ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE DEPUIS JUIN 2010 - LE BEST DU BEST OFF - CLIQUER UNE IMAGE POUR LIRE OU ARRÊTER LE DEROULEMENT


ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE - Cliquer l'image pour lire ou arrêter le déroulement

 

samedi 5 septembre 2015

ÉCONOMIE D’ISRAËL : UN GESTE SYMBOLIQUE



ÉCONOMIE D’ISRAËL : UN GESTE SYMBOLIQUE

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps

            

          Moshe Kahlon et Benjamin Netanyahou ont tenu à organiser une conférence de presse commune, le 3 septembre, pour partager la paternité des mesures nouvelles économiques qu’ils ont prises pour pallier la faiblesse ponctuelle de l'économie. Le premier ministre a précisé : «Afin d'encourager la croissance, j’ai décidé avec le ministre des finances Moshe Kahlon de réduire les impôts à savoir de réduire la TVA à 17% et l’impôt sur les sociétés à 25%».


            Mais cette baisse d’impôts n’est pas définitive et le ministère des finances se réserve le droit d’apporter des corrections. Moshe Kahlon menace en effet : «S’il y a d'autres excédents, nous avons l'intention de poursuivre la tendance de réductions d'impôt. Mais si nous nous trouvons face à un ralentissement ou une baisse significative des recettes fiscales, nous devrons faire une correction, et cette correction sera accompagnée par des mesures complémentaires pour rétablir la situation».

Baisse de la TVA

Certes il s’agit d’une légère avancée pour régler le sort des classes moyennes et défavorisées; la mesure est à portée limitée. La tva sera réduite d’un point pour passer de 18% à 17% ce qui réduira les prix de 1%, aussi bien le prix du sucre que celui des voitures. Le gouvernement n’a pas retenu le principe appliqué en France d’une double taxation. 
Mais le gouvernement aurait pu prendre une mesure radicale en portant la Tva sur les produits alimentaires à 7%, comme le demandaient les religieux orthodoxes. Le ministre des finances aurait alors baissé d’un coup les prix de 10% ce qui aurait été une aide sérieuse pour les familles nécessiteuses. Il aurait pu compenser cette faveur par une hausse de la tva «normale» à 20% touchant les produits moins prioritaires, à savoir les biens, les services et les produits de luxe. 

Baisse de l'impôt sociétés


      Pour équilibrer ces mesures auprès des entreprises, l’impôt société passera de 26,5% à 25% ce qui permettra aux entreprises de distribuer 1,5% de plus de bénéfices aux actionnaires. 
            L’ensemble de ces réductions coûtera 6,5 milliards de shekels (1,5 milliard d’euros) au gouvernement. Une baisse plus importante de la tva sur les produits alimentaires aurait donné du pouvoir d’achat à une population qui se serait empressée de consommer, donc de réinjecter les cadeaux financiers sur le marché économique pour stimuler la croissance. La baisse des impôts sur les sociétés gonflera les capitaux détenus par les entreprises et n’aura aucune incidence sur la consommation.
            L’État a les moyens d’offrir des cadeaux fiscaux car il a constaté une baisse du déficit budgétaire (différence entre dépenses et recettes). En juillet il s’établissait à 2,1% du PIB alors que l’objectif était de 2,9% pour l’ensemble de l’année soit une baisse de 8 milliards de shekels alors que des prévisions optimistes les évaluent à 10 milliards. L’on sait que les pays européens ont fixé une limite de 3% au déficit mais que la France et d’autres pays ne pourront pas faire mieux que 4%. Cela donne ainsi une image réelle de la santé économique d’Israël.

