ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE DEPUIS JUIN 2010 - LE BEST DU BEST OFF - CLIQUER UNE IMAGE POUR LIRE OU ARRÊTER LE DEROULEMENT


ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE - Cliquer l'image pour lire ou arrêter le déroulement

 

jeudi 28 mai 2015

SHIMON PERES, MINISTRE DES A.E PAR DÉFAUT



SHIMON PERES, MINISTRE DES A.E PAR DÉFAUT

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps
            

          Infatigable malgré ses 92 ans, le dernier père fondateur de l'État d'Israël vivant à ce jour, Shimon Peres, parcourt le monde en diffusant la bonne parole israélienne. On pensait qu’il allait prendre sa retraite au terme de son mandat de président de l’État, mais c’était mal le connaître tant il veut œuvrer pour le rapprochement des peuples. Il ne rate jamais une occasion de rencontrer les Grands de ce monde pour les entretenir de la situation au Proche-Orient et pour défendre les positions de l'État juif. Il a compris qu'il fallait occuper l'espace diplomatique et ne pas le laisser uniquement aux pays arabes et aux Palestinens




Il a donc participé au forum économique Davos en Jordanie, du 21 au 23 mai, en présence de hautes personnalités du monde arabe. Le Forum mondial s’est réuni à la Mer Morte pour la neuvième fois. Dans son discours d’ouverture le roi Abdallah a tracé le programme qu’il voulait donner à cette réunion : «L'objectif de la Jordanie: relancer la croissance et l'investissement. Pour cette fin, nous comptons sur les partenariats public-privé».
Shimon Peres dépassera l’aspect économique de la réunion pour rencontrer Mahmoud Abbas et un certain nombre de dirigeants arabes, en particulier, le roi Abdallah et le président égyptien Abdul Fatah al-Sissi. Il compte en profiter pour négocier la reprise des pourparlers de paix entre les autorités israéliennes et palestiniennes et les efforts internationaux effectués pour la reconstruction de Gaza.
Peres sert la main de Massoud Barzani en présence de Mahmoud Abbas

        Un millier d’hommes d’affaires, de politiciens, d’économistes, d’analystes et d’experts  participaient aux côtés du président égyptien Abdel Fattah Al Sissi, du président du Kurdistan irakien Massoud Barzani et du premier ministre marocain Abdul Ilah Ben Kiran. Cette version du forum, qui dure trois jours, a trouvé un cadre régional pour le développement de la coopération économique entre les secteurs privés et public. Les dirigeants en ont profité pour mettre en évidence l’impact des conflits régionaux et leurs répercussions sur la croissance économique.
Peres discute avec Amr Moussa

            C’est sans complexe que Shimon Peres s’est trouvé en Jordanie au milieu d’un aréopage de dirigeants arabes pour défendre Israël comme à son habitude. Il n’a fait l’objet d’aucun boycott et la place officielle qui lui a été attribuée a été diplomatiquement calculée.  Assis à la gauche du vice-premier ministre jordanien, Nasser Hassan, un siège occupé par le ministre autrichien des affaires étrangères le séparait d’Amro Moussa, ancien président de la Ligue Arabe, avec lequel il a dialogué. Les Marocains avaient condamné la présence, aux côtés de Shimon Peres, d'Abdul Ilah Ben Kiran, dirigeant du parti marocain islamiste «Justice et développement » après avoir peu apprécié l’invitation qui lui avait été adressée par le Maroc pour participer à la rencontre des 5 au 7 mai à Marrakech, organisée par la fondation Clinton.

            Les observateurs ont noté la poignée de mains chaleureuse avec le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, ainsi qu’avec Massoud Barzani leader du Kurdistan irakien. Le seul dirigeant arabe à avoir  montré sa mauvaise humeur en raison de la présence d’un Israélien à la conférence fut le vice-premier ministre irakien Bahaa al Araji  qui a quitté la salle dès l’arrivée de Shimon Peres.
Lors d’une conférence de presse improvisée, que quelques médias arabes ont préféré ignorer pour ne pas être exposés aux critiques chez eux, il a effleuré une réponse à une question posée : «Les feuilles politiques que les Arabes ont préparées  parlent de la nécessite de parvenir à une solution juste des réfugiés palestiniens… Nous sommes bien d’accord… Mais personne dans le monde n’a de solution à la question des réfugiés, ce n’est pas si simple. La solution devrait être juste et créative». Il a par ailleurs mis l’accent sur la nécessité de lutter ensemble contre le terrorisme et a rendu hommage au roi de Jordanie Abdallah, et au président égyptien Abdel Fattah al-Sissi qu’il devait rencontrer en marge du forum. Un cafetier jordanien lui a tendu une tasse de café puis lui a offert une abaya. Ce cadeau a soulevé une certaine réprobation chez certains Jordaniens qui trouvaient la méthode un peu familière.


Ces réunions internationales ne comportent que l’intérêt de rencontres discrètes dans les alcôves des hôtels où les discussions informelles pèsent plus que les discours officiels. Autant de dirigeants arabes présents autour d’un ancien dirigeant israélien, qui a gardé toute son aura à l’étranger, sert la diplomatie israélienne qui ne doit jamais cesser d’expliquer, de justifier, de commenter et d'analyser les thèses d’Israël face à un autisme international. Shimon Peres compensera toujours l’absence des diplomates israéliens dans les chancelleries internationales. En l'absence d'un titulaire, il fait office de ministre des affaires étrangères par défaut.    

2 commentaires:

Marianne ARNAUD a dit…

Cher monsieur Benillouche,

N'y a-t-il pas quelque chose de paradoxal et même de pathétique à ce que Israël ait besoin d'un ancien président de 92 ans, si prestigieux qu'il ait été, pour occuper la place du ministre des Affaires étrangères de votre jeune nation ?

Très cordialement

Herve23 a dit…

Le pathétisme c'est (pour les voisins arabes tremblants devant DAESH) de ne toujours pas ouvertement envisager de discuter avec les représentants actuels de l'état d'Israël.
Toujours en retard d'une guerre (ou d'une génération dans le cas de Pères !)