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vendredi 25 septembre 2015

L’ÉCONOMIE ISRAÉLIENNE EST BOUSCULÉE



L’ÉCONOMIE ISRAÉLIENNE EST BOUSCULÉE

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps

            
Dr Karnit Flug

          L’économie israélienne est entrée dans le cercle vicieux ou vertueux de l’inflation ou déflation, de la croissance ou de la récession. La Banque d’Israël, sous la présidence de Karnit Flug, n’a que l’arme des taux d’intérêts pour influer sur ce cycle. Il ne faut pas être fin économiste pour comprendre le mécanisme fluctuant de l’économie. Le taux de la Banque d’Israël, qui conditionne les taux appliqués aux particuliers et aux entreprises, ne sera donc pas modifié à 0,1% sur décision du Comité monétaire de la Banque d'Israël du 24 septembre 2015.



Marge de manœuvre

FED

La marge de manœuvre était donc déjà très réduite. Karnit Flug n’a pas voulu réagir avant, car elle voulait cadrer sa décision avec celle de la Réserve fédérale américaine qui a maintenu ses taux d’intérêt. La FED, pour la première fois de son histoire, a pris une décision non pas en fonction de critères internes aux États-Unis, mais en raison du coup de frein chinois et de l'effondrement de la bourse de Shanghai qui ont changé la donne. Comme l’a écrit Dov Zerah : «Quand la Chine éternue, le monde s’enrhume». [1]    
            Mais les signaux rouges économiques en Israël imposaient d’agir car pour la première fois depuis 2003, le taux de croissance frôlait le 1% annuel donnant l’impression d’une récession. Parallèlement, la hausse des prix a été stoppée frisant même la déflation, c’est-à-dire une baisse des prix généralisée sur les douze derniers mois. Pour booster l’économie et faire repartir la consommation, les analystes pensaient que la seule arme restait la baisse du coût de l’argent pour développer les prêts et inciter à la dépense.

Taux des emprunts


Karnit Flug a dû faire face à un dilemme. En effet, le risque était grand de voir le coût des logements continuer à grimper, 6% sur les douze derniers mois, avec des emprunts moins chers. La rémunération des comptes bancaires est si faible que les capitaux des particuliers se portent automatiquement vers la pierre, a fortiori si le taux baissait encore. Et c’est ainsi le cycle infernal de la baisse de croissance et de l’augmentation du prix de la construction. 
Mais la décision de Karnit Flug est liée à la loi bancaire israélienne qui impose à la Banque Centrale de fixer une politique monétaire cadrant l'inflation entre 1 à 3% dans les deux ans suivant la décision. La Banque d’Israël a justifié sa décision : «Le taux d'augmentation de l'indice des prix à la consommation (IPC) dans les derniers mois a été compatible avec l'atteinte de la cible d'inflation».

            Les conséquences se font immédiatement sentir. Le shekel est attaqué par le dollar et l’euro. Le dollar cotait, le 24 septembre, 3,94 shekels tandis que l’euro était à 4,42 shekels. La baisse du shekel entraîne automatiquement un renchérissement du prix des importations avec le risque de les voir chuter et une augmentation des prix à l’exportation favorisant les produits fabriqués en Israël.  Le prix des logements, toujours indexé au taux du dollar, grimpe donc. La baisse des taux aurait été l'une des mesures pour relancer l’économie.
La stagnation de la croissance n’est pas une maladie purement israélienne mais elle résulte du ralentissement en Chine qui entraîne un ralentissement mondial. C’est d’ailleurs ce qui a renforcé l’euro à la grande joie des francophones israéliens qui tirent leurs revenus de l’étranger.  


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