Opposition de la banque d'Israël

Karnit Flug

            La présidente de la Banque d’Israël, Karnit Flug, très attachée à la rigueur économique, n’approuve pas ces mesures. Elle estime que tous les surplus de recettes fiscales doivent servir à réduire la dette publique avant d’être distribuée. Il ne s'agit pas de stimuler la consommation privée sachant qu’Israël a perçu 10 milliards pour les seules taxes sur les véhicules en 2014.
Son diagnostic est prudent : «Au cours des derniers mois, il y a eu des signes de ralentissement de l'activité économique, et en particulier une baisse des exportations et de l'investissement. En outre, l'incertitude sur l'évolution de l'économie mondiale a augmenté en raison de la forte volatilité sur les marchés financiers mondiaux ces dernières semaines. Il serait donc imprudent de traiter la collecte de l'impôt sur le surplus qui a été enregistrée au cours des derniers mois comme un développement continu, et de fonder sur elle une révision à la hausse des recettes fiscales attendues l'an prochain. Il serait souhaitable à ce stade de présumer que ce qui est arrivé est une hausse ponctuelle des recettes, et il serait bon de l'utiliser pour réduire la dette publique, les paiements d'intérêts qui représentent un lourd fardeau sur les dépenses du gouvernement».
Moshe Kahlon et Elie Elalouf, le défenseur des classes défavorisées

            Moshe Kahlon a enfin décidé de respecter ses engagements de campagne pour satisfaire les classes moyennes et réduire les impôts. Les mesures sont timides mais il a fait un geste symbolique pour calmer les attentes de ses électeurs. Son intervention sur les prix des logements et sur le pouvoir des monopoles est encore attendue.


5 commentaires:

Paul ZAQUIN a dit…

Un geste symbolique??? Plutôt un geste politique et surtout un geste nègligent envers son électorat!!! Comme d'hab ,promettre et surtout ,surtout ne pas tenir ses promesses

Véronique ALLOUCHE a dit…

Lorsque l'impôt société baisse, cela donne de l'oxygène aux entreprises et permet d'investir et de favoriser l'embauche de façon à augmenter son potentiel. Et pas forcément "de distribuer plus de bénéfices aux actionnaires". Quelle caricature du patronat dans tes propos!
Pour ce qui est de l'augmentation de la TVA, en France même Hollande avoue regretter d'avoir supprimé la hausse voulue par son prédécesseur alors qu'il s'était empressé de la supprimer lors de sa prise de pouvoir. Mais je suis d'accord sur le fait que les produits de base n'auraient pas dû être atteints par cette taxe.
Bien cordialement
Véronique Allouche

Jacques BENILLOUCHE a dit…

@ Véronique

Pour avoir été ingénieur pendant 10 ans à IBM de 1967 à 1977 et pour avoir fondé et dirigé un groupe informatique de 1977 à 2003, employant une centaine de personnes, je dois préciser que ce qui fait l’embauche c’est la recherche de contrats et la qualité des services fournis et non la baisse de l’impôt société qui est, entre parenthèses, de 33% en France.

Véronique ALLOUCHE a dit…

@ Jacques
Pour rechercher des contrats et donner la qualité de service il faut créer de l'embauche. Et l'embauche se fait aussi et surtout par la baisse de charges qui pèsent sur les entreprises. l'impôt société en fait partie.
Moi aussi j'ai été chef d'entreprise et je connais bien ce sujet.
Néanmoins bien cordialement
Véronique Allouche

Arie AVIDOR a dit…

Symbolique, le mot est faible ! Je parlerais plutôt d'une mesure démagogique voire cynique qui découle en droite ligne de la propagande électorale du Likoud comme de Koulanou, le parti de Moshe Kahlon. Il s'agit là ni plus ni moins de l'exploitation d'une situation purement conjoncturelle, l'accumulation d'un excédent de 6 milliards de taxes par rapport aux prévisions sur les transactions immobilières. Or on sait que cet excédent est dû à un réchauffement du marché consécutif à un manque de confiance des particuliers dans les promesses de Kahlon de faire baisser les prix de l'immobilier. C'est là un phénomène tout à fait momentané et rien ne pourra visiblement se substituer à cette "manne" pour alimenter à l'avenir une baisse de la TVA et de l'impôt sur les sociétés. Au contraire, avec des prévisions de croissance à moins de 1% pour l'année 2016, Netanyahou et Kahlon auront tôt fait (comme d'ailleurs ils le laissent prévoir) de ramener la TVA et l'impôt sur les sociétés à leur taux précédent juste après ce petit tour de passe-passe de nos deux "magiciens" !