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vendredi 23 octobre 2015

Nazis : Billet d’humeur



NAZIS




Nazi ! Le mot est de plus en plus galvaudé. D’abord par le premier ministre Benjamin Netanyahou et ensuite par les nationalistes juifs qui ne cessent de fustiger les «nazis» arabes ou islamistes, les nazislamistes, pour frapper les esprits en comparant les Palestiniens aux barbares qui ont semé le malheur pendant la dernière guerre mondiale. Il faut que son utilisation soit restrictive. La langue française est suffisamment riche.



        Nous faisons à nouveau face à un problème de sémantique mais cette fois il prend de grandes proportions parce qu’il est clamé devant la représentation nationale. Nous sommes nous-mêmes en Israël coupables de l’utilisation à tort et à travers d’un mot qui ne doit s’appliquer qu’aux assassins de la Shoah, à ceux qui ont planifié l’éradication du peuple juif et réalisé l’indicible. L’utiliser en dehors de son contexte revient à le banaliser, à banaliser les crimes commis au nom d’une idéologie destructrice, à banaliser la mort de six millions de juifs. Comparer la mort d’une centaine, voire de milliers de morts, commis par les Palestiniens avec les millions de Juifs de la Shoah ne rend pas service à leur mémoire.
        Je m’étais déjà élevé publiquement, à l’occasion d’une conférence,  contre l’utilisation abusive de ce terme par un membre éminent de la classe politique franco-israélienne. Le qualificatif de «nazis» est souvent et toujours utilisé par ses amis pour qualifier des ennemis islamistes qui, quelle que soit l’horreur des crimes qu’ils commettent, ne peuvent pas prétendre à «l’honneur» d’être associés aux criminels nazis.

         Nous devons surveiller notre langage et nos textes pour éviter  l’usage intempestif et inadéquat du vocabulaire de la Shoah pour chercher à marquer les esprits.  Si les hommes politiques manquent de mots pour défendre leurs thèses et s’attirer les faveurs de ceux qui les écoutent, alors,  ils démontrent qu’ils manquent d’arguments tangibles. Ils devraient changer de métier. 
        Nous ne rendons pas service à la mémoire de ceux qui sont tombés dans l’horreur des camps nazis en galvaudant un qualificatif  qui doit être un et unique. L’utiliser à tout propos, surtout dans des cas inappropriés, revient à salir la mémoire de ceux qui ont été détruits. Les survivants, encore marqués dans leur chair, ne comprendraient pas qu’on assimile leurs bourreaux au couteau à des nazis et qu'on rabaisse leurs souffrances même si le résultat final est le même, à savoir la mort.

2 commentaires:

Claude Perry a dit…

Tout à fait d'accord avec toi, Jacques...
Claude

Claude Perry a dit…

Je trouve plus que maladroit, pour ne pas dire davantage, de la part de notre premier Ministre, de s'être aventuré dans cette "sombre" analyse !!
Comment va-t-il pouvoir récupérer sa maladresse, et par ailleurs très malvenue en cette période trouble ?
Claude