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mardi 24 mars 2015

UNE COALITION POUR RENOUER AVEC OBAMA



UNE COALITION POUR RENOUER AVEC OBAMA

Par Jacques BENILLOUCHE

copyright © Temps et Contretemps


            
          Ce serait un euphémisme que de prétendre que les relations entre Israël et les États-Unis se sont détériorées au cours de cette campagne électorale. Le nouveau chef de la diplomatie israélienne aura donc une tâche difficile. Si Netanyahou accepte l’ultimatum d’Avigdor Lieberman et lui confie à nouveau le ministère des affaires étrangères, la situation sera encore bloquée car l’ancien ministre n’est pas en odeur de sainteté, ni auprès des Américains et ni auprès des Européens. Reste à savoir si les impérieuses réalités de la constitution de la coalition auront raison du pragmatisme. Pour renouer des liens distendus, il faudrait la nomination d’un autre ministre à la tête de la diplomatie israélienne et déjà sont sur les rangs Naftali Bennett, Gilad Erdan ou Youval Steinitz.



Seuil de rupture


            Jamais Israël n’a connu de pire situation avec Washington depuis la campagne de Suez en 1956 lorsque les États-Unis n’avaient pas apprécié d’être mis à l’écart des projets anglo-français d’invasion de l’Égypte. Même du temps de Bush père, les relations avec le premier ministre Shamir n’avaient pas atteint le seuil de rupture actuel. Les Américains avaient seulement refusé de donner leur caution à un prêt international pour l’intégration des immigrants d’ex-URSS. Aujourd'hui, il ne s’agit nullement de divergences idéologiques mais bien d’un conflit personnel entre deux fortes personnalités opposées.
            Le nouveau chef de la diplomatie aura pour tâche difficile de recoller les morceaux avant la fin des négociations nucléaires avec l’Iran. Certes Israël n’a aucun poids pour influer sur les décisions déjà arrêtées d’Obama, mais des mises en garde pourraient alimenter la réflexion américaine. 
- Quelle est votre réponse au discours de Netanyahou  -  Je n'ai pas pu l'entendre car les centrifugeuses fonctionnent à plein rendement

            Israël peut craindre une révision dramatique de la position diplomatique américaine à son égard, par mesure de représailles. À l’occasion d’un échange téléphonique froid et protocolaire, Obama avait félicité le premier ministre pour ses résultats électoraux mais il avait aussitôt enchaîné qu’il envisageait de «réévaluer» son positionnement dans le conflit israélo-palestinien. Il avait fustigé la décision de Netanyahou de renoncer au principe de «deux États pour deux peuples» pourtant proclamé lors de son discours de Bar Ilan en 2009. Cette mise en garde venait après d’autres de l’Administration américaine qui avait souligné les «dommages irréversibles» dans l’alliance entre les deux alliés.
Certes au lendemain des résultats, Netanyahou a amorcé un rétropédalage : «Je ne veux pas une solution à un seul État. Je veux une solution à deux États, durable et pacifique, mais les circonstances doivent changer pour que cela se produise». Les États-Unis envisagent donc d’appuyer toute demande palestinienne en entérinant une résolution de l’ONU sans faire usage de leur droit de veto. Les États-Unis pourraient même prendre la tête d’un mouvement inédit au Conseil de sécurité pour forcer Israël à reprendre les négociations avec l'Autorité palestinienne.

Risque de sanctions internationales

Josh Earnest

Dans une conférence de presse, le porte-parole de la Maison Blanche Josh Earnest avait souligné que Netanyahou était revenu «sur les engagements qu'Israël avait faits précédemment à une solution à deux États. Pourtant, les États-Unis étaient intervenus à plusieurs reprises en faveur d'Israël aux Nations-Unies, protégeant ainsi Israël de l'isolement et des sanctions internationales». C’est dire si le danger diplomatique guette aux portes d’Israël parce qu’Obama joue de chantage en mettant sur les plateaux de la balance l’accord sur le nucléaire et la création d’un État palestinien.

            Obama n’a toujours pas avalé l’humiliation qu’il a subie au Congrès lors du discours de Netanyahou qui avait condamné tout accord nucléaire avec l’Iran alors que le président américain en avait fait son cheval de bataille dans son combat contre l’expansion de Daesh au Moyen-Orient. Quelques diplomates israéliens veulent être optimistes en estimant que la querelle est passagère et qu’il n’est dans l’intérêt d’aucune des deux parties de briser leur alliance stratégique dans la région.  Mais la menace persiste et des hauts fonctionnaires américains précisent que dorénavant les demandes d’armement risquent de prendre un délai anormalement long pour être étudiées, a fortiori pour être satisfaites. Israël n'a pas de capacité illimitée, financière et physique, de stockage de munitions et en cas de long conflit le réapprovisionnement américain est indispensable.


À la recherche d’une majorité

Netanyahou compte sur sa nouvelle majorité forte de 67 députés de droite pour obtenir le soutien et l’aval de la Knesset contre la création d’un État palestinien. Mais la menace d’Avigdor Lieberman de quitter la coalition s’il n’obtenait pas son maintien aux affaires étrangères fragilise déjà sa coalition d’autant plus que Moshe Kahlon martèle à qui veut l’entendre que rien n’était fait et que ses dix voix n’étaient pas encore à la disposition du nouveau gouvernement sans contrepartie sérieuse à savoir, le ministère des finances pour lui, le ministère de la défense pour Yoav Galant et la présidence de l’importante commission des finances de la Knesset.
Kahlon-Galant

