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vendredi 11 septembre 2015

L’ÉCHEC DE NETANYAHOU AUX ÉTATS-UNIS



L’ÉCHEC DE NETANYAHOU AUX ÉTATS-UNIS

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps

           


          On ne sait pas s’il s’agit d’une victoire d’Obama ou d’une défaite de Benjamin Netanyahou. Ce qui est sûr c’est que la prestation du premier ministre devant le Congrès n’a pas été payante. Le président américain, ayant obtenu le soutien de 42 sénateurs, n’aura pas besoin de brandir son veto pour entériner l’accord avec la république islamique d’Iran. Cela était prévisible car les Américains sont très respectueux des institutions et ne sont jamais prêts à les bloquer. Ils manifestent leur opposition certes, exploitent à fond les outils politiques mais laissent les dirigeants américains gouverner quitte à brandir leur bulletin de vote à la première occasion.   


Des opposants timorés


Donald Trump

            Les opposants républicains, Donald Trump, Ted Cruz, Marco Rubio et Sarah Palin se sont d’ailleurs montrés timorés en tardant à crier leur opposition à l’accord nucléaire. Ils n’ont commencé à agir que le jour où le Congrès lançait ses travaux pour l’examen de l’accord. Benjamin Netanyahou aurait pu faire l’économie d’une brouille avec les États-Unis. En fin connaisseur de la politique américaine, il devait savoir qu’il n’avait aucune chance d’infléchir les décisions du président qui bénéficie de l’aura de sa fonction. Il a trop surestimé son pouvoir face à la puissance américaine.
Meir Dagan

          Déjà avant les élections de mars 2015, l'ancien chef du Mossad de 2002 à 2010, Meïr Dagan, avait mis en garde les électeurs israéliens sur l’état des relations américano-israéliennes. A nouveau, il critique le premier ministre sur la façon dont il a géré les relations avec les États-Unis et surtout avec le groupe P5 + 1 (États-Unis, Grande-Bretagne, France, Chine et Russie, plus l'Allemagne).
          Il lui trouvait une certaine prétention à vouloir s’opposer à ces grandes puissances qui estiment que le désordre est grandissant au Moyen-Orient et que le seul moyen d’y faire face serait d’intégrer l’Iran parmi les nations qui comptent.  Dagan pense à présent que l’affaire est entendue et qu’il est temps que l’on cesse de se battre contre le président américain Barack Obama sur le récent accord nucléaire. Il a relevé l’erreur de «la décision stratégique adoptée par Israël  contre les États-Unis. Le problème est l'Iran, pas le président Obama».

Efforts vains


Aipac

          Les efforts de Benjamin Netanyahou pour  tuer l’accord nucléaire avec l'Iran ont été vains. Le Congrès américain a décidé de mettre fin à des années de confusion américaine sur le nucléaire iranien. Malgré la campagne orchestrée par les lobbies pro-israéliens, 42 sénateurs ont annoncé qu’ils voteront en faveur de l'accord au Congrès. Cependant le premier ministre israélien ne regrette pas sa position et il a décidé de continuer à s’opposer à Barack Obama. Mais il hésite à se rendre à Washington pour rencontrer en novembre les Fédérations juives d'Amérique du Nord.
         Une telle attitude intransigeante d'Israël risque d’isoler davantage le régime israélien de la communauté internationale et de l'Organisation de l'énergie atomique (AIEA), spécifiquement chargée de la surveillance des programmes nucléaires autour du monde. À la conférence annuelle de lutte contre le terrorisme de Herzliya, Dagan a été un critique féroce de la ligne dure du Premier ministre Benjamin Netanyahu concernant l'Iran. Il a réitéré son opposition à toute perspective de frappe militaire israélienne contre les installations nucléaires de l'Iran.
Nous n'avons pas de partenaires avec qui négocier

          L’opération charme de Netanyahou auprès du Congrès à la veille des élections israéliennes a donc été un bide. On ne s’oppose pas impunément au président du plus puissant pays du monde. La conséquence aura été un refroidissement des relations avec l’ami historique mais surtout la rupture avec une partie importante de la communauté juive des États-Unis qui ne tolère pas l’ingérence d’Israël dans les affaires intérieures américaines. La diplomatie israélienne aura beaucoup à faire pour redresser cette situation détériorée.

6 commentaires:

Marianne ARNAUD a dit…

Vu de ma petite fenêtre, impossible d'imaginer que dans sa démarche risquée auprès du Congrès américain, Netanyahou n'était pas sincèrement mu par le désir d'agir dans l'intérêt d'Israël.
Il n'a sans doute pas compris à quel point le vent diplomatique avait tourné, ni pris la mesure de jusqu'où il pouvait se permettre d'aller trop loin, sans nuire
à Israël.

Elizabeth GARREAULT a dit…

Vous auriez dû en rajouter une louche en expliquant combien a coûté, nous coûte et va nous coûter sur le plan économique et budgétaire l'incurie de notre Premier Ministre...mais bon, peut-être pour un autre papier :)

Michel JEFROYKIN a dit…

Comme me disait un de mes amis au kibboutz alors que je lui parlais de l’accueil éventuel de réfugiés syriens ,il me répondit qu'en ce moment on avait un probleme à resoudre bien plus important : Bibi

Fernand COHEN-TANNOUDJI a dit…

Exact, Bibi s’est trompe…Il s’est surestimé, car en vrai il ne peut rien faire…ni aux USA, ni en Europe. Ni à l’ONU, juste être un pompier qui déverse des produits retardateurs de feu depuis un hélicoptère…
Le lobby juif aux USA se meurt (à force d’assimilation essentiellement) (comme celui de l’Europe)…et dans trois à cinq générations, aux USA comme en Europe, il n’y a aura plus que des « origines juives » et ayant un attachement physique très limite à Israël,
Le Senat et le Congres sont de nos jours dépendants des Nouveaux électeurs influents sont : les Hispano-Afro (en Europe les beurs avec le financement du Qatar) qui sont les vrais décideurs des élections…et le vote juif ne compte plus (50/50 gauche-droite et une population vieillissante malgré l AIPAC)
Ce n’est pas Bibi qui a perdu !…c’est Israël qui a perdu !
Seul un Miracle/une redistribution des cartes, (par exemple un tsunami de migrants ou un très gros attentat ou une utilisation d’une arme bacterio-chimique ou nucléaire par un pays) pourra changer la politique des grands de ce monde…pas Bibi…
Le Chaos Management….c’est l’Histoire du Monde… Bibi est le Roi d’Israël en 2015, pas le Roi du Monde.

Jeremy a dit…

"L’opération charme de Netanyahou auprès du Congrès à la veille des élections israéliennes a donc été un bide." sur ce point, je suis plutôt content, je l'avais trouvé limite, dans la provocation. je rajouterai même mal élevé, ce n'était pas son moment ce jour là, il aurait mieux fait de se taire.

André NAHUM a dit…

En somme, nous sommes tous d'accord pour estimer qu'en l'occurrence la politique de Nathanyaou a été désastreuse.
Comment réparer ce gâchis ?