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vendredi 28 août 2015

IL FAUT SAUVER LE SOLDAT BIBI



IL FAUT SAUVER LE SOLDAT BIBI 

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps



Il faut sauver le soldat Bibi. Alors ses amis ont envoyé l'officier Barak au feu pour sauver ce qui peut être encore sauvé. C’est beau la solidarité de caste. Barak lui devait bien cela, lui qui avait réussi à garder son poste de ministre de la défense malgré sa défaite aux élections, lui qui avait fait éclater le parti travailliste pour quelques…. Portefeuilles de plus.



Un boulevard politique

Jusque-là, Bibi avait un boulevard politique face à un Herzog atone, un Kahlon ficelé et un Lapid en moyenne forme depuis qu’il s’est discrédité au ministère des finances.  Bibi avait la même trajectoire que Sarkozy, son frère jumeau en politique, mais un jour une pierre s’est introduite dans les rouages pour briser l’élan. Alors il s’agit absolument d’écarter toute concurrence même au prix de mensonges.

Gabi Ashkénazi vient d’apparaître brutalement au-devant de la scène pour lui voler la vedette.  Un général très populaire, qui s’y connaît en sécurité et qui a réorganisé une armée mise entre les mains d’une équipe partisane du tout-aviation qui l’avait démantelée, peut être calife à la place du calife et renvoyer le Likoud dans l’opposition. Il représente l’espoir pour certains et le sauveur pour d’autres.
On ne sait pas si Ashkénazi est un homme de gauche ou de droite, il n’a jamais fait de politique. Il n’a diffusé aucune déclaration et ne s’est pas porté officiellement candidat à aucun poste quelconque. Mais, pour Netanyahou, il est dangereux politiquement car il peut rassembler. Il peut rassembler les déçus du Likoud lassés du pouvoir personnel de Netanyahou. Il peut amener à lui les désenchantés de Koulanou qui ont trop cru à Kahlon et qui avaient espéré un changement radical de la politique économique du gouvernement. Il peut amener à lui les centristes de Lapid en attente d’un chef sécuritaire confirmé. Il peut rallier à lui les travaillistes endormis sous la direction d’un leader atone et qui rêvent d’un meneur charismatique. Il peut même séduire les Druzes dont les fils ont crapahuté à ses côtés dans le régiment Golani.

Problèmes sécuritaires

Je suis vraiment content qu'il soit notre voisin. Son linge est très intéressant

La notion de droite ou de gauche, importée d’Europe, n’a pas de signification en Israël car, hormis les extrêmes, les deux clans œuvrent pour la sécurité du pays et n’ont aucune intention de mettre en danger la vie des Israéliens. Ashkénazi ne pourra se distinguer que sur son programme économique qui devrait être moins ultra-libéral, sur les mesures à l’égard des classes moyennes matraquées par un coût de la vie en constante progression,  sur la solidarité à l’égard des défavorisés qui survivent dans un monde israélien égoïste, et sur les mesures pour ranimer une économie en perte de vitesse.
Longtemps protégée de la crise économique mondiale, l'économie israélienne a ralenti à partir de 2011 et a ensuite stagné autour de 3%, du fait du ralentissement de la consommation et d'une moindre demande extérieure. La croissance s'est établie à 2,5% en 2014, alors que le pays a connu une année mouvementée. Le PIB (produit intérieur brut) n’a augmenté que de 0,3% durant le deuxième trimestre 2015 limitant ainsi la croissance annuelle à 3%, voire moins. Nous sommes loin d’un PIB à 6,6% pour le dernier trimestre 2014 et à 2% pour le premier trimestre 2015.
Mais selon les hauts dirigeants de Tsahal, le problème de l'Iran est secondaire par rapport au problèmes à la frontière Nord. En revanche l'économie du pays prête à inquiétude. Un nouveau rapport publié par le ministère israélien des Finances montre que le deuxième taux de croissance du trimestre d'Israël de 0,3% est inférieur à celui de nombreux pays de l'OCDE qui luttent dont l'Espagne, la Grèce et la zone euro. C'est une situation grave.


Mais ce qui choque dans ce combat de chefs, ce sont les méthodes de Barak qui ne se comporte pas en homme d’État. Pour sauver son suzerain, il est prêt à toutes les manœuvres, même les plus dégradantes, après avoir été un temps suspecté d’avoir trempé dans l’affaire Harpaz. Le moment de ses révélations n'est pas un hasard. Pour arriver à ses fins, il se permet de trahir des secrets d’État et de mettre sur la place publique des débats secrets au sein du Cabinet de sécurité, le saint des saints. En fait il cherche à discréditer l’ancien chef d’État-major Ashkénazi pour le faire apparaître comme un pleutre ayant peur de l’Iran afin de l’éliminer de la course à laquelle il voudrait bien à nouveau participer. Alors, il gère l’information à sa manière, jusqu’à prendre des libertés avec la réalité.

