ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE DEPUIS JUIN 2010 - LE BEST DU BEST OFF - CLIQUER UNE IMAGE POUR LIRE OU ARRÊTER LE DEROULEMENT


ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE - Cliquer l'image pour lire ou arrêter le déroulement

 

mercredi 2 septembre 2015

PLAIDOYER POUR LA GRÈCE Par Max SEMORY



PLAIDOYER POUR LA GRÈCE

Par Max SEMORY

copyright © Temps et Contretemps


La Grèce est de nouveau à la croisée des chemins. L'imbroglio politique, exacerbé par la démission du gouvernement socialiste d'Alexis Tsipras, cache mal un grand désarroi social et économique à même de déboucher sur la faillite totale, la guerre civile, voire le démantèlement du pays d'Aristote.
Les résultats du referendum du 5 Juin reflètent la division des Grecs entre bénéficiaires et oubliés du système : 1 Grec sur 4 vit au-dessous du seuil de pauvreté; 50% des salariés gagnent moins de 700 euros par mois; 1/4 des Grecs, en majorité des jeunes, n'ont pas de travail; de nombreuses PME sont en faillite. Ce sont eux qui ont voté «non» au referendum! 

                                              
                                            
Pourtant, la Grèce moderne a connu deux périodes de croissance économique : La première, de 1950 à 1975;  la seconde, de 2000 à la crise mondiale de 2008, pendant laquelle la croissance de l'économie grecque fut la plus forte de toute la zone euro. L'adoption de l'euro en janvier 2001 avait pour objectif premier de renforcer les synergies avec les autres pays de la zone euro, tout en palliant l'instabilité chronique des Balkans. L'intégration à l'Europe devait permettre de stabiliser la Grèce et produire des effets géopolitiques positifs dans toute la région. Alors, comment en est-on arrivé à une quasi-faillite?
                                            
Une croissance incontrôlée

Pendant toute la période 2000 - 2008, la croissance grecque a été constamment alimentée par la demande, elle-même supportée par un large accès aux crédits européens bon marché. Les Grecs ont emprunté sans compter, à des taux pratiquement identiques à ceux des Français ou des Allemands. En 2010, la dette totale grecque avait pratiquement triplé par rapport à 2001, atteignant 330 milliards d'euros, soit près de 145% du PIB,  pour un pays comptant alors  11 millions d'habitants.
Certains observateurs bien informés prétendent que la Grèce n'aurait pu voir entériner son adhésion à  l'euro zone et entamer sa folle course à la consommation que grâce à des chiffres macro-économiques truqués  -peut-être fournis aux autorités européennes  grâce à l'aide de certains gros cabinets-conseils américains -  attestant d'un déficit budgétaire public inférieur à 3% du PIB du pays, tel que requis par le critère de base des institutions européennes et du FMI, en matière de bonne gouvernance économique. Lorsqu'en 2011, les organismes  européens responsables perçurent enfin la catastrophe pointant à l'horizon, il était déjà trop tard.

La route de l'austérité

George Papandreou

Pourtant, à l'automne 2009,  après  la découverte «des comptes truqués», le nouveau premier ministre socialiste Georges Papandréou avait déjà commencé à prendre, sous la pression des marchés et des partenaires européens,  des mesures de rigueur pour essayer de juguler la dette du pays, réduire le déficit budgétaire et stabiliser l'économie.
Quatre plans d'austérité avaient  été ainsi successivement mis en place, jusqu’à sa démission en novembre 2011, à l'issue du referendum avorté sur l'austérité. Les nombreuses mesures prises comprenaient des hausses d'impôts et de la TVA, le gel des embauches et des salaires dans le secteur public, le relèvement de l'âge du départ à la retraite et l'augmentation des taxes sur les carburants, l'alcool et le tabac.
Les économies budgétaires programmées devaient atteindre quelques 120 milliards d'euros, y compris 50 milliards de privatisations forcées! En foi de quoi, l'Union Européenne et le FMI avaient fait droit à sa requête pour un premier plan triennal d'aide internationale de 110 milliards d'euros, envisagé un deuxième train d'aide évalué à plus de  230 milliards et cautionné un effacement futur de la moitié de la dette grecque aux créanciers privés, pour une valeur de 107 milliards. Les résultats escomptés ne furent pas atteints. Si à la fin de 2009, à l'aube du gouvernement Papandreou, la dette grecque était de près de 300 milliards d'euros, elle est passée à 365 milliards à la fin de 2011, au moment de la passation des pouvoirs.                                                        
De même, alors que cette dette représentait à la fin de 2009 quelque 127% du PIB du pays, elle comptait pour 165% du PIB, fin 2011. En même temps, le chômage se creusait, passant de 11% de la population active à la fin de 2009 à 17.6% à la fin de 2011. Les salaires et le PIB ont piqué du nez, surtout après la crise financière de 2008, et ont à peine récupéré en dépit des opérations de renflouement par les créanciers internationaux, à partir de 2010.                 
Loukas Papademos
                                 
