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dimanche 11 octobre 2015

L'UNION EUROPÉENNE, CUL PAR-DESSUS TÊTE Par Marianne ARNAUD



L'UNION EUROPÉENNE, CUL PAR-DESSUS TÊTE

Par Marianne ARNAUD


Qu'on me pardonne cette expression, mais renseignements pris, elle date du XVème siècle, ce qui lui donne la légitimité de l'antériorité historique. Qui pourrait nier le désarroi qui s'est emparé des peuples européens ? Eux, à qui l'Europe de Bruxelles avait promis la paix et la prospérité, se trouvent face à son impuissance à honorer ses promesses. L'UE va de crise en crise, et à chaque échec, demande aux peuples encore et encore «plus d'Europe».



Maurice Allais

Aucune des crises de l'UE n'avait été prévue par les apparatchiks qui la gouvernent, et les peuples ont dû les subir sans en avoir été avertis. Alors que d'éminents économistes comme le prix Nobel français, Maurice Allais, avait en son temps, attiré l'attention sur les dangers d'imposer une monnaie unique à des pays n'ayant aucune harmonisation économique, fiscale, industrielle ou sociale, il n'a pas été écouté.
Lors de l'introduction de l'euro, on a pu assister au comportement de certains pays qui ont profité des faibles taux d'intérêt, comme l'Espagne ou l'Irlande, pendant que d'autres perdaient de leur compétitivité comme la Grèce, le Portugal, l'Italie et la France. A cela il faut ajouter le fait que les grands pays comme l'Allemagne ou la France n'ont pas respecté le Pacte de stabilité qui limitait à 3% les déficits annuels autorisés, et à 60% du PIB celui de la dette. Les pays du Nord de l'Europe, sur le modèle de l'Allemagne, tentaient d'assainir leurs finances publiques pour gagner en compétitivité, tandis que ceux du Sud de l'Europe, et notamment, la France, ne réalisaient aucune des réformes structurelles nécessaires.
Dani Rodrick

La succession des crises économiques européennes pose indiscutablement la question de la nature de ses institutions politiques. Ainsi que le demande Dani Rodrick – cité dans un article de Martial Foucault [1] - l'Union européenne peut-elle concilier les trois dimensions du «trilemme politique de l'économie mondiale» ? Et Martial Foucault d'expliquer : «Par trilemme, Rodrik fait l’argument que mondialisation, démocratie et États-nations sont incompatibles simultanément. La démocratie n’est compatible avec la souveraineté nationale que si la mondialisation est bridée (golden straitjacket). Si la mondialisation est encouragée tout en conservant l’État-nation, alors la démocratie est en danger. Et enfin, combiner mondialisation et démocratie implique de renoncer à l’État-nation comme point focal de la gouvernance internationale. Appliqué à l’espace européen, ce paradigme de l’économie politique internationale suggère que la Grande Récession a finalement renforcé la mondialisation et la souveraineté nationale au détriment de la démocratie. Les solutions apportées par l’Union européenne, la BCE et le FMI (troïka) à la crise grecque confirment le renoncement à la légitimité démocratique de cet arrangement institutionnel».
Et c'est là où le bât blesse : dans tous les pays d'Europe l'euroscepticisme fait rage ! La dernière crise européenne, connue sous le nom de : «crise des migrants», a semé la discorde entre les peuples et leurs gouvernants jusqu'au cœur de l'Allemagne elle-même. Madame Merkel qui de façon inconsidérée, et pour donner bonne conscience aux Allemands, s'était fait photographier au milieu des migrants, n'a pas mesuré «l'appel d'air» que cette photographie constituerait pour des milliers de migrants. Quelques jours plus tard, elle avait été contrainte de fermer ses frontières sous la pression de sa base politique, devant l'afflux insupportable des migrants, ce qui en dit long sur la confusion qui règne au sommet de l'État !
Si on affirme toujours aux Français que la France n'est pas le pays dont rêvent les migrants, ils continuent cependant à ne pas comprendre pourquoi 80% des mesures de reconduite à la frontière de migrants en situation irrégulière, ne sont pas exécutées, aucun traité européen ne justifiant «l'invasion» de l'Europe par  «toute la misère du monde» ?
video

C'est dans ce climat délétère que Marine Le Pen, forte de sa légitimité de député européen et de présidente du groupe Europe des nations et des libertés, a profité de ce «moment historique» de la présence d’Angela Merkel et de François Hollande au Parlement européen, pour les apostropher en ces termes : «Merci Mme Merkel de nous faire le plaisir de venir aujourd'hui avec votre vice-chancelier, administrateur de la province France !» Elle a encore affirmé : «Je ne vous reconnais pas Madame, le droit de disposer de nous dans une tentation absurde de domination de l'Europe». Et pour finir, s'adressant au président français : «Le peuple français se détourne de vous, M. Hollande, comme il s'est détourné hier de M. Sarkozy, parce qu'il a soif de France !»


[1] Article paru dans CAIRN.INFO, intitulé «Les politiques économiques européennes face à la Grande Récession»


1 commentaire:

Nina a dit…


J'approuve complètement votre analyse qu'il faudrait diffuser et qui serait un grand réconfort pour quantité de gens qui souffrent en silence, consternés de constater que l'Europe qu'on leur a imposée comme un espoir de croissance, d'emploi et de paix est un leurre, voire une escroquerie. La dernière crise pour ne citer que celle-là et qui n'en est qu'à son début prouve que la paix promise n'est pas au rendez-vous. J'approuve les propos de Marine le Pen dans lesquels certain journaliste de Libération n'a voulu voir que les propos d'une " harpie "qui lui a fait honte pour la France. Il faut que des voix comme la vôtre s'élèvent pour dénoncer cette UE qui n'en finit pas de détruire la France par idéologie mondialiste et ultralibérale.
A ce titre, je vous remercie d'exprimer si bien ce que le peuple silencieux n'a jamais l'occasion de dire.