Frappe contre l’Iran


Il a en effet affirmé que Gaby Ashkenazi, en tant que chef d’État-major, s’était opposé le premier à une frappe contre l’Iran durant les années 2010 à 2012. Il ne précise pas qu’il n’avait pas été le seul militaire à avoir des réticences. À son départ du Mossad, Meïr Dagan avait renoncé à son devoir de réserve et avait fait plusieurs déclarations publiques controversées concernant une éventuelle attaque militaire israélienne sur les installations nucléaires de l’Iran. Il avait alors contredit ouvertement la position du premier ministre Benjamin Netanyahou en jugeant «l’idée stupide» lors d'une conférence en mai 2011. Dagan avait réitéré son opinion sur CBS en mars 2012 en disant qu'il considérait l’Iran comme un «régime très rationnel». Il avait enfin récidivé en menant une charge féroce contre Netanyahou dans une interview, le 27 février 2015, au quotidien Yediot Aharonot.
Général Meïr Dagan

Cette constance dans la critique n’est justifiée par aucun contentieux existant entre ces deux personnages de l’État qui ont longtemps collaboré. Son passé militaire glorieux et ses actes de bravoure au sein de l’armée confortent l’idée que Dagan n’a pas adopté cette position à la légère. Le problème iranien est un sujet qui le préoccupe et il n’élimine pas d’un revers de main le danger iranien : «un Iran nucléaire est une réalité qu'Israël ne sera pas en mesure de se réconcilier avec».
Cependant la manière dont la question a été gérée par Netanyahou explique sa condamnation sans appel : «La personne qui a causé le plus de dommages à la stratégie israélienne sur la question iranienne est le premier ministre». L’Iran, selon lui, avait manifesté dès 1988 sa volonté d’acquérir des armes nucléaires mais ce n’est qu’en 2002 qu’Ariel Sharon avait mesuré l’étendue du défi auquel était confronté Israël.

Dagan avait confirmé que les militaires, Ashkénazi en particulier, auraient obéi aux décisions des dirigeants politiques car ils respectent le principe de la démocratie qui met l’armée aux ordres du pouvoir politique : «Nous étions opposés à l'option militaire, mais il n'a jamais été question de nous rebeller contre lui. C’était au premier ministre de prendre une telle décision. Nous n’avons fait qu’exprimer nos opinions professionnelles. Mais il ne voulait pas prendre une telle décision dramatique sans le soutien des chefs militaires car il refusait de prendre seul la responsabilité de quoi que ce soit. Il est formidable quand il s’agit de mots, mais pas quand il s’agit de prendre des mesures concrètes». L’armée avait exigé un ordre écrit pour attaquer qui ne lui a pas été donné. Netanyahou n'a pas voulu prendre les risques.

Ashkenazi n’était pas le seul opposant à la frappe contre l’Iran. Il avait transmis au gouvernement tous les éléments techniques qui justifiaient sa position et en particulier l'absence d'aide logistique américaine indispensable pour une action à 3.000 kms des bases. Tous les chefs sécuritaires, qui détenaient les mêmes informations confidentielles, ont abondé dans le même sens. Deux ministres, Moshe Yaalon, ministre des Affaires stratégiques de l’époque, et Yuval Steinitz, ministre des finances avaient suivi les recommandations d’Ashkénazi. Le refus de Yaalon et de Steinitz, qui faisaient partie des huit membres du cabinet de sécurité restreint, a privé Netanyahu de la majorité nécessaire pour organiser la frappe. 
Le président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, Tzachi Hanegbi du Likoud a ordonné une enquête pour établir si Ehud Barak n'avait pas failli à l'obligation de censure en permettant que ces détails secrets soient dévoilés au public.

Ygal Palmor

Barak devra trouver d’autres arguments pour «assassiner» Ashkenazi. Son passé militaire glorieux ne peut pas lui permettre d’afficher sa haine avec autant d’aplomb. Nous laisserons conclure Ygal Palmor, ancien porte-parole d’Israël : «Bibi et Barak se connaissent depuis la Sayeret Matkal,  alors que Ashkenazi a fait sa carrière à la brigade Golani. C'est un monde à part et un dédain mutuel qui sont en jeu. Barak se prend pour un maître des tours de passe-passe politico-militaires, mais ses manœuvres alambiquées ne lui réussissent pas vraiment, car il est loin le temps des commandos. Son récit n'a rien de crédible car il tente vraisemblablement de servir sa propre gloire, même, et c'est lamentable, au prix de divulgation de secrets d’État».

3 commentaires:

Ghislaine HALIMI NOUCHI a dit…

je cautionne totalement ce qu a dit ygal palmor! Barak avec toute l amitie que je lui porte a ete un fossoyeur de tout

David SILICE a dit…

Etre opposé à des frappes contre les installations nucléaires iraniennes, qui ont pour but de rayer Israel de la carte (je le rappelle) est irresponsable.

Quant au passé glorieux d'Ashkénazi, on peut lui opposer celui de Barak, militaire le plus décoré de l'histoire d'Israel.

Je vous fiche mon billet que, quel que soit l'opposant à Bibi, Netanyahu gagnera les prochaines législatives les doigts dans le nez.

Marianne ARNAUD a dit…

Le moins qu'on puisse dire est que les avis semblent partagés.