Mais la machine infernale était en marche et ne pouvait que s'emballer, alimentée à la fois par la logique économique et financière interne à  la zone euro et les pressions sociales et politiques au sein du pays. Après la démission de Papandreou et en prévision de la mise sur pied du deuxième train d'aide internationale, le nouveau premier ministre Loukas Papadémos mit en chantier un cinquième plan d'austérité, devant engendrer 350 millions d'euros d'économies budgétaires. 
Le gouvernement de coalition du libéral Antonis Samaras qui lui succéda, accéléra les privatisations, mit en place un sixième plan d'austérité de 18 milliards d'euros, un septième pour 2,5 milliards et repoussa de 2 ans l'échéance prévue de l'équilibre budgétaire; en contrepartie, il reçut en novembre 2012 un moratoire de 40 milliards d'euros sur la dette grecque. Et ce, jusqu’à l'arrivée au pouvoir inopinée, en Janvier 2015, du socialiste Alexis Tsipras.

L'échec de la marche arrière des socialistes

Tsipras, qui avait assuré la victoire de son parti grâce à son opposition sans concessions à la poursuite de l'austérité, savait pertinemment que la Grèce était déjà virtuellement en faillite en 2010; mais il estimait que les pays créditeurs ne voudraient jamais d'une simple restructuration de sa dette, ce que la logique économique imposait  dans le cas d'un pays incapable de payer 100% du capital et intérêts de sa dette, à cause des effets contagieux qu'une telle restructuration pourrait avoir sur les dettes du Portugal, de l'Italie et de l'Espagne, pays ou le parti-anti austérité Podemos devrait tenter cette année de prendre le pouvoir, à  l'image de Syriza en Grèce.            
Yanis Varoufakis
                   
Le radical ministre grec des finances, Yanis Varoufakis, était par ailleurs d'avis que les autorités financières européennes préféreraient surement laisser le train grec poursuivre sa course folle, même jusqu’à nulle part, et dans la foulée, sauver l'euro et les banques européennes et non la Grèce. Varoufakis poussait donc son premier ministre à refuser des nouvelles mesures d'austérité en échange de la poursuite de l'aide internationale. Tsipras rentra de plein pied dans l'engrenage des négociations, en vue d'un troisième plan d'aide internationale.
Du côté des créditeurs : Une Troïka, composée de la banque centrale européenne, du FMI et de l'UE, entièrement dominée par Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des Finances, inflexible dans son opposition à toute dérogation à l'Ordre européen, au prix même du grexit, la sortie de la Grèce de la zone euro. Ces négociations durèrent plusieurs mois et se soldèrent le  13 Juillet, contre toute attente, par un accord sur un 3ème plan d'aide internationale sur 3 ans, d'un montant de 86 milliards d'euros, conditionnée par un important train de "réformes sérieuses" par la Grèce.
Wolfgang Schäuble

Les mesures finalement acceptées par Tsipras sous la pression de la Troïka, et qui motivèrent le départ du gouvernement du ministre Varoufakis, comprenaient essentiellement des réformes importantes d'ordre fiscal, budgétaire, financière et bancaire, des hausses d'impôts et taxes, un programme de privatisations accolé à  un fonds de gestion des privatisations et destiné, sous surveillance internationale, à générer 50 milliards d'euros de recettes ainsi que le transfert de plusieurs prérogatives gouvernementales à la bureaucratie de Bruxelles.
Dès le 14 Juillet, Tsipras avouait  qu'il ne croyait pas à la réussite du nouveau plan d'austérité mais qu'il avait «signé pour éviter le désastre au pays» et éviter une sortie du pays de la zone euro qui aurait pu avoir de graves conséquences économiques internationales. Quant à Varoufakis, il déclarait : «Nous avons trahi la grande majorité du peuple grec» alors qu'un sondage montrait  déjà que seulement 41% des Grecs restaient optimistes quant à l'avenir de l'Europe.

