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mardi 9 juin 2015

LORSQUE LE ROI PARAÎT Par Marianne ARNAUD



LORSQUE LE ROI PARAÎT

Par Marianne ARNAUD


Lorsque le roi paraît, le cercle des députés
Applaudit à grands cris ; son doux regard qui brille
Fait briller tous les yeux,
Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être,
Se dérident soudain à voir le roi paraître,
Innocent et joyeux.

Ceux qui, comme moi, sont de la vieille école, auront reconnu cet emprunt à Victor Hugo que m'a inspiré la réception du roi Felipe VI d'Espagne par l'Assemblée nationale. Et ce matin, lisant que Jean-Luc Mélenchon était parti en guerre contre le très talentueux Stéphane Bern, et son émission «Secrets d'histoire», et plus particulièrement contre celle qu'il a consacrée à Louis XVI qui a réuni, nous dit-on, presque quatre millions de téléspectateurs, j'ai continué à gamberger.



Louis XVI à l'échafaud

Et si on nous avait menti, si Louis XVI n'était pas ce balourd, assoiffé du sang du peuple, qui ne s'intéressait qu'à la chasse et à ses serrures ? S'il était plutôt ce monarque maladroit qui n'avait pas été préparé à régner, mais qui a su montrer qu'il aimait son peuple et qui a accepté son sort avec courage. Rappelons que Louis XVI a été condamné à mort, à une voix de majorité, celle de son cousin Philippe Égalité, père du futur roi Louis-Philippe.
Au moment de mourir sur l'échafaud, Louis XVI s'écria d'une voix forte : «Je meurs innocent de tous les crimes qu'on m'impute. Je pardonne aux auteurs de ma mort. Je prie Dieu que le sang que vous allez répandre ne retombe jamais sur la France», mais déjà un roulement de tambours couvre sa voix, tandis que l'abbé Edgeworth de Firmont lui crie : «Fils de Saint Louis, montez au ciel!»

En poussant plus loin encore mes réflexions, comment ne pas comparer notre République malade avec ces monarchies européennes qui nous entourent ? Sans parler de la Belgique qui, grâce à son roi, est restée sans trop de dommage plus d'un an sans gouvernement, comment ne pas se demander si le Royaume-Uni est moins démocratique que la République française ? Et Felipe VI, roi d'Espagne, a-t-il empêché la percée du parti Podemos qui a tant réjoui Jean-Luc Mélenchon ?

Et de fil en aiguille, je me suis demandé ce qu'il en serait du gouvernement de la France, si le général De Gaulle, au lieu de s'être taillé une constitution à sa mesure, dénaturée jusqu'à la caricature par ses successeurs, avait prévu la restauration d'un roi en France ? Sans doute aurions-nous, comme en Espagne, un Bourbon à la tête de l'État, et un gouvernement présidé par un Premier ministre qui aurait les coudées franches pour gouverner, comme Cameron au Royaume-Uni, qu'on ne se prive pas de nous donner pour modèle en raison de ses succès politiques et économiques.

Évidemment tout ceci n'est que rêves et élucubrations, mais je remercie tout de même Jean-Luc Mélenchon pour les avoir suscités.

4 commentaires:

AMMONRUSQ a dit…

J'ai bien aimer et en fin de compte je pense au Marquis de Lafayette qui aurait souhaiter une constitution en gardant le roi.
L'histoire est passer,c'est ainsi.

Véronique ALLOUCHE a dit…

Jean-Luc Mélenchon est un pitre qui a pour fond de commerce la perpétuelle provocation, tout comme son frère ennemi Jean Marie Le Pen. Tous deux depuis des années se hissent au-devant de la scène médiatique avec leurs outrances verbales et leurs grossièretés.
Hormis cela votre belle écriture madame et vos mots pour le dire,(même si le plus souvent je n'épouse pas vos idées), me touchent et me réconfortent face à la multitude de journalistes oublieux de la langue française.
Les vers de Victor Hugo cités dans votre article me laissent à penser que de réforme scolaire en réforme scolaire, il ne restera bientôt plus de son nom que les avenues et les places de nos villes pour tout souvenir. Anecdote représentative: à mon petit-fils de huit ans cette question posée en classe:
- trouvez parmi ces différents mots un nom propre: table, chat, nappe, Zinedine Zidane.....
Naïvement, longtemps j'ai pensé que la culture française rayonnait de mille feux.
Mais la nostalgie m'égare et je m'aperçois soudain que je suis hors sujet.
Veuillez me le pardonner et vous remercier d'avoir à vous lire.
Bien à vous.
Véronique Allouche

Rivka NIVAL a dit…

A propos de la mort de Louis XVI .Toujours le même horrible contresens sur le sang versé .On aspergeait du sang de l'agneau sacrifié le montant des tentes et ce n'était nullement une malédiction ."Que mon sang retombe sur mon peuple "aurait dit celui que certains considèrent comme le Messie et c'était pour que son peuple prospère et non pour qu'il soit livré à l'outrage des païens ou de la populace comme le crurent ceux qui ne connaissaient plus les traditions des tribus sémites .

Marianne ARNAUD a dit…

Je remercie AMMONRUSQ et Véronique ALLOUCHE pour leurs commentaires très encourageants.
Quant à Rivka NIVAL que je remercie également pour l'attention qu'il a portée à ce petit billet, je me dois de le renvoyer au texte de Matthieu 27-22/26

"Pilatus leur dit : "Que ferai-je donc de Jéshoua, dit le messie ?"
Ils disent tous : "Il sera crucifié !"
Pilatus voit que rien ne sert mais que le tumulte grandit.
Il prend de l'eau, se lave les mains face à la foule et dit :
"Je suis innocent de ce sang. A vous de voir !"
Tout le peuple répond et dit : "Son sang, sur nous et sur nos enfants !"
Alors il leur relâche Bar-Abba.
Et Jéshoua, il le fouette puis le livre pour être crucifié."
(La Bible - Chouraqui)

Je ne pense pas que ce soit à ce texte que Louis XVI se référait au moment d'être guillotiné, mais plutôt qu'il exprimait le voeu que personne ne tirerait vengeance de sa mort.

Très cordialement.