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jeudi 17 septembre 2015

LE SUICIDE DES TRAVAILLISTES BRITANNIQUES



LE SUICIDE DES TRAVAILLISTES BRITANNIQUES

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps

       

          C’est à se demander si les travaillistes britanniques veulent vraiment revenir au pouvoir. On peut se poser la question quand on songe au leader qu’ils ont choisi, certes à la suite d’une victoire inattendue. Jeremy Corbyn est le Jean-Luc Mélenchon d’outre-Manche. Cet ancien député de l’aile gauche a obtenu plus de 60% des suffrages, battant ainsi les candidats de l’establishment Yvette Cooper, Andy Burnham et Liz Kendall. Cette élection a eu lieu malgré la mise en garde de l’ancien premier ministre Tony Blair qui avait prédit qu’une victoire de Corbyn aurait pour effet d’«annihiler» le parti.


            

          Cette élection est consécutive au changement du système électoral interne qui permet à tout citoyen de voter pour la somme symbolique de 5€ en plus des membres cotisants du parti et des syndicalistes.  C’est ainsi que 250.000 personnes ont donné leurs suffrages à Corbyn dans une élection d’un genre nouveau. Les précédents dirigeants avaient été choisis par un collège qui donnait plus de poids aux élus, aux militants et aux syndicalistes.
            Les Travaillistes ont préféré un «gauchiste» aux leaders plus modérés habituels. Il est vrai qu’il avait eu un discours plus percutant en proposant des thèmes de campagne reflétant les inquiétudes sociales du moment. Il s’est engagé à renforcer la solidarité sociale, à éradiquer la pauvreté domestique et à promouvoir la paix à l’étranger.
Corbyn en première ligne le 26 juillet 2014

            Les Israéliens ne peuvent pas se réjouir de cette élection parce que les Britanniques ont élu un partisan acharné des Palestiniens. Le 26 juillet 2014, Jeremy Corbyn avait pris la tête d’un rassemblement à Londres pour protester contre les bombardements israéliens sur Gaza. Mais aujourd’hui son cheval de bataille, actualité oblige, concerne les migrants. Immédiatement après son élection, il a décidé d’une manifestation à Londres en soutien aux réfugiés qui sont arrivés en Europe et dont certains ont été soit mal accueillis, soit rejetés la plupart par les gouvernements européens. Sa première déclaration de leader a été pour eux : «Faisons face à la crise des réfugiés avec humanité, avec soutien, avec assistance, avec compassion. Qui sème le vent récolte la tempête et reconnaissons que l’amertume et les problèmes sont tout ce que nous héritons du va-t-en-guerre».
            Il avait eu jusqu’alors une carrière politique banale, insignifiante. Sa première élection au Parlement date de 1983 et il n’a jamais occupé de poste ministériel ni présenté un projet de loi important. Il s’est cependant toujours aligné sur l’extrême-gauche du parti qui a été en perte de vitesse. Fervent militant pacifiste, membre de longue date et vice-président de la Campagne pour le désarmement nucléaire (CND) il a choisi le camp des Palestiniens. En 1996, le Guardian l’avait qualifié d’«imbécile dont le Parti travailliste pouvait probablement se passer»
Paul Eisen

          La communauté juive britannique n’a pas manqué d’afficher son inquiétude. Selon un sondage, 67% des Juifs britanniques ont dit qu'ils étaient préoccupés par sa victoire. La communauté est en effet inquiète plus de son entourage que de lui-même. Il compte parmi ses amis des amitiés sulfureuses : Paul Eisen, négationniste de la Shoah, Raed Salah le financier palestinien du Hamas,  et l’activiste arabe Dyab Abou Jahjah banni du Royaume-Uni en raison de son extrémisme. Il s’est déplacé au Liban pour rencontrer des représentants du Hamas et du Hezbollah.
Ed Miliband

            Malgré ses relations peu recommandables, Corbyn a bénéficié de la lassitude des militants, déroutés par les deux élections perdues par les Travaillistes. Ils l’ont élu parce qu’ils étaient à la recherche d’une nouvelle identité dans une économie capitaliste ultra libérale. En fait le résultat pourrait être dû au fort soutien de la communauté juive à Israël et aux maladresses des Travaillistes. Ed Miliband, pourtant d’origine juive, avait courtisé les institutions communautaires juives mais il s’était opposé violemment à l’opération «bordure de protection» et avait appuyé la reconnaissance unilatérale d’un État palestinien. C’était le signe d’un gauchissement du parti. La plupart des Juifs historiques du Labour, victimes de courriers antisémites haineux, ont déserté le parti.
Jonathan Arkush

          John Mann, président du Groupe parlementaire, a été «décrit comme un valet du premier ministre israélien, un sioniste nazi, une ordure sioniste». Jonathan Arkush, président du Conseil des députés Juifs britanniques avait déclaré : «Nous aimerions que Jeremy Corbyn donne des réponses directes claires à des questions directes claires et qu’il renonce à toute sorte de soutien ou de liens avec les antisémites, les racistes et les terroristes».

          Le nouveau chef du Labour, qui prône l'abolition de la monarchie, est resté silencieux quand l'hymne national God save the Queen a été entonné lors d'une cérémonie commémorant la Bataille d'Angleterre. Son attitude a fait des vagues, y compris au sein de son parti.
Corbyn ne chante pas l'hymne

          On pensait que la nomination de Corbyn à la tête des Travaillistes pourrait certes le contraindre à modérer ses propos et à ne plus manifester ouvertement ses préférences politiques. Mais il n'en prend pas le chemin après ce couac vis-à-vis de la Reine. Une seule certitude, ce n’est pas un ami d’Israël.

2 commentaires:

David SILICE a dit…

Il a aussi dit, sur Press TV (chaîne iranienne viscéralement antisémite) que la mort de Ben Laden était, je cite, une "tragédie". Cameron peut dormir sur ses 2 oreilles, il restera une législature supplémentaire au 10 Downing Street

kobus van cleef a dit…

Une seule certitude ; ce n'est pas un ami d'Israël....
Mais est il nécessaire pour israël d'avoir des amis, jusque dans les rangs de la gauche britannique ?
Et puis, toulmonde s'alarme, en France et à gauche, de ce dirigeant qui pourrait signer l'arrêt de mort des travaillistes, moi ,ça me va parfaitement