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mercredi 5 août 2015

LES DOUTES SUR LE CONTENU DE L’ACCORD IRANIEN



LES DOUTES SUR LE CONTENU DE L’ACCORD IRANIEN

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps

Les services de renseignements israéliens distillent jour après jour les informations recueillies par leurs services d’écoute durant les dernières années des discussions nucléaires avec les Iraniens. Ils cherchent à établir que les Occidentaux ont consenti de larges concessions pour parvenir à un accord a minima avec l’Iran. Mais des manoeuvres américaines tendent à cacher la réalité au public.



La joie iranienne

Dès le 26 novembre 2013, soit trois jours après la signature de l’accord intérimaire, les négociateurs iraniens se glorifiaient déjà auprès des autorités iraniennes qu’ils avaient obtenu un accord totalement favorable à leurs thèses. Au vu de l’accord final signé, le doute n’est pas permis pour eux. Selon le verbatim de certains enregistrements, ils ont confié au Guide suprême qu’ils avaient obtenu l’assurance auprès des Américains qu’ils pouvaient continuer à enrichir de l’uranium en Iran même.
Au début des discussions, les Américains avaient toujours refusé d’accorder aux Iraniens le droit à l’enrichissement de l’uranium mais ils ont dû revenir sur leurs engagements. Pourtant les responsables américains et européens, qui s’étaient rendus en Israël au cours du mois de mai, avaient assuré qu’ils n’accepteraient en aucun cas ce droit en raison des violations répétées du Traité de non-prolifération (TNP) nucléaire par l’Iran : «Notre objectif est que dans l’accord final il n'y aura pas d'enrichissement du tout sur le territoire iranien». 
Wendy Sherman

Barack Obama avait réitéré, au forum Saban en décembre 2013, cette interdiction d’enrichir des matières fissiles en Iran. Ces promesses n’ont pas été tenues. Dès février 2014, Wendy Sherman, chef de la délégation américaine aux pourparlers avait estimé qu’il «n’était pas réaliste» d’interdire aux Iraniens l’enrichissement de l’uranium.

Des décisions suspectes

Ces informations proviennent soit de source iranienne soit directement auprès des négociateurs qui ont estimé devoir informer les Israéliens de l’état d’avancement des négociations. Pour amadouer Netanyahou, il avait été convenu que l’Iran ne pourrait pas stocker d’uranium. On était revenu sur cette promesse en acceptant que les Iraniens en gardent une petite partie, le reste devant être transféré en Russie. Or dans l’accord final, l’Iran est autorisé à conserver 300kgs d’uranium enrichi mais a obtenu aussi le droit de vendre les huit tonnes d’uranium enrichi stocké à ce jour.
Usine de Fordo

L’usine de Fordo est typique des concessions offertes à l’Iran. Cette installation a été construite en violation flagrante du TNP. Les Américains avaient garanti aux Israéliens que l’usine serait démantelée et les principales structures détruites. Or l’accord final prévoit le maintien sur place de 1.044 centrifugeuses sur les 3.000 existantes actuellement.
Natanz

Le cas de l’usine de Natanz est un autre exemple de concessions offertes. En effet, 5.060 centrifugeuses sur les 19.000 existantes resteront en fonctionnement alors que les Américains avaient assuré au début des négociations qu’ils en exigeraient la totale destruction. Les structures restent donc en place donc elles pourront être réactivées à tout instant.

Les renseignements israéliens ont fait état de deux nouveaux types de centrifugeuses, IR-6 et IR-8 qui représentent un potentiel de croissance dans le développement de la centrifugeuse avec une performance 16 fois plus grandes que les générations actuelles. Les nouvelles centrifugeuses peuvent permettre aux Iraniens de mettre en place des petites structures d’enrichissement, difficilement détectables, qui pourront tourner à plein régime et qui videront l’accord de toute substance. C’est pourquoi les Israéliens doutent de l’efficacité des experts chargés de contrôler le programme iranien. L'AIEA avait demandé à interroger les scientifiques iraniens, dirigés par le professeur Mohsen Fakhrizadeh, surnommé «The Brain» par le Mossad. Mais l’accès à ces responsables du programme nucléaire lui a été refusé.
Mohsen Fakhrizadeh


Lignes rouges

Si la méthode utilisée par Netanyahou pour contrer l’accord peut être sujette à critique, il existe cependant une certitude : les négociateurs occidentaux ont franchi toutes les lignes rouges qui avaient été tracées parce qu’ils voulaient atteindre à tout prix leurs objectifs. Mais d’autres éléments sont sujets à inquiétude. Des documents non classifiés commencent à émerger malgré le souci de Barack Obama de les interdire au public. Le Congrès a jugé le 19 juillet que 17 documents étaient en conformité avec la législation et il n’a classé "secret" qu’un seul d’entre eux.  Mais le Département d’État a imposé le «huit clos» à tous les textes, exigeant ainsi une autorisation spéciale pour les lire à l’intérieur de structures bien définis. Les lecteurs devront avoir une habilitation de sécurité pour y avoir accès. La question se pose de comprendre pourquoi les États-Unis exigent de mettre ces documents à l’abri du public et ce qu’ils cherchent à cacher ce qui ne figure pas dans les textes e l’accord publié.
Parmi les 17 textes non classifiés, mais non accessibles, figure un document très important intitulé «Éléments du plan de recherche et développement de l'Iran» qui décrit dans le détail le programme nucléaire iranien et la façon dont la gestion des centrifugeuses pourrait progresser au fil du temps. Les Américains ont estimé qu’ils devaient cacher ces documents ainsi que les échanges diplomatiques sensibles comme d’une part, les lettres des ministres des Affaires étrangères de la France, de l'Allemagne et du Royaume-Uni au secrétaire d'État John Kerry et d’autre part, celle de Kerry à ces trois pays et à la Chine. Y avait-il des éléments à cacher au public ? Une explication succincte a été avancée : les Iraniens ne voulaient pas que leur programme nucléaire soit exposé au public. On fait bien cas des exigences non justifiées des Iraniens. Mais le comble reste que les membres du Congrès ne peuvent pas examiner les documents dans leurs bureaux, ou les partager avec des collègues de confiance ou avec des experts en la matière.
En cherchant à camoufler, avec beaucoup de zèle, des textes aussi fondamentaux pour l’avenir sécuritaire du Moyen-Orient, et d’Israël en particulier, on ne peut que créer des doutes sur le véritable contenu de l’accord iranien. Gageons que les services de renseignements israéliens obtiendront, tôt ou tard auprès de sources fiables iraniennes, des éléments qui expliqueront certainement les réserves américaines.

2 commentaires:

andre a dit…

Il a toujours eu raison Netanyahu de se méfier de Obama et des iraniens. On ne comprend toujours pas pourquoi la gauche israélienne, dont des généraux retraités veut a toute force que le Premier ministre se couche et accepte un accord truquée!

Marianne ARNAUD a dit…

Cher monsieur Benillouche,

La politique des États-Unis n'ayant tenu compte, de tout temps, que de ce qu'ils considèrent comme de leur intérêt, et se donnant, quel qu'en soit le prix, toujours les moyens de l'appliquer, on ne voit pas pourquoi en cette occurrence il serait autrement.

Très cordialement.