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jeudi 17 septembre 2015

FAUT-IL INTERVENIR AU SOL EN SYRIE ? Par Gérard AKOUN



FAUT-IL INTERVENIR AU SOL EN SYRIE ?

Par Gérard AKOUN
Judaïques FM

La question d’une intervention au sol en Syrie n’est pas, vraiment, d’actualité, mais il ne faut pas se voiler la face, elle finira par se poser de manière de plus en plus pressante. Peut-on se contenter de frappes aériennes  sur les positions ou sur les mouvements de troupes de Daesh, en Irak et en Syrie  pour  vaincre cette  organisation criminelle ?  



Entrainement de Daesh

Les Américains et leurs alliés essentiellement anglais,  n’ont réussi après une année de bombardements parfois intensifs en Irak  et tout dernièrement en Syrie, qu’à limiter l’extension des territoires conquis par le califat. Ils se sont heurtés à des problèmes liés à la géographie de cette région  mais aussi à la rapidité  avec laquelle Daesh pouvait manœuvrer se troupes et  changer ses angles d’attaque.  
La France,  jusqu’à présent, se limitait à bombarder l’Irak en coordination avec les Américains. Lors de sa conférence de presse, lundi dernier, François Hollande a annoncé que la France, de manière indépendante  a-t-il tenu à  préciser «allait procéder à des vols de reconnaissance permettant d’envisager des frappes si c’était nécessaire et ce sera nécessaire en Syrie» mais il a exclu  une intervention terrestre.

Cette précision n’était pas inutile car Français et Américains n’ont pas la même attitude vis avis de Bachar Al Assad. Pour les Français,  il faut  éradiquer Daesh mais aussi chasser Bachar et son clan responsables de la mort de centaines de milliers de Syriens. Les Américains considèrent que Daesh constitue la priorité ; il faut le détruire ; ils évitent donc, soigneusement, de frapper les troupes de Bachar ou son potentiel militaire. L’aviation du dictateur syrien peut ainsi continuer impunément à bombarder et massacrer les populations civiles.
Vous avez pu remarquer qu’il n’y pas eu d’accidents ou d’incidents entre des avions américains et syriens dans l’espace aérien de la Syrie, tout simplement parce que d’une manière ou d’une autre les Américains communiquent leurs plans de vol aux Syriens !!  Affaiblir Bachar, ce serait pour eux, renforcer l’État islamique. Je ne sais pas si les Français se montreront aussi pragmatiques, s’ils choisiront leurs adversaires  mais leurs pilotes prennent le risque de se trouver nez à nez avec un avion syrien piloté peut être par un Russe, d’autant plus que Vladimir Poutine ne cache plus son soutien au dictateur syrien.
Les Russes à Tortous

«Nous soutenons le gouvernement de Syrie, a t’il  déclaré, nous fournissons et nous continuerons à lui fournir aide et assistance technique et militaire». La Russie  veut renforcer sa position en Syrie et surtout assurer la pérennité de sa base militaire de Tartous sur la Méditerranée.  Le président russe n’en démord pas ; il devrait proposer lors de l’Assemblée générale des Nations Unies, le 28 septembre, la formation d’une coalition internationale contre l’État islamique à laquelle serait associé Bachar Al Assad qui représente pour lui le pays légal. Cette nouvelle coalition  n’est  du goût ni des Occidentaux ni de certains pays de la région comme la Turquie ou l’Arabie Saoudite qui veulent la chute de Bachar. Elle n’aura probablement pas de suite.

Mais les frappes aériennes suffiront-elles pour annihiler l’État islamique ? On peut en douter. La seule défaite importante, à ce jour, de  Daesh, est intervenue à Kobane, où les frappes aériennes ont appuyé les combattants kurdes qui défendaient leur ville. Toutefois, les frappes aériennes devront se poursuivre pour contenir le Califat. A un moment donné, une intervention terrestre  sera nécessaire ;  il  faudra  éviter les erreurs commises en Afghanistan, en Irak ou en Libye.  Une nouvelle coalition devra être formée sous l’égide, du Conseil de Sécurité, donc  en accord avec les Russes et comprendre des pays sunnites enfin décidés,  sans ambiguïtés, à combattre l’État islamique. Cette intervention devra, pour atteindre ses objectifs s’accompagner, impérativement, d’un plan de sortie de la crise politique et ethnique où est plongée la Syrie.


1 commentaire:

André NAHUM a dit…

Il aurait fallu se debarasser de Al Assad au début. C'était possible.
Aujourd'hui c'est trop tard
Les Russes ne le laisseront pas tomber à cause de Tartous.
Donc il faudra negocier avec lui et les Russes.
D'une façon ou d'une autre il faut que Bachar Al Assad et les rebelles modérés s'entendent et là le role de Poutine est essentiel. On ne peut rien faire sans lui !
Bachar Al Assad est une sorte de monstre, mais les autres sont-ils mieux ???
Malheureusement, la réalpolitik doit prendre le dessus sur les sentiments !!!!