Des diplomates israéliens de haut-rang pensent que Netanyahou dispose encore de l’arme ultime contre les députés israéliens qui empêcheraient la constitution d’une coalition viable. Il pourrait accepter les sollicitations du président de l’État, Réouven Rivlin, qui prône un gouvernement d’union nationale, en fait un gouvernement d’inertie nationale. L’Union sioniste n’est pas opposée à cette tentative ultime de Netanyahou pour éviter les chantages de Lieberman et de Kahlon et pour conquérir  l’opinion internationale. Mais cette éventualité, brandie comme une épée de Damoclès contre des membres de la droite et du centre, n’est pas encore d’actualité tant qu’une majorité de 61 députés peut être atteinte.
Ron Dermer

Le premier ministre détient encore deux arguments pour amadouer les Américains. D’abord l’arme financière contre l’Autorité palestinienne puisqu’il a gelé depuis janvier plus d’un demi-milliard de dollars de recettes fiscales dues aux Palestiniens. Le déblocage rapide de ces sommes serait un facteur positif pour regagner la confiance américaine. Ensuite il pourrait sacrifier sur l’autel de la réconciliation l’ambassadeur israélien Ron Dermer, véritable instigateur du discours de Netanyahou au Congrès. Cela libérerait par ailleurs un poste diplomatique prestigieux pour éventuellement caser un ami du Likoud privé de portefeuille ministériel.
Mais les Israéliens restent plus pessimistes. Ils sont persuadés que le combat d’ego se poursuivra et conduira à un gel des relations américano-israéliennes pendant les deux dernières années restantes du mandat de Barack Obama, avec l’espoir de son remplacement par un Républicain. Mais dans l’attente d’une alternance, Netanyahou risque d’assister à un accord nucléaire américano-iranien où Israël ne serait pas partie prenante.   


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9 commentaires:

Anonyme a dit…

Jamais dans l'histoire de relation avec Israël un Premier ministre israélien n'a autant manqué de respect à un président américain. Netanyahou pensait traiter Obama avec irrespect par le simple fait qu'il est noir. Allant jusqu'à froisser les noirs américains qui sont alliés d'Israël. Ce comportement est pathétique et il faut qu'un jour Netanyahou paie. En la matière, Netanyahou est connu pour son racisme. Les citations abondent, il faut qu'Obama agisse avec fermeté envers Netanyahou pour lui montrer que c'est lui qui est président des États-Unis et non Benjamin.

Marianne ARNAUD a dit…

Cher monsieur Benillouche,

J'ai du mal à comprendre cette peur panique de déplaire à Obama, alors que Netanyahou vient d'obtenir une standing ovation au Congrès américain et que, dans un an, Obama ne sera plus président des Etats-Unis.

Très cordialement.

Jacques BENILLOUCHE a dit…

Marianne,

Israël est très dépendant vis-à-vis des Etats-Unis et vous m'avez donné l'idée d'un article que j'essaierai d'écrire pour justifier les craintes d'une "mauvaise humeur" américaine.

Obama a encore 22 mois de présidence et il peut opposer son veto à toute décision du Congrès qui est certes pro-israélien.

Bernard ALLOUCHE a dit…

Il faut admettre que Netanyahou a par le biais de la démocratie remporté une belle victoire. Mais avant de tergiverser sur ce qui sera ou ne sera pas il faudra attendre. Les cartes sont entre ses mains.
Quant à la relation entre les deux présidents elle ne sera guidée que si leurs intérêts se rejoignent pour le bien de chacun des peuples respectifs.
Et pour répondre à Monsieur Anonyme j'ai le regret de vous dire que les relations entre les pays ne se résument pas à des états d'âmes mais à des raisons d'états négociées
par la diplomatie, à l'opposé de ce que vous décrivez qui sont des relations d'hommes primaires.
Les événements à venir nous permettrons j'espère d'amener notre peuple par le biais de notre premier ministre à des lendemains plus sereins.
Bernard Allouche
ber

David YANA a dit…

Napoléon qui était détesté s'accommodait de Talleyrand car il savait qu'en diplomatie il est avant tout important de séduire pour être capable, quand l'occasion se présente, de diviser ses ennemis. Bibi fait exactement l'inverse. C'est le seul chef d'état à ignorer ce principe, capable de nommer les pires représentants au niveau diplomatique si la situation politique interne l'exige. Désespérant.

Jean CORCOS a dit…

Leiberman aux Affaires Etrangères à nouveau, ce serait comme Melenchon ministre délégué aux affaires européennes, ou Marine Le Pen présidente de la LICRA ... il y a un moment où il faut arrêter d'insulter la Terre entière. Si Bibi le maintient aux affaires, on est sur d'un "clash" rapide : mais peut-être le cherche-t-il ?

Elizabeth GARREAULT a dit…

Non mais de qui se moque-t'on? Envisager un gouvernement d'Union Nationale, comme on peut le lire ici ou là et des mesurettes envers l'Autorite Palestinienne pour essayer d'amadouer Obama! Ils l'ont voulu leur Bibi, qu'ils se le bouffent! Quoique connaissant certains d'une certaine "gauche" ici, rien ne m'étonnerait. J'imagine déjà les commentaires sur l'intérêt suprême, la patrie en danger, l'unité du peuple juif....ben voyons! Après tout, c'est ce qui a fait gagner la droite. On ne va pas changer une bonne recette.

Bernard ALLOUCHE a dit…

Mesdames Messieurs en démocratie le peuple est souverain, vos commentaires ne sont que balivernes. Vous n'êtes pas content du premier ministre, je vous le concède, alors attendez les prochaines élections pour exprimer vos choix si toute fois vous avez droit de vote. Et évitez de déverser vos rancœurs, il faut savoir accepter le verdict des urnes.
Bernard Allouche

AMMONRUSQ a dit…

Bien de l'avis de Bernard ALLOUCHE