Grexit ou abattre la Grèce
                                                                                                  
La dureté des exigences européennes amena le magazine allemand Der Spiegel à les qualifier de «catalogue des horreurs». La critique des économistes fut très dure. Pour Jonathan Loynes, l'économiste-en-chef de la célèbre société- conseil londonienne Capital Economics, «ce plan repose sur des prévisions pour l'économie et les finances publiques qui relèvent quasiment du fantasme»….Il ne permettra ni de régler les problèmes économiques et budgétaires profonds de la Grèce, ni d'assurer son avenir au sein de l'union monétaire».
Christine Lagarde

La patronne du FMI, Christine Lagarde, pourtant marraine conjointe de l'accord, mais qui ne décidera qu'en octobre prochain si le FMI participe financièrement au plan, ne cacha pas  son amertume (face au diktat allemand ?):  « la dette de la Grèce ne peut devenir viable qu'au travers des mesures d'allégement de la dette allant bien au-delà de ce que l'Europe a accepté d'envisager jusque-là"…."La seule manière de rendre la dette grecque supportable est une réduction de 30% et une période de grâce de 20 ans».
Dominique Strauss-Kahn, patron du FMI en 2010, au moment du premier plan de sauvetage de la Grèce, a appelé les créanciers à «prendre leurs pertes», à rééchelonner une partie de la dette et supprimer l'autre, qu'il reconnaît lui-même comme illégitime puisqu'elle a surtout permis aux banques étrangères de récupérer leurs emprunts et certainement pas à relancer l'économie grecque.  DSK proposa qu'à la suite de ces allégements, la Grèce cesse de recevoir une aide financière  et redevienne maîtresse des méthodes et choix budgétaires, en vue de régler seule ses problèmes.
Face au problème grec, ce sont les politiques d'austérité qui font maintenant l'objet d'une réévaluation, à l'initiative des plus grands noms de l'économie mondiale; pour ces économistes, les politiques restrictives, qui s'efforcent d'agir sur la dépense publique en la comprimant, et sur la dépense sociale en augmentant les cotisations et en limitant les prestations, expliqueraient l'impuissance de l'économie grecque à se relever. En fait, ces politiques ont pour effet de freiner l'activité économique et de réduire la progression du pouvoir d'achat, notamment des bénéficiaires de prestations sociales. Ces politiques contribuent donc généralement à accentuer les inégalités sociales.                                                       
La Grèce en marge de l'Europe

Anastassios Anastassiadis

L'opposition de nombreux économistes aux divers plans de sauvetage de la Grèce donnent bien la mesure de la situation particulière de la Grèce en Europe, des points de vue historique, social, économique et financier. L'historien grec Anastassios Anastassiadis, professeur à l'Université McGill de Montréal, dans une interview donnée en mars 2012, explique «que l'État grec est en fait une ancienne province ottomane devenue indépendante. A la fois son système fiscal et son régime foncier suivent la logique ottomane. Dans le domaine juridique, le droit islamique s'imbrique avec le droit coutumier, mais aussi, pour les chrétiens, avec le droit ecclésiastique et donc byzantin». À cet égard, le code civil n'a été promulgué qu'au vingtième siècle et le cadastre n'a réaménagé que récemment, sous l'impulsion de l'UE.                       
En ce qui concerne l'impôt, il ajoute «que la structure de l'économie grecque est marquée par le poids de l'agriculture et du commerce», ces deux groupes devenant les bénéficiaires du système : redistribution des terres et allégement fiscal pour les uns, allégement fiscal pour les autres. En même temps, les professions libérales, les financiers, l'Église et les armateurs ne connaissent aucun alourdissement de leurs charges.  Un autre facteur explique le retard de la Grèce, selon l'historien grec : Alors qu'après la Deuxième Guerre mondiale, «le reste de l'Europe (à l'ouest au moins) se reconstruisait grâce au Plan Marshall, en Grèce, ce même Plan servait à financer la guerre civile qui a duré de 1946 à 1949. Ce n'est qu'en 1950 que l'État grec put commencer sa phase de reconstruction, avant de basculer dans la dictature des colonels de 1967 à 1974».
Face à ces données de base, les reformes exigées par les Européens au fil des plans de sauvetage apparaissent comme nécessaires, mais dans un timing beaucoup plus long et accompagnées de moteurs de croissance et de mesures de sauvegarde  répondant mieux aux objectifs sociaux que, notamment, l'Allemagne ne veut pas accorder à une Grèce encore inadaptée à la zone euro.

