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samedi 8 août 2015

QUAND LES MIGRANTS N'ÉTAIENT NI DES SANS-PAPIERS NI DES DÉLINQUANTS Par Marianne ARNAUD



QUAND LES MIGRANTS N'ÉTAIENT NI DES SANS-PAPIERS NI DES DÉLINQUANTS

Par Marianne ARNAUD



C'est ce que nous rappelle fort à propos, Manuel Gomez, sur le site Boulevard Voltaire, où il écrit : «Il m'apparaît comme instructif, pour les générations qui n'ont pas connu, ou mal connu ces événements tragiques, de faire souvenir de quelle manière ont été accueillis ces Français lors de leur arrivée dans leur pays, leur patrie, la France».



Qu'on se souvienne donc de ces pieds noirs qui, pour beaucoup d'entre eux, représentaient la France en Algérie depuis des générations, mais abandonnés par l'État français au FLN qui leur avait donné le choix entre «la valise ou le cercueil». Ils débarquèrent en juillet 1962, chez monsieur Gaston Defferre, maire socialiste de Marseille, qui répondit, lors d'une interview à Paris-Presse, à la question :
- «Voyez-vous une solution aux problèmes des rapatriés de Marseille ?»
- «Oui, qu'ils quittent Marseille en vitesse, qu'ils essaient de se réadapter ailleurs et tout ira pour le mieux».
Louis Joxe

Il est vrai qu'au Conseil des ministres du 18 juillet 1962, Louis Joxe, chargé des Affaires algériennes dans le gouvernement Pompidou, qui mena les négociations avec le FLN qui devaient conduire à l'indépendance de l'Algérie le 19 mars 1962, avait déclaré : «Pourquoi ne pas demander aux Affaires étrangères de proposer des immigrants aux pays d'Amérique du Sud ou à l'Australie ? Ils représenteraient la France et la culture française». 
De Gaulle avait renchéri : «Mais non ! Plutôt la Nouvelle Calédonie ! Ou bien la Guyane qui est sous peuplée et où on demande des défricheurs et des pionniers !»

Et Gaston Defferre dira, toujours dans Paris-Presse, le 22 juillet 1962 : «Français d'Algérie, allez vous faire réadapter ailleurs. Il faut les pendre, les fusiller, les rejeter à la mer... Jamais je ne les recevrai dans ma cité». Mais De Gaulle, n'avait-il pas déclaré, lors du Conseil des ministres du 4 mai 1962 : «L'intérêt de la France a cessé de se confondre avec celui des pieds noirs».
Et l'ouverture des archives nous permet de découvrir dans un rapport, ce constat sans appel : «Les Français d'Algérie qui débarquent en Métropole font l'objet d'une froide indifférence, ou même d'appréhensions. On ne les connaît pas. On ne sait d'où ils viennent, ni si ils sont «vraiment» français. Jugés premiers responsables du conflit qui vient de se terminer et qui a coûté la vie de trop nombreux soldats métropolitains, ils ne semblent pas «mériter» que l'on porte sur eux le regard compatissant que beaucoup espèrent».

C'était il y a cinquante-trois ans !

3 commentaires:

Bernard NIVAL a dit…

C'est grâce à eux que furent construites à la hâte ces plaisantes cité du nord de Marseille qu'ils quittèrent peu à peu pour laisser la place à d'autres maghrébins que les patrons firent venir pour ne pas automatiser leurs usines ou pour maintenir les salaires le plus bas possible.

Paul TAYLOR a dit…

The more we give money to corrupt governments in Africa and the Middle East the more we will get immigration issues
Perhaps we should invade and get rid of the despots and run these countries again ourselves
But then we are called imperialists but at least the people are better off than now

AMMONRUSQ a dit…

Un souvenir pénible,encore aujourd'hui !