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dimanche 25 octobre 2015

Mais qu'allait faire Bibi dans cette galère ?




MAIS QU’ALLAIT FAIRE BIBI DANS CETTE GALÈRE ?

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps




          Il serait présomptueux d’entrer dans le jeu des historiens ; ce n’est ni de mon domaine et encore moins de ma compétence. Ils ont d’ailleurs beaucoup de mal à se mettre d’accord entre eux que je ne ferai que compliquer la situation. Oublions donc le fond pour se poser la question de savoir ce qui a pu pousser Netanyahou à exhumer un sujet vieux de plusieurs décennies. Ses détracteurs n’ont eu d'ailleurs aucun mal à considérer son opération comme du révisionnisme déguisé.


Une armada de conseillers



En plus de sa femme Sarah qui veille à ce qu’il ne manque aucun bouton de  guêtre, Netanyahou est entouré par une armada de conseillers. Il est donc difficile d’imaginer qu’on ait pu le laisser écrire seul son discours sans en référer d’abord aux nombreux spécialistes de notre histoire contemporaine. Alors comme toujours lorsque le leader est attaqué, ses inconditionnels montent au créneau pour justifier l’injustifiable, sans avoir la curiosité de se poser des questions . Quoi qu’il en soit, le moment était mal choisi pour décider de revisiter l’histoire de la Shoah.  Ou alors cela était volontaire.
 Certains mal intentionnés pensent qu’il s’agissait d’une opération de diversion pour masquer la chute dans les sondages du premier ministre, l’absence de mesures efficaces contre les hommes au couteau ou la carence de décisions face à l’explosion terroriste. En fait le premier ministre a réussi, dans le brouhaha sur la question sur la Shoah, à passer sous silence sa reculade. Il a en effet autorisé tous les Palestiniens, quel que soit leur âge, à se rendre à la mosquée d’Al Aqsa sans remettre en cause officiellement l’interdiction faite aux Juifs de prier sur le Mont du Temple comme le lui demandaient ses amis nationalistes. Cette décision prise en temps utile aurait pu éviter cette flambée de violences et la dizaine de morts juifs innocents.
Le pouvoir qu’on attribue au grand Mufti est étrange. Comment un personnage d’une si petite envergure aurait pu être l’ordonnateur de la mort de plus de six millions de Juifs alors qu’il n’a même pas réussi à organiser des troupes arabes en Palestine lorsque ni Tsahal et ni Israël n’existaient. Il aurait pu alors éradiquer en toute liberté la poignée de Juifs sans défense dans le silence coupable de l’Occident et avec l’appui affiché des nazis.  
On le gratifie d'un pouvoir qu’il n’a jamais eu mais, en revanche, on le grandit auprès des Palestiniens justement à la recherche d’un leader charismatique, même défunt. À l’époque d’une montée fulgurante de l’islamisme, on offre aux Palestiniens, sur un plateau d’argent, un mufti qui pourrait être l’inspirateur de leur prochain combat, celui capable d'effacer la division entre Fatah et Hamas, celui qui symbolise la fausse victoire sur les Juifs. Les six millions de victimes de la Shoah doivent être enfin heureux, là-haut, d’apprendre qu’ils doivent leur éradication à un Arabe plutôt qu’à un dirigeant européen. L’Europe est sauve. On se met bien avec nos amis les Allemands qu'on déculpabilise. Haro sur le baudet arabe.
En fait les nazis n’ont jamais eu besoin de conseillers, encore moins de conseillers arabes, pour commettre l’irréparable. Ils ont même eu tendance à exporter très tôt leur savoir-faire.  On veut ignorer que le génocide arménien a été le prélude au génocide juif, une sorte de répétition générale durant laquelle les Allemands ont agi comme conseillers et instigateurs des Turcs. Il est utile d’en rappeler les prémices.

Répétition générale nazie

Le 29 octobre 1914, la Turquie s’était alliée à l’Allemagne contre les Alliés. Al Husseini n'avait alors que 19 ans. Dès janvier 1915, les 250.000 soldats arméniens de l’armée ottomane étaient désarmés  pour être affectés dans des «bataillons de travail», prélude aux camps de concentration. À l’aube du 24 avril, date commémorative, le coup d’envoi du génocide est donné avec l’arrestation à Constantinople de 650 intellectuels et notables arméniens. Dans les jours suivants, ils seront en tout 2.000, dans la capitale, à être arrêtés, déportés et assassinés. Dans tout l’Empire ottoman, c’est le même scénario : on arrête puis on assassine partout les élites arméniennes. Le peuple arménien est décapité.
Les soldats arméniens affectés dans les «bataillons de travail» seront assassinés par petits groupes, le plus souvent après avoir creusé eux-mêmes les tranchées qui leurs serviront de fosses communes. Les nazis n’avaient rien inventé. L’idée nouvelle et terriblement efficace fut la déportation de toutes les populations civiles arméniennes vers les déserts de Syrie pour des prétendues raisons de sécurité. La destination réelle était la mort. D’après l’ambassadeur des États-Unis à Constantinople, Henri Morgenthau, ainsi que d’après certains historiens sérieux, les Turcs n’auraient jamais trouvé seuls cette idée. Ce seraient les Allemands qui auraient suggéré cette nouvelle méthode.
Bronsart Von Schlöndorff