L'intransigeance allemande

C'est un fait établi que les récentes négociations ont exacerbé les relations gréco-allemandes: Les Grecs ne sont pas loin de penser que ce qui caractérise l'Allemagne, c'est son incapacité chronique à partager et à collaborer avec les peuples qu'elle domine, hier militairement, aujourd'hui économiquement. Elle ne sait qu'imposer son mode de fonctionnement. Les hommes politiques grecs et la presse ont même largement utilisé l'occupation de la Grèce pendant la deuxième guerre mondiale  pour essayer de contrecarrer l'opposition allemande à leurs doléances financières vis à vis de l'Europe. Les opinions à cet égard de Daniel Cohn-Bendit ou de Thomas Piketty ont fait recette.
Cohn-Bendit

Pour Cohn-Bendit, «les Allemands devraient se souvenir de tout ce qu'ils ont pillé en Grèce pendant la seconde guerre mondiale…Avec les intérêts, ce sont 81 milliards d'euros qui sont dus à Athènes… Pourquoi ne pas considérer que sauver la Grèce est stratégique, au lieu de mettre ce pays à genoux?»
Quant à Piketty, après avoir rappelé dans son livre Le capital au 21eme siècle que l'Allemagne avait bénéficié d'une restructuration de sa dette en 1953, ce qui lui permit de remettre son économie sur les rails, ajoute : "Ce qui m'a frappé, en écrivant ce livre, c'est que l'Allemagne est vraiment le meilleur exemple d'un pays qui, au cours de l'histoire, n'a jamais remboursé sa dette, ni après la Première, ni après la  Seconde Guerre Mondiale. L'Allemagne n'est pas légitime pour faire la leçon aux autres nations».
À ce propos, les différences de traitement entre l'Allemagne des années 1950 et la Grèce d'aujourd'hui face à leurs dettes, sont éloquentes: La dette allemande a été réduite après la guerre de près de 63%; la réduction accordée à la Grèce en mars 2012 est infiniment moindre et ne concerne que les dettes privées. Le plan de sauvetage grec ne contient aucun moteur de croissance alors que le plan d'aide à l'Allemagne avait contribué largement à relancer son économie. La Grèce doit privatiser à outrance en faveur des investisseurs étrangers alors que l'Allemagne avait été encouragée à renforcer son propre contrôle sur ses secteurs stratégiques.  
La Grèce, en déficit commercial chronique, doit rembourser en euros, alors que l'Allemagne pouvait faire marcher la planche à billets et rembourser en marks dévalués. La banque centrale grecque n'a pas le droit de prêter au gouvernement, contrairement à l'Allemagne d'alors.
L'Allemagne devait consacrer au maximum 5% de ses revenus d'exportation au service de sa dette alors qu'aucune limite n'est fixée pour la Grèce. Les bons d'état émis par la Grèce pour financer son déficit budgétaire sont maintenant soumis à la juridiction du Luxembourg et du Royaume-Uni (réputés favorables aux créanciers prives) alors que dans l'Allemagne d'alors, les tribunaux allemands tranchaient. L'Allemagne avait reçu le droit de suspendre ses paiements pour en renégocier les termes, en cas de changement important dans la disponibilité de ses ressources. Rien de similaire dans l'accord grec.                                                                                                   
La dette de guerre allemande

          Dans son discours d'investiture, Tsipras avait soulevé le problème de la dette de guerre allemande et demandé réparation. Début 2010, l'ancien vice-premier ministre grec, Theodoros Pangalos, avait déjà lancé à la BBC : «Ils ont pris les réserves d'or de la Banque de Grèce, ils ont pris l'argent grec et ne l'ont jamais rendu. Il faudra bien aborder ce sujet un jour ou l'autre». En Décembre de la même année, le secrétaire d'État grec aux finances chiffrait la dette allemande envers la Grèce à 162 milliards d'euros, à comparer avec la dette grecque qui s'élevait à la fin de 2011 à 350 milliards d'euros.
Ces griefs de la Grèce, tout en paraissant totalement justifiés, souffrent malheureusement des avatars de la diplomatie occidentale de l'après-guerre; bien que les contributions imposées par l'Allemagne nazie dès l'occupation de la Grèce en 1941, au titre de l'effort de guerre, n'ont jamais été remboursées à la Grèce, les accords signés à Londres en 1953 en vue de fixer le montant des dettes extérieures contractées par l'Allemagne de 1919 à 1945 ne tiennent aucun compte de ces emprunts forcés; et aux yeux de l'Allemagne, la Grèce n'a aujourd'hui aucune légitimité à réclamer des réparations. Le journal Le Monde explique que «L'objectif stratégique des alliés était en fait d'édifier une Allemagne forte et sereine plutôt que ruinée et humiliée».

Il est vrai que la Grèce a quand-même bénéficié de dons dans le cadre du Plan Marshall, à concurrence de 706 millions de dollars; qu'elle a reçus en 1960 quelques 58 millions d'euros dans le cadre d'un accord de réparations avec plusieurs pays européens et Israël, et que l'Allemagne participe à l'aide européenne a la Grèce. Mais comparé au saignement de la Grèce par les nazis! Alors, demande le site Metro news : «Face à la Grèce, l'Allemagne est-elle tout simplement ingrate? Non, répondent ceux qui  prétendent que Wolfgang Schauble est tellement populaire en Allemagne, en tant que gardien de l'orthodoxie monétaire, qu'Angela Merkel jouerait sa survie politique si elle cédait aujourd'hui à Alexis Tsipras! L'économiste Paul Krugman va même plus loin, prétendant «qu'une reddition substantielle n'est pas suffisante pour l'Allemagne, elle veut un changement de régime (en Grèce) et une humiliation totale».     
Plaidoyer pour la Grèce

Lorsque l'institut espagnol EIPCP, supporter connu de Syriza et de Podemos, écrit que «la Grèce est devenue un laboratoire pour l'Europe. On teste sur des cobayes humains des méthodes qui seront ensuite appliquées au Portugal, à l'Espagne,  à l'Irlande, à l'Italie et ainsi de suite», on peut raisonnablement  s'inquiéter pour l'avenir de la Grèce, ainsi que des autres pays du sud et de l'est de l'Europe, lorsque l'habilité à payer ses dettes semble devenir le critère principal pour survivre dans la zone euro.
Les Européens semblent avoir commis une erreur majeure en construisant une monnaie unique pour des pays avec des politiques économiques, des taux de productivité et des cultures politiques différents. Le payement de sa dette ne résoudra pas le problème de la Grèce dans une Europe ou l'union monétaire a précédé l'union politique et où se pose avec acuité le problème de la démocratie. La Grèce, berceau de la démocratie, l'un des creusets de fusion de la civilisation judéo-chrétienne, remet maintenant en question l'avenir de l'Europe.
                                                                                                                                                                                           
           


3 commentaires:

CLAUDE a dit…

Ne faudrait-il pas, tant qu'il en est encore temps, abandonner le "fleuron" appelé l'euro, et qui n'a fait que créer la D M E (désunion monétaire européenne)?

Le fameux euro qui conduit petit à petit chaque pays membre de la "désunion", a appauvrir les peuples, aurait dû s'appeler le "marko", en référence à l'Allemagne dont ses dirigeants actuels, y compris leur "Angela" gardienne, ont la mémoire courte...

Allez ! Un grand merci aux autres dirigeants qui plient lamentablement, et avec une magistrale génuflexion devant cet État qui fait la loi dans ce que l'on a qualifié d' Europe!!!
... Où sont donc les Jean Monnet et les autres, qui ne pensaient pas encore à la "monnaie unique", mais à une possible réunification politique ?
Claude

Avraham NATAF a dit…

Bon article, bien recherché, l'Allemagne d’après guerre était courtisée face au danger communiste

Véronique ALLOUCHE a dit…

Après deux guerres mondiales dévastatrices il fallait fonder l'unification européenne pour que les nationalismes exacerbés enfin se taisent.
De fait, depuis la mise en œuvre de l'Europe, les conflits armés entre voisins ont cessé.
Concernant l'euro, monnaie la plus forte après le dollar qui récemment était presque à parité avec la monnaie américaine, il a le mérite de peser dans l'économie mondiale.
Revenir au franc, comme le souhaite Marine Le Pen par exemple, ce serait revenir à l'ère préhistorique avec des dévaluations en chaîne et un chômage encore plus large.
Si l'Allemagne est le chef d'orchestre de l'Europe et la plus dure envers la Grèce, c'est peut-être parce qu'elle a prouvé à tous sa détermination à réussir cette entreprise commune en se retroussant les manches bien plus et bien mieux que ses voisins.
L'Europe politique passe d'abord par une Europe économiquement solide et non l'inverse à mon sens.
Cela viendra.
Bien cordialement
Véronique Allouche