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mercredi 28 octobre 2015

Panique dans les Balkans par Marianne ARNAUD



PANIQUE DANS LES BALKANS

Par Marianne ARNAUD


Juncker et Cameron

Allons-nous voir l'Union européenne, cette Europe morale défendue par Angela Merkel, pour qui «l'Europe doit justement montrer qu'elle est un continent de valeurs et de solidarités», se fracasser sur la réalité de cette situation des migrants qui, par dizaines voire centaines de milliers, déferlent sur l'Europe depuis l'invitation qu'elle leur en a faite, leur promettant de les recevoir «à bras ouverts» ?



C'est ce que l'on serait en droit de penser à l'issue de ce sommet restreint, organisé à Bruxelles par le Président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, dimanche dernier, dans l'espoir de trouver les solutions qui endigueraient cette crise migratoire sans précédent à laquelle l'Europe est confrontée.
Étaient présents à Bruxelles, les chefs d'État ou de gouvernement des pays de destination des migrants  - Allemagne, Autriche, Suède – et les pays de transit – Slovénie Croatie, Hongrie, Serbie, Bulgarie, Roumanie, Albanie – et bien sûr la Grèce. Dès l'abord il a paru évident que les intérêts des uns et des autres, loin de coïncider, étaient en conflit direct. Madame Merkel plaidant que «la rencontre doit permettre que l'on s'entende pour une meilleure répartition le long de la route des Balkans». «Pas question que nous devenions une zone tampon», lui a répondu le Premier ministre croate : la Chancelière qui a provoqué cet afflux de migrants doit assumer ses responsabilités. 
Victor Orban et Jean-Claude Juncker

La Grèce est sur la même ligne : Tsipras, ulcéré d'être mis en cause, refuse catégoriquement que la Grèce devienne un centre de rétention pour réfugiés syriens. Si la Grèce se dit prête à ouvrir cinq centres d'accueil et d'enregistrement des migrants, elle refuse d'en faire des centres fermés. Le Premier ministre Hongrois, Viktor Orban, de moins en moins isolé par ses prises de position, enfonce le clou en déclarant : «Nous devrions descendre au sud et défendre la frontière grecque, mais cela personne n'ose le faire».
Il est devenu clair que l'UE ne maîtrise absolument plus la situation, ce qui permet au chancelier autrichien Werner Faymann de parler d'un «lent processus de décomposition de l'Union européenne». À noter que ni l'Espagne, adversaire résolu du «mécanisme permanent» des réfugiés à travers l'Europe, ni la France, soutien officiel de Angela Merkel mais refusant, pour des raisons de politique interne, les «quotas» de réfugiés, n'étaient présents.
D'un bout à l'autre de l'Europe, l'inquiétude ne fait que grandir, et même l'Allemagne à qui on avait présenté ce flux de migrants comme «une chance» pour la société allemande se met à douter. Douter du niveau de formation exact des migrants, de la sous-estimation de la dimension sociale et psychologique de ce véritable défi pour la société allemande, ainsi que l'écrit Nicolas Barotte dans Le Figaro.

Dans ces conditions, on comprend que Angela Merkel ait déjà pris les devants, et qu'elle se soit tournée vers Erdogan, qu'elle est allée voir à Ankara, pour lui proposer de garder en Turquie – moyennant compensations – les deux millions de réfugiés syriens qui s'y trouvent déjà.

Mais ceci est une autre histoire !

4 commentaires:

Véronique ALLOUCHE a dit…

Ne pensez-vous pas qu'il y ait une opportunité pour la Turquie d'adhérer à l'Europe en contre-partie de l'acceptation sur son sol des migrants que les pays européens ne pourront accueillir? Et moyennant finance, de garder également chez elle les deux millions qui y sont déjà installés, ce qui, comme vous l'écrivez très justement, a été proposer par la chancelière allemande.
La Turquie par ce biais rejoindrait l' UE, ce qui, à mon avis pour cette dernière, finirait d' anéantir ses institutions démocratiques si chèrement payées au cours des années et siècles passés.
Bien cordialement
Véronique Allouche

parolevolée a dit…

A Véronique Allouche: Intéressant et tragicomique ce marché pour pigeons.
Si je comprends bien, madame Merkel organiserait un diner de cons:
Il est demandé à l'UE via Mme Merkel de payer la Turquie afin qu'elle accepte de recevoir deux millions de migrants chez elle en contrepartie de quoi, rentrant dans l'UE, la Turquie achéverait de détruire les institutions européennes?
Donc, une fois la Turquie intégrée elle pourrait aprés avoir touché le pognon, renvoyer légalement les memes migrants en Europe en agrémentant la sauce de quelques millions de vrais Turcs supplémentaires, à présent tout à fait européens.
Remarquez il n'y' a que des européens pour etre assez betes de consentir à ce marché, alors pourquoi se priver d'en évoquer l'absurdité qu'ils vont maquiller sous des formules de satisfecit humanistes.

Véronique ALLOUCHE a dit…

@parole volée
Après lecture de votre commentaire, j'ai fais une petite recherche et vous propose cet extrait d'un article que j'ai trouvé dans Zamanfrance.fr:
"A l'issue d'un Conseil européen consacré à la crise migratoire, les dirigeants de l'UE se sont mis d'accord vendredi sur un "plan d'action" prévoyant une aide financière qui pourrait s'élever à trois milliards d'euros pour la Turquie, la perspective d'un assouplissement de l'octroi de visas pour ses ressortissants et une relance des discussions sur son adhésion en échange de sa coopération face à l'afflux de réfugiés vers l'Europe."
Voilà pour " le dîner de con".
Bien cordialement
Véronique Allouche

Marianne ARNAUD a dit…

@ Véronique Allouche
@ parolevolée

Je vous remercie pour vos commentaires qui vont bien au-delà de ce billet .
Je me permets de citer le diagnostic sans appel de Philippe de Villiers sur L'Union européenne. Dans son dernier livre, dont je ne saurais trop vous conseiller la lecture, il écrit : "Le navire n'a plus de quille, la société dérive."

Très cordialement.