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dimanche 28 juin 2015

LES PYROMANES MARZOUKI ET GHATTAS



LES PYROMANES MARZOUKI ET GHATTAS 

Par Jacques BENILLOUCHE

copyright © Temps et Contretemps

            
          Deux pyromanes, en mal de popularité, se sont distingués cette semaine. Conscient que sa popularité avait chuté, n’ayant pu garder son poste à la présidence de la République tunisienne et ayant bradé son avenir politique, Moncef Marzouki veut faire parler à nouveau de lui en jouant de politique populiste. Durant sa mandature, il avait volontairement laissé proliférer le risque islamiste en Tunisie pour conduire à cette catastrophe de Sousse du 26 juin 2015 où au moins 39 touristes ont été tués, hypothéquant la saison touristique et portant un coup fatal à l’économie chancelante du pays. 




       Ce professeur de médecine formé à l’université de Strasbourg a dévié par opportunisme. Alors qu’il avait qualifié les Salafistes de «microbes», il avait opté pour une stratégie hasardeuse en s’alliant avec eux au point de leur offrir une place de choix dans le pays. Il leur avait permis ainsi de s’infiltrer dans tous les rouages de l’État. Enfin, pour obtenir leurs faveurs, et certainement leur neutralité à son égard, il avait abandonné toute référence à la laïcité et aux droits de l’homme jusqu’à oublier la primauté de la loi. Il s’était engagé progressivement à n’aborder que des thèmes religieux dans ses discours. Il avait été jusqu’à vanter le port du niquab dans une Tunisie moderne, ce qui le l’a pas empêché de perdre ses élections. Les Salafistes ont profité de sa présence au pouvoir pour s’engouffrer dans la brèche et pour stigmatiser l’État et ses lois.
            Le président de la République, qu’il a été, a bafoué le prestige de l’État en laissant entendre qu’il optait pour une oumma islamique. Son attitude a favorisé les affrontements avec les forces de l’ordre. Pour garder le pouvoir, Moncef Marzouki avait laissé se propager le chaos en parasitant l’action de ses ministres alors que l’économie était en chute libre.

            Ce personnage, qui a bradé la Tunisie aux islamistes, veut aujourd’hui revenir au-devant de la scène en se faisant une santé sur le dos des Israéliens. Il s’agit pour lui d’apparaître comme le défenseur des opprimés alors qu’il a opprimé son peuple qui l’a d’ailleurs renvoyé dans ses foyers. Mais que va-t-il faire dans la galère de la flottille de Gaza ? Sa tâche première devrait le mener à concentrer son attention et son action sur ceux qui mettent à feu et à sang, son pays, sa police et son armée. Mais il a choisi Israël car c'est un pays qui fait consensus dans le monde arabe.

Moncef Marzouki, premier président de la Tunisie post-Révolution, a décidé de se joindre à d’autres personnalités politiques à bord de la flottille de trois bateaux. «La flottille de la Liberté 2015», qui veut tenter de briser le blocus israélien de Gaza, se compose de cinq navires. L’équipage total de cette flotte s’élève à 70 activistes pro-palestiniens, issus de 22 nationalités. Moncef Marzouki avait reçu dans son bureau en avril 2015, le collectif de la «flottille de la liberté» pour leur manifester son soutien moral. À l’époque il n’avait pas estimé utile de participer physiquement à cette épopée. 
Mais à présent, il agit en pyromane car il ne se rend pas compte qu’en cautionnant le régime islamique de Gaza, il donne des arguments aux Salafistes de Tunisie pour continuer à être les vrais maîtres du pouvoir à Tunis. La Tunisie a trop de problèmes internes pour laisser ses hauts dirigeants se compromettre dans des actions stériles et sans lendemain.


            L’autre pyromane est le député israélien arabe, Basel Ghattas qui a décidé lui aussi de participer à la flottille. Il ne rate jamais une occasion pour s'afficher à la tribune de la Knesset avec le foulard palestinien sur son costume. Sa position est ambiguë car il agit ouvertement contre l’État qui le rétribue et il met en porte-à-faux toute la communauté arabe israélienne qui n’est pas censée approuver cette démarche qui porte atteinte à sa loyauté. Il s’est justifié à la radio militaire israélienne : «La question centrale ici c’est que le public israélien essaye d’ignorer le fait qu’il y a deux millions de Palestiniens, à juste 50 kilomètres de Tel Aviv, qui vivent dans une pauvreté et une famine honteuses».  Il aurait été plus inspiré s’il avait pris position pour les meurtres commis contre ses «frères» arabes en Syrie et en Irak.

Mais Israël semble pour lui une cause plus noble et mieux rétribuée.  Le ministre de l’immigration a réagi fortement : «C’est la chose la plus grave possible qu’un député israélien se joigne à une flottille dont le but est d’aider l’organisation terroriste du Hamas. La loi israélienne ne permet à personne soutenant une organisation terroriste de siéger au parlement». La vice-ministre des affaires étrangères Tzipi Hotovely a été plus incisive : «La participation d’un député israélien arabe aux côté de ceux qui veulent lutter contre Israël est une preuve d’agissement au service de l’ennemi sous la protection de l’immunité parlementaire». Après le cas de Zoabi en 2010, la situation ne semble pas encore clarifiée. Mais la position de ce député arabe est douteuse car, au moment où des rumeurs persistantes font état de négociations entre Israël et le Hamas, il semble agir au nom du Fatah pour saboter tout éventuel rapprochement qui nuirait à la position de Mahmoud Abbas. 



            Les menaces israéliennes contre la flottille sont fermes. La marine israélienne est chargée de s’opposer, par la force s’il le faut, à toute tentative d'un bateau étranger d’atteindre Gaza. En ces temps difficiles où le terrorisme islamique gangrène le Moyen-Orient et à présent l’Europe et le Maghreb, il est inconcevable que l’Occident ne réagisse pas à une provocation qui aggrave une situation déjà dramatique. Avec le retrait des États-Unis de la région, Israël se voit confier, seul, le rôle de gendarme du Moyen-Orient.

4 commentaires:

André NAHUM a dit…

Le Professeur Marzouki, ex-président intérimaire de la république tunisienne; au lieu d'aller prêter main-forte au Hamas et de parader sur un des navires de la flottille anti-israélienne, ferait mieux de rentrer dans son pays pour l'aider à se battre contre le terrorisme islamiste qui veut la fin du seul Etat démocratique du monde arabe.
Il est peut-être temps de faire preuve de réalisme , mettre un terme à l'obsession anti-israélienne dont on nourrit les cerveaux par commodité.
Un grand dirigeant arabe, le président égyptien Al Sissi a compris qu'il vaut mieux s'allier à Israël pour combattre l'Etat islamique et autres djihadistes que de ranimer les vieilles haines.
D'autres pays arabes n'en pourraient-ils pas en prendre exemple ?

Véronique ALLOUCHE a dit…

@André Nahum
Vous considérez la Tunisie comme étant un état démocratique? Vous avez oublié de rajouter " toutes proportions gardées".....
Bien à vous
Véronique Allouche

andre a dit…

Bien vu et bien écrit ! Bravo

Jean-Charles CHEBAT a dit…

Le parcours de Marzouki me laisse pantois. Il y a 15 ans environ, lorsqu'il était le président de la ligue tunisienne des droits de l'Homme, j'avais lu son livre "Arabes si vous parliez", titre qui se voulait une analogie avec le film de Chabrol sur la Shoah "Français , si vous saviez". Son livre m'avait laissé penser que la Tunisie progressait vers la liberté de parole, la démocratie et l'ouverture à l'Autre. Or, quand je vois ses compromissions avec les Frères musulmans pendant son mandat de président et après, eux qui sont l'antithèse de toute liberté, alors je me dis que j'ai mal décodé Marzouki. comment cet islamiste pouvait-il se dissimuler sous les apparences d'un libre penseur? il me semble qu'il y a une analogie avec le decapiteur de Lyon dissimule sous les apparences d'un père de famille et d'un mari tranquille, travailleur diligent et sans histoire.