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jeudi 9 juillet 2015

OBAMA VEUT MISER SUR LA TUNISIE



OBAMA VEUT MISER SUR LA TUNISIE

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps


Marzouki de retour de son épopée ratée de la flottille

Malgré l’attentat sanglant qu’ils ont subi de la part des djihadistes, les Tunisiens persistent dans leur opposition systématique à Israël. Selon le témoignage d’un témoin qui vient de rentrer du pays, «nous avons le soir même rendu hommage aux malheureuses victimes britanniques mortes sur cette plage». Cette commémoration pacifique a été perturbée par des jeunes qui ont agité un grand drapeau palestinien. Le représentant officiel de la Palestine s’est même déplacé pour prononcer un discours alors que le lien avec l’assassinat de touristes est douteux. Il semble qu’il ne rate jamais une occasion, même hors-sujet, de récupérer au profit de sa cause tout ce qui pourrait faire parler du conflit palestinien.




Et pendant ce temps des Juifs persistent, avec un certain désenchantement à l’instar de notre témoin, à se rendre en vacances en Tunisie : «J'ai surtout compris la manipulation et la récupération de cet événement dramatique pour accuser encore Israël de tous les maux de la terre. Cela a été le moment le plus désagréable du voyage».

Nouvel ambassadeur

Daniel Rubinstein


C’est cet instant qui a été choisi par Barack Obama pour nommer le nouvel ambassadeur des États-Unis en Tunisie. Une telle nomination n’est jamais fortuite et elle représente souvent un symbole fort ainsi qu’un message transmis aux autorités du pays. Le président américain a choisi un Juif pour représenter son pays, un grand diplomate expérimenté dans les relations avec les pays arabes.
Daniel Rubinstein a été consul général et chef de mission à Jérusalem de 2009 à 2012, chef de mission adjoint à l'ambassade américaine à Amman, en Jordanie de 2005 à 2008, et chef de l’Unité civile d'observation dans la Force multinationale et Observateur dans le Sinaï, en Égypte. Auparavant, il avait servi comme directeur de l'Office d'Israël et des affaires palestiniennes au sein du Département d'État de 2004 à 2005. Daniel Rubinstein parle plusieurs langues étrangères dont l'arabe, l'hébreu et le portugais.


Cette nomination vient après un éditorial qui engage toute l’équipe de la rédaction du journal américain New York Times. Le Président de la République tunisienne est pris à partie pour avoir déclaré «l’état d’urgence», laissant craindre que cette décision lui donnerait le pouvoir de limiter «beaucoup de libertés pour lesquelles les Tunisiens avaient combattu l’ancien Président Zine al-Abidine Ben Ali». Barack Obama veut sauver ce qu’il peut encore sauver de ce qui fut la première démocratie du monde arabe mais qui a sombré dans un islamisme ténébreux. Il voudrait faire de la Tunisie le laboratoire capable d’atténuer le sentiment anti-américain dans les pays arabes afin de réactiver des relations distendues. Un diplomate juif serait chargé d’éliminer les réticences des grandes entreprises américaines qui hésitent à investir en Tunisie et de promouvoir le commerce et l’investissement. Son rôle primordial consisterait aussi à ménager les susceptibilités du puissant lobby américain pro-israélien qui n’approuve pas l’attitude des autorités tunisiennes à l’égard d’Israël. Certaines entreprises américaines ignorent volontairement la Tunisie.

La présidente de la chambre de commerce américano-tunisienne, Amel Bouchmaoui Hammami,  avait estimé à juste titre que la présence américaine, à peine 77 entreprises, est faible en Tunisie : «Malgré son importance et son employabilité (14.000 postes de travail), ce nombre d’entreprises reste au-dessous de nos ambitions et de nos efforts comme il est très minimal par rapport au nombre des entreprises américaines dans la région d’Afrique du nord et du Moyen-Orient».

Consolider l’armée


Le nouvel ambassadeur, rompu aux affaires du Moyen-Orient, aura à régler la  question de la consolidation d’une armée tunisienne presque embryonnaire, volontairement laissée pour compte par les présidents Bourguiba et Ben Ali depuis l’échec du coup d’État de décembre 1962 fomenté par une dizaine de généraux, fusillés à l’époque. L’ancien président, Moncef Marzouki, le héros déçu de la nouvelle flottille de Gaza, avait demandé aux États-Unis de lui fournir douze hélicoptères militaires pour que ses forces armées combattent le terrorisme djihadiste. Il avait estimé qu'un tel achat serait «extrêmement onéreux» laissant entendre qu’il souhaitait des conditions avantageuses pour les acquérir.

La Tunisie paie son erreur stratégique de ne pas s’être mise à la hauteur de sa réputation, usurpée peut-être, de peuple pacifique et modéré. Elle a subi des influences néfastes depuis l'installation en 1982 du palestinien Yasser Arafat en exil à Tunis. Et pourtant le président Habib Bourguiba avait opté pour le pragmatisme dans son approche du conflit israélo-arabe. 
La Tunisie ne s’est pas remise du départ en masse de ses 105.000 Juifs tunisiens qui ont quitté leur pays parce qu’ils avaient estimé que la création de l’État d’Israël en 1948 les avaient rendus suspects aux yeux des dirigeants tunisiens qui les assimilaient tous à des sionistes. Elle avait alors décidé de prendre le parti de ses «frères» arabes pour n’en tirer d’ailleurs aucun profit tangible. Elle a, au contraire, hérité d’une idéologie à forte capacité de nuisance avec des éléments islamistes les plus néfastes et des inconditionnels pro-Palestiniens les plus perturbateurs.

Crise économique

Islamistes tunisiens

La Tunisie n’avait pas compris que les riches pétroliers et les potentats arabes souffraient d’égoïsme pour que la richesse reste dans leur cadre étroit. Aujourd’hui, elle doit frapper à toutes les portes pour surmonter sa crise économique dramatique. Elle devrait ranger ses rancœurs pour être pragmatique comme l’ont été la Jordanie, l’Égypte et le Qatar et aujourd’hui l'Arabie qui ont décidé de nouer des relations avec le petit Satan du Moyen-Orient. La question totalement ouverte reste l’attitude des nouvelles autorités vis-à-vis d’Israël. On se souvient que le précédent gouvernement voulait inscrire dans la Constitution l’interdiction de relations diplomatiques avec Israël.

Les islamistes tunisiens avaient dénaturé la révolution de 2011 en récupérant à leur profit une situation politique bloquée parce qu’ils voulaient faire table rase de l’histoire de la présence juive en Tunisie, un passé jugé honteux par eux, du temps où les Juifs occupaient une place économique prépondérante, progressivement effacée des mémoires tunisiennes. Daniel Rubinstein aura la tâche de renouer les Tunisiens avec leur passé juif. 

3 commentaires:

Rivka NIVAL a dit…

Au vu des résultats obtenus par la diplomatie américaine au Proche-Orient ,la nomination de cet ambassadeur est quasiment un non-événement ,non ?

AMMONRUSQ a dit…

Le basar en Tunisie et ailleurs est aussi le "travail de Obama" et maintenant il voudrait recoller les morceaux,cela me semble un peu léger quand même !

Unknown a dit…

Obama le faiseur des cata arabes?
Qui peut croire en lui
Il navigue a vue et s est trompe souvent