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jeudi 4 juin 2015

LE MEILLEUR DES MONDES Par Jean SMIA



LE MEILLEUR DES MONDES

Le billet d'humeur de Jean SMIA

                    
          

          Le phénoménal talent des hommes pour systématiquement dévoyer et pervertir toutes les institutions imaginées pour faciliter leur coexistence est incommensurable.




                    
          LA RÉPUBLIQUE : Étymologiquement c'est, pour un groupe d'individus, la gestion de la chose publique. Donc de ce qui n'est pas de l'ordre du privé. Il s'agit de gérer ce que la collectivité a décidé de mutualiser. Comme la sécurité, l'enseignement, la santé, la justice et toutes ces choses dont chaque foyer a besoin, indépendamment de toute idéologie sociale, ou considération ethnique et religieuse.
Or, à force de compliquer les lois, les règles, les partis, les modes de scrutin, c'est devenu un système destiné à mettre une partie de la population sous la coupe de l'autre. Ce qui a le même résultat qu'une dictature mais en moins brutal. Sans parler des «laids républicains» qui tentent de s'approprier une qualité dont ils n'ont pas l'exclusivité.



                 LA LAÏCITÉ : à l'origine vers 1789, il s'agissait d'exclure l'influence cléricale de la vie publique et plus particulièrement de l'enseignement, afin que soit délivré un enseignement dénué de tout prosélytisme religieux. Aujourd’hui, elle sert d'alibi pour combattre une mode vestimentaire exogène. Mode vestimentaire qui, elle, est arborée en tant que revendication prosélyte.

                    LA RELIGION : Ensemble de manifestations verbales et gestuelles destinées à confirmer un rapport avec des croyances et des dogmes que certains hommes ont sélectionnés afin de définir leur relation avec le sacré.
Cette chose, qui devait avoir l'avantage de faire communier paisiblement le plus grand nombre par la piété, est devenue, grâce à la stupidité bornée de leurs prêtres respectifs, un prétexte à haïr, au point de vouloir exterminer ceux dont les manifestations verbales et gestuelles sont différentes ; comme si le Dieu qu'ils avaient choisi était incapable d'appréhender le message des autres.

                    LA DÉMOCRATIE : une opinion =un vote = une voix. Cela semble simple et clair. Pour que ce principe soit dévoyé il faut et il suffit, comme on le voit aujourd'hui, que l'opinion soit forgée par des medias propagandistes adossés à des professionnels appelés «agence de communication». Ne sont élus que ceux dont l'agence de com aura suborné le plus de medias.

                    L'ONU : Issu de la SDN, ce machin comme l'avait si judicieusement qualifié le Général de Gaulle, n'est plus qu'une foire à la vente de votes aux enchères. Avec un secrétaire général transparent.

                    LE SPORT : C'est le seul domaine qui, par définition, devait rester à l'écart des querelles des hommes. Une règle d'un jeu et des hommes qui tentent, en public, de surpasser leurs limites physiques. L'important est de participer disait Coubertin. Aujourd'hui, l'important est d'avoir les moyens de s'afficher comme sponsor. Ou d'acheter des voix à la Fifa pour donner des jeux à un peuple... faute de pain. Ou de trouver qui acheter comme voix pour faire exclure une nation pour des litiges politiques.

                   INTERNET : Un formidable moyen de communication qui s'est dévoyé en ce qu'il n'est plus nécessaire d'apprendre pour savoir. Ce que les élèves ont parfaitement compris et toutes les réformes de programmes scolaires ne pourront plus rien y faire : Nos enfants ne voient pas la nécessité d'apprendre ce qu'ils peuvent lire dans leur portable.
 
Djihadistes européens

                    Lorsque toutes les institutions semblent caduques et inopérantes, comment expliquer aux gens, partant faire le djihad en espérant trouver un monde meilleur ailleurs, que c'est ici le meilleur des mondes ?

1 commentaire:

  1. Véronique ALLOUCHE3 juin 2015 à 17:28

    Seule notre liberté de penser nous permet de lutter pour défendre les thèmes que vous avez abordés.
    Depuis longtemps les idéaux de gauche comme de droite ont quitté la scène politique et nous renvoient à nous-mêmes, et donc à la responsabilité collective qui a le devoir de mettre des gardes-fous à toutes les dérives. Ce n'est pas facile mais il ne faut pas désespérer du bon sens de l'homme.
    Les intellectuels ont une place prioritaire et doivent imposer l'intelligence et le respect d'autrui et ce n'est pas en participant à toutes ces émissions idiotes qu'ils y parviendront. Les media bien sur qui jouent un rôle fondamental sur les esprits les moins avertis qui prennent tout pour argent comptant. Assez avec les "buzzs", les infos "qu'il faut prendre au conditionnel" parce que les journalistes font des annonces le plus souvent sans vérifications sous prétexte d'être le premier à le dire ....quitte à se dédire le lendemain.
    Dans cet état d'esprit ambiant, les plus faibles et donc les plus malléables sont prêts à faire le Djihad, ce "meilleur des mondes" à la Huxley.

    Cordialement
    Véronique Allouche

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