D’ailleurs, pendant toute la guerre, la mission militaire allemande était omniprésente en Turquie, tandis que le général allemand, Bronsart Von Schlöndorff, était l’auteur  d’un ordre de déportation avec une recommandation spéciale de prendre des «mesures rigoureuses à l’égard des Arméniens regroupés dans les bataillons de travail». Or «déportation et mesures rigoureuses» étaient des euphémismes codés signifiant la mort. Quant au commandant Wolfskehl, comte de Rauschenberg, chef d’État-major du gouverneur de Syrie, il s’était distingué lors des massacres des populations de Moussa-Dagh et d’Urfa.  À la fin de 1915, à l’exception  de Constantinople et Smyrne, toutes les populations civiles arméniennes de l’Empire ottoman avaient pris le chemin mortel de la déportation vers un point final : Deir ez-Zor en Syrie sur les conseils allemands.
Le scénario suivi allait inspirer plus tard les nazis. Les convois de déportation étaient formés par des regroupements de 1.000 à 3.000 personnes. Très rapidement, on sépare des convois les hommes de plus de 15 ans qui seront assassinés à l’arme blanche par des équipes de tueurs dans des lieux prévus à l’avance. Parfois les convois sont massacrés sur place, à la sortie des villages ou des villes, notamment dans les provinces orientales isolées. Les autres, escortés de gendarmes, suivront la longue marche de la mort vers le désert, à travers des chemins arides ou des sentiers de montagne, privés d’eau et de nourriture, rapidement déshumanisés par les sévices, les assassinats, les viols et les rapts de femmes et d’enfants perpétrés par les Kurdes et les Tcherkesses. Les survivants, arrivés à Deir ez-Zor, seront parqués dans des camps de concentration dans le désert et seront exterminés, par petits groupes, par les tueurs de l’Organisation spéciale et les Tchétchènes spécialement recrutés pour cette besogne. Beaucoup seront attachés ensemble et brûlés vifs. À la fin de 1916, le bilan est celui d’un génocide parfait, les deux tiers des Arméniens, environ 1,5 million de personnes, de l’Empire ottoman sont exterminés.


Le Mufti Mohammed Amin al-Husseini avait certes des idées d’extermination mais les nazis l’avaient devancé sur la conception de leur entreprise et il ne pouvait leur être d’aucun conseil. C’est trop lui faire d’honneur que de lui donner la paternité de la Shoah alors qu’il a fui le terrain des combats contre les quelques Juifs de Palestine au lieu d’être aux côtés de ses troupes. En revanche et dorénavant, il deviendra le porte-drapeau des combattants palestiniens qui n’avaient plus de référence depuis la mort de Yasser Arafat. Un islamiste qui a favorisé la mort de 6 millions de Juifs est inestimable. Ils sauront qui remercier.

7 commentaires:

Jean CORCOS a dit…

Excellent ... tu as tout dit ! Malheureusement, il y a encore beaucoup qui n'admettent jamais qu'il puisse se prendre les pieds dans le tapis. Les mêmes, s'ils avaient été des Tunisiens vivant dans les années 80, auraient défendu toutes les lubies d'un Bourguiba devenu sénile.

Michel ALLOUCHE a dit…

Je suis d'accord avec toi! Netanyahu a fait une bétise grosse comme sa tête! Je ne sais pas qui lui a donne ce discours, mais pour moi, c'est une faute impardonnable!

Edmond RICHTER a dit…

VOUS N'AVEZ RIEN COMPRIS: Netanyahou a lancé un énorme pavé dans la mare! Il ne s'agit pas d'Hitler mais c'est le Mufti qui est visé et à travers lui les palestiniens. C'est le Mufti qui a choisi Arafat ET Mahmud Abbas pour créer l'OLP. Mahmud Abbas n'a jamais renié son origine NAZIE et en Janvier 2013 célébrait encore le Mufti et l'appelait ""mon Heros"
Abbas: 'Mufti is My Hero' | Israel Behind the News

Paul Zaquin a dit…

Edmond,Bibi a,de par ses propos irresponsables ,idéalisé l'image du Mufti auprès des palestiniens et renforcé ainsi ,parmi les négationnistes de la shoah leurs discours mensongers
Jacques,une petite erreur dans votre texte: génocide juif et non pas génocide nazi..

Paul Zaquin a dit…

Edmond,Bibi a,de par ses propos irresponsables ,idéalisé l'image du Mufti auprès des palestiniens et renforcé ainsi ,parmi les négationnistes de la shoah leurs discours mensongers
Jacques,une petite erreur dans votre texte: génocide juif et non pas génocide nazi..

Jeremy MORGENSTERN a dit…

Très bon article merci Jacques Benillouche par contre tu n'y parles pas beaucoup des troupes britanniques présentes en Palestine et qui auraient défendu les citoyens quelque soit leur confession

Avraham NATAF a dit…

La haine des juifs n'est pas une nouvaute dans l'Islam du Mufti a nos jours. Les emeutes de 1927 a Hebron et 1937 en Palestine, les emeutes de Constantine en 1934, de Tripolitaine en 1945, de Bagdad en 1941, de Tunis en 1967