnes de mauvaise foi préfèrent  présenter son assassin Ygal Amir comme le vrai héros. 
Il est vrai que Rabin est moins décoré qu’Ehud Barak et qu’il ne s’est pas distingué dans des opérations audacieuses comme Ariel Sharon. Pourtant on reconnaît en lui un vrai meneur d’hommes au Palmach durant la Guerre d’Indépendance. Il était aussi reconnu pour être un homme précis, sérieux, discipliné, intègre et respectueux du pouvoir politique auquel il obéissait.
Warren Christopher

            Il avait voulu laisser une marque politique avec les accords d’Oslo mais la mort a brisé son élan.  Il avait été effectivement frileux à l’égard des accords d’Oslo auxquels il n’avait pas été préparé parce qu’il y avait eu mauvaise interprétation des propos prononcés durant la campagne électorale de 1992. Il avait effectivement promis un accord de paix dans les neuf mois mais il faisait alors allusion à la Syrie. Les rencontres secrètes avaient été volontairement éventées par le secrétaire d’État américain, Warren Christopher, parce que les États-Unis avaient fixé l'objectif prioritaire d'un accord avec les Palestiniens.
Shimon Pérès, alors ministre des affaires étrangères, l’avait poussé pour Oslo et  Rabin, au début du moins, l’avait suivi pour des raisons de politique intérieure afin de ne pas être évincé de la direction du parti travailliste. Rabin avait envoyé le 7 juin 1993, deux mois avant Oslo, une lettre officielle à Pérès pour lui demander de stopper les négociations secrètes. Il avait ensuite été convaincu de se rallier aux accords et, à ce moment, il s’était engagé à fond sans réticence. Il avait certes hésité puisqu’il avait prévu d’être absent lors de la signature des accords pour laisser l’honneur à Shimon Pérès et surtout pour échapper à la poignée de mains avec Arafat. Mais le président américain Bill Clinton avait imposé sa présence. Déjà à l’époque Benjamin Netanyahou était contre ces accords et il s’y était opposé en organisant une manifestation de masse le 4 novembre 1993 durant laquelle il avait voulu démontrer que la droite contrôlait les rues.
Malgré le dernier discours de Mahmoud Abbas à l’ONU, les accords d’Oslo n’ont pas été abrogés et il est vrai que le processus n'a pas été au bout de l'accord intérimaire. Mais ils ont modifié l’état d’esprit des pays arabes. En effet du 29 août au 1er septembre 1967, les dirigeants arabes s’étaient réunis après la Guerre des Six Jours à Khartoum, au Soudan. Ils avaient alors décrété une ligne politique et économique commune symbolisée par les trois «non» contre Israël dont le refus catégorique de négocier et de reconnaître l’État israélien. Or Oslo a apporté un changement notable puisque l'initiative de paix arabe de 2002 reconnaîtra l’existence de l’État d’Israël.
Les accords d’Oslo ont généré des actifs tangibles : L'accord de paix avec la Jordanie, la coordination de la sécurité avec les Palestiniens, les accords économiques signés avec le marché commun. Près de 150 sociétés internationales ont investi en Israël à la suite de ces accords et il est difficile de justifier le succès de l'économie israélienne au cours des dernières années sans Oslo. Ces actifs sont évidemment menacés en cas de révocation des accords.






1 commentaire:

Jacob a dit…

il est vrai que les accords d’Oslo n'ont pas aboutis.

la situation a progressivement pourri sur elle même. le processus est au milieu du gué, dans une embarcation qui prend l'eau, avec un commencement de feu dans la salle des machines. aucun capitaine ne s'est présenté pour amener le bateau à bon port, il dérive lentement en attendant probablement de couler.

peut-être faut-il trouver une capitaine de crevettiers? il fera l'affaire, car ce type d'homme est moins exigeant que les grands capitaines de la marine.