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mardi 17 mars 2015

UN SCRUTIN SERRÉ, ALEA JACTA EST



UN SCRUTIN SERRÉ, ALEA JACTA EST

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps 


Les faiseurs de roi

La campagne électorale a été rude mais sans surprise car subsiste l’impression que les lignes des convaincus ont peu bougé. Seuls les indécis feront la différence. Chaque électeur s’est fait sa propre idée sur fond d’articles, de réunions politiques et de débats entre les candidats. Le temps est venu de laisser  les idées se décanter. Le calme est nécessaire pour la réflexion avec la seule exigence qu’il faut aller voter. 
La démocratie exige que soient nombreux ceux qui désignent leurs représentants. La palette des choix est très étendue et les électeurs disposent à présent des clefs pour la décision finale. À une exception près, tous les partis israéliens sont sionistes c’est-à-dire qu’ils prônent un État pour les Juifs, pour tous les Juifs, religieux ou laïcs, un État fort qui puisse résister à ses ennemis et qui puisse rassembler au-delà des partis et des clans.


Le temps des rancœurs


Le temps de la réflexion ne doit pas être suivi par le temps des rancœurs. Les Juifs ne peuvent se permettre de se déchirer longtemps alors que l’ennemi guette aux frontières. Bien sûr, il y a différentes façons de gérer le pays mais la haine doit être exclue des relations entre des dirigeants qui auront la volonté de le mener à bon port, certains par des chemins de traverse, d’autres par des voies plus directes. Le rassemblement des Israéliens, face aux défis économiques et sécuritaires qui attendent Israël dans une région en plein bouillonnement, devient indispensable.

Le 18 mars au matin, le vote aura tranché le sort des députés mais pas celui du choix du gouvernement qui viendra aux affaires. Rien n’est joué et tout est encore possible car les sondages ne sont que l’illustration d’un moment précis. L’électeur détient seul la décision et il  la signifiera de manière indépendante. Tout le monde cherche la victoire d’Israël, tout le monde respecte son armée et tout le monde fait confiance aux généraux qui ont la lourde tâche de décider de sa sécurité. Un de nos lecteurs, arabe algérien, nous a écrit quelques mots quand il a découvert la photo des différents bulletins de vote officiels, rédigés en hébreu et en arabe : «La démocratie israélienne ... notamment ce bulletin de vote en deux langues... c'est quelque part cela qui fait que l'on admire votre pays !!» Ce jugement original dépasse tous les jugements à l'égard d'Israël. Alors si les autres nous admirent, il serait temps que l’on ait plus d’indulgence envers nous-mêmes.

De savants calculs


Le résultat des élections législatives reste indécis malgré des sondages de plusieurs instituts qui portent le camp de la gauche en tête avec quatre sièges d'écart, peu pour prétendre gouverner. Le dernier meeting du Likoud se tient ce dimanche 15 mars pour convaincre les derniers hésitants, ces 15% des votants qui représentent 18 sièges de députés sur 120 et qui peuvent créer la surprise.
      Le parti de Moshe Kahlon, boudé par le Likoud après accusation de trahison, progresse lentement pour atteindre au moins 10 députés et pour devenir un parti charnière. Il est courtisé par Netanyahou qui vient d’annoncer qu’il acceptait enfin ce qu’il lui avait refusé en 2013, à savoir  le ministère des finances.  La gauche montre moins d’empressement à le compter parmi son éventuelle coalition car elle ne veut pas le compromettre aux yeux de ses anciens amis mais surtout parce qu'il affaiblit le Likoud en visant en particulier ses voix.
Bien que la tradition, et non le droit, donne au parti arrivé en tête la responsabilité de constituer, en premier, une coalition, Naftali Bennett voulait organiser une dernière manœuvre. Il n'avait pas accepté la constitution d'une liste unique avec Likoud car il avait été très exigent avant le scrutin mais il a abaissé ses prétentions au vu des sondages. Il voulait regrouper en un bloc technique le Likoud et HaBayit Hayehudi  au lendemain des résultats. Il pense, avec 33 députés au minimum, obtenir la primeur pour constituer le gouvernement. Netanyahou a refusé cette proposition. En tout état de cause le président de l’État aurait jugé de l’opportunité, sinon de la légalité, de cette manœuvre de dernière minute.

L’Union sioniste face aux blocages


Nul n’est capable de définir avec précision le contour d’une coalition dirigée par l’Union sioniste si elle arrive en tête. Elle compte sur la dynamique des résultats pour convaincre les partis frileux vis-à-vis d’elle. Certains espèrent que le scénario de 2009 se reproduira lorsque Tsipi n’a pas été capable de regrouper 61 députés sur son nom. La situation est totalement différente. En 2009 elle ne disposait d’aucune réserve de voix à gauche. Tsipi Livni avait obtenu 28 sièges et seul le parti travailliste pouvait la rejoindre avec 13 députés. Tous les autres partis, Likoud, Israël Beiteinou, Shass, Union nationale, Otzma, et HaBayit Hayehudi  émargeaient à droite avec un total de 63 sièges.
Lapid-Kahlon

En 2015, la situation se présente autrement car certains partis n’ont plus d’exclusive. Yesh Atid de Yaïr Lapid (12/13 sièges) a annoncé qu’il ne soutiendrait pas le Likoud. Moshe Kahlon (8/11 sièges) accepte de rejoindre toute coalition de gauche ou de droite qui s’engagerait à appliquer son programme économique et social. Meretz (5/6 sièges) assure à présent qu’il est prêt à gouverner  alors qu’il avait refusé de le faire auparavant.  Les partis religieux, fidèles à eux-mêmes, n’ont pas d’idéologie politique et songent uniquement à renflouer les caisses de leurs écoles talmudiques. La mission de Isaac Herzog sera difficile mais pas impossible. Il est vrai que la perspective d’un poste ministériel peut briser toutes les réticences.

Monsieur Sécurité

Benjamin Netanyahou apparaît comme celui qui pourra facilement former une coalition surtout s’il dispose d’un bloc de base de 33 députés qui seront rejoints par Kahlon, lui encore, Lieberman, Yahad, et les religieux. Il doit cependant rattraper le terrain perdu car il a évité d’apparaître dans les medias durant plusieurs semaines. Certains expliquent cette position parce qu’il surfait au début de la campagne sur de bons sondages qui ont depuis été grignotés.  D’autres estiment qu’il voulait se soