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dimanche 31 mai 2015

EXIT l’UMP, UN MAL FRANÇAIS



EXIT l’UMP, UN MAL FRANÇAIS

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps 

            

          Le changement de nom des partis est un mal français. Le Parti Républicain américain a été fondé le 28 février 1854. Le Parti Démocrate créé par Thomas Jefferson et James Madison s'était constitué entre 1793 et 1798. Ces deux partis ont gardé leur nom jusqu’à aujourd’hui. Il en est de même des deux principaux partis britanniques dont les dirigeants n’ont jamais estimé utile de modifier les intitulés. Les partis anglo-saxons appartiennent à leurs militants et certainement pas à leurs dirigeants ce qui permet une continuité malgré les alternances interne et externe.





En revanche, le parti issu de la mouvance gaulliste a connu une dizaine d’appellations avec l’objectif de faire croire à chaque fois à l'émergence d'un parti nouveau alors qu’il s’agit de la même structure : RPF (Rassemblement du peuple français 1947-1955), URAS (Union des républicains d’action sociale (1953-1956), CNRS (Centre national des républicains sociaux 1956-1958), UNR (Union pour la nouvelle république 1958-1967), UDR (Union des démocrates pour la république 1967-1976), RPR (Rassemblement pour la république 1976-2002) et UMP (Union pour un mouvement populaire 2002-2015).
            Plusieurs arguments ont été avancés pour justifier le changement de nom du parti. Aujourd’hui, l’UMP est morte, les Républicains entrent en scène permettant d’ailleurs à Alain Juppé d’ironiser avec flegme : «On peut aussi appeler ça le PMU à la place de l’UMP. Si c’est ça le changement ça sera pas tout à fait fondamental».
            Nicolas Sarkozy s’inscrit dans la tradition gaullienne qui consiste à conquérir le pouvoir en renommant le parti pour imprimer sa propre marque. Le dernier exemple a été celui de Jacques Chirac qui a fondé le RPR en 1976 pour prouver qu’il était l’homme fort de la droite et du parti. Mais cela ne dure qu’un temps car l’essentiel ne consiste pas à changer de nom mais plutôt à changer les cadres et à retoucher le logiciel idéologique. Les leaders croient qu’une modification sémantique entraîne automatiquement un virage idéologique.
Création du RPR par Chirac

            La métamorphose du parti UMP est rendue nécessaire pour accompagner le retour en politique de Nicolas Sarkozy après une très courte retraite politique sur fond de luttes intestines et de scandales de financement. Il avait besoin d’une rupture nette avec le passé pour renier surtout les précédents dirigeants. Les militants ont voté en masse pour le nouveau nom inspiré du parti républicain américain, malgré la réticence de ceux qui restent attachés aux principes gaulliens consistant à marquer les distances avec les États-Unis. De Gaulle avait quitté le commandement militaire intégré de l’OTAN et le nouvel intitulé à un léger goût américain. Florian Philippot du Front National n’a pas raté l’occasion de critiquer Sarkozy «totalement inféodé à Washington».
            Sarkozy espère renouveler la droite et amener à lui les atlantistes centristes pour étoffer l’identité du parti. Le nouveau nom veut prouver son attachement au concept de valeurs républicaines s’exprimant dans la liberté, la laïcité et la méritocratie. La gauche a peu apprécié l’utilisation du mot «républicain» car selon le député socialiste Christian Paul : «la république est un bien commun». Il est vrai que l’expression «valeurs républicaines» est souvent brandie pour s’opposer à l’islam radical et pour se distinguer de l’extrême-droite. 
            Mais le nouveau nom n’effacera pas les enquêtes judiciaires en suspens et les querelles de personnes qui minent le parti. Les huées subies par Alain Juppé et François Fillon au Congrès du parti ne donnent pas une image de rassemblement et les poussent au contraire à affirmer leur propre identité. Nathalie Kosciusko-Morizet, numéro deux de l'ex-UMP, a dénoncé le fait qu'Alain Juppé et François Fillon aient subi des huées au congrès fondateur des Républicains, y voyant «plus qu'un couac et estimant que ça ne doit pas être ça, les Républicains. J'aime pas ça !  Pour moi, ça, c'est la résurgence de l'ancien parti. Ca ne doit pas être ça, les Républicains! ».
          Il reste quelques mois à Alain Juppé pour s’imposer au sein des militants gaullistes et centristes en surfant sur des sondages qui font de lui un véritable challenger à Nicolas Sarkozy.


Mais l’ancien président persiste à user du comique de répétition en brocardant le président Hollande. Il n’est pas certain que les plaisanteries soient du goût de tous les militants. Les mimiques copiées sur celles de Louis de Funès font certes sourire mais ne sont pas dignes d’un président de la république. Les meetings se multiplient et Sarkozy offre à ses militants un véritable one-man-show ; à croire que ceux qui se déplacent pour l’écouter veulent assister à un spectacle. La politique est-elle tombée si bas !
Les blagues sur François Hollande commencent à être lourdes parce que répétitives. Ses conseillers en communication semblent ne plus le contrôler car ils auraient alors fait appel à de véritables humoristes pour mieux muscler ses faux lapsus et ses anecdotes à deux sous. Derrière son pupitre, il joue, il s’agite et il accompagne ses phrases de mimiques pour prouver sa complicité avec son public pourtant déjà convaincu, à mille lieues du comportement d’homme d’État d’Alain Juppé et même de François Fillon.

D’ailleurs l'ancien premier ministre, Alain Juppé, candidat à la primaire à droite pour l'élection présidentielle de 2017, a critiqué le discours très offensif de Nicolas Sarkozy précisant : «Chacun s'exprime comme il s'entend. J'ai dit que j'étais un homme de droite ouvert et pas sectaire. Un certain vocabulaire qui fait un peu trop monter la pression, qui attaque les personnes, ce n’est pas mon genre de beauté. La tonalité de certains discours m'a paru un peu vigoureuse, un peu excessive».
Il est temps que Nicolas Sarkozy change de registre en abordant les vrais sujets, qu’il affiche son programme politique précis pour résoudre les problèmes actuels car les Français ont trop payé pour avoir crû au Père Noel.


9 commentaires:

Claude a dit…

...La France, et en particulier ses dirigeants de tous bords, ont-ils oublié l'étymologie du mot "République" ? La "RES PUBLICA"...
..Et madame la Ministre de l'éducation a dû certainement en perdre son latin, si tant est qu'elle en ait fait dans sa jeunesse.
Décidément, quels que soient les intitulés des partis, cela restera toujours la lutte pour le pouvoir et rien d'autre, au détriment d'un peuple de France qui ne sait plus à quel "saint" se vouer...
Claude
Ps: Jacques, j'ai beaucoup apprécié ton décryptage...

Marianne ARNAUD a dit…

Allons, monsieur Benillouche, vous auriez pu reconnaître que ce Congrès fondateur des Républicains - car il ne s'agissait que de cela - fut un succès pour son président, Nicolas Sarkozy, ce que même Alain Cayrol a reconnu en direct sur LCI, c'est dire !
Pour le reste, c'est-à-dire pour la politique, tout commence aujourd'hui, nous sommes bien d'accord.

Très cordialement.

Jacques BENILLOUCHE a dit…

Chère Marianne,

Le général de Gaulle avait dit des Français: «Ce sont des veaux. Ils sont bons pour le massacre. Ils n’ont que ce qu’ils méritent». Je le crois aussi. Ils le sont particulièrement à l'ex-UMP. Ils sont souvent forts pour adorer celui qu’ils ont éliminé hier. Le succès de Sarkozy, s’il y a succès, est bien fragile. Il a intérêt à se munir d’un bon casque pour se protéger des coups, non pas de ses ennemis, mais de ses amis.
Amitiés

Claude a dit…

... Quant aux mimiques du "Tsar Kozy", il est encore bien loin de Louis De Funes, que j'ai connu personnellement. C'était un homme tout ce qu'il y a de plus sérieux, et qui ne faisait qu'amuser la galerie, mais il le faisait avec une certaine élégance, et non comme son pseudo clone...
Marianne se trompe. Le proche avenir le dira...
Claude

Véronique ALLOUCHE a dit…

"Il faut d'abord savoir ce que l'on veut, il faut ensuite avoir le courage de le dire, il faut ensuite l'énergie de le faire". Georges Clemenceau
Sarkosy a usé son énergie à dire sans le faire.
Juppé? En 2017 il aura 71 ans, plus tout à fait un jeune homme pour gouverner.
Il reste peut-être un troisième homme politique dont vous ne parlez pas et qui attend son heure, Bruno Le Maire....
Cordialement
Véronique Allouche

קרבי kravi a dit…

à Véronique Allouche
Le Maire fut le directeur de cabinet d'un des hommes politiques les plus antisémites, le sieur Villepin. Cela suffit pour moi à le disqualifier en dépit de ses quelques bonnes postures.

קרבי kravi a dit…

pardon, j'aurais dû dire anti-israélien au lieu d'antisémite.

Véronique ALLOUCHE a dit…

@ kravi
Je n'ai pas dis que j'appréciais Bruno Le Maire, simplement c'est une possibilité qu'il ne faut pas écarter.
D'autre part et pour rappel la France a voté oui lors du vote d'admission de la Palestine à l'UNESCO.... Et sous quelle présidence? Celle de Nicolas Sarkosy "l'ami d'Israël".
Depuis De Gaulle la France mène une politique arabe et que l'on soit de droite ou de gauche le Quai d'Orsay ne change pas d'un iota ses positions.
A décourager d'aller voter....

Corto74 a dit…

"Il est temps que Nicolas Sarkozy change de registre en abordant les vrais sujets, qu’il affiche son programme politique précis " Le programme "précis" dont les grandes lignes ont été parfaitement dessinées pour quiconque suit avec attention les discours de Sarkozy viendra en son temps. C'est à dire, dans un premier temps lors des primaires en novembre 2016 puis en fonction du résultat des dites primaires, viendra le programme des Républicains pour la présidentielle.
Si vs suivez un peu ce qui passe avec attention, vous sauriez aussi que Fillon, Juppé ou Le Maire ont eux aussi donné les grandes lignes de leurs programmes.

Les vrais sujets, ceux qui préoccupent les Français ( chomage, sécurité , immigration, Europe ) ont tous été abordés à maintes reprises par Sarko. Suffit juste de vouloir écouter ce qu il dit. Prenez donc le temps d écouter avec attention son discours de samedi, tout y est. C'est vrai, ça dure 40 minutes mais au moins peut etre ferez vous un article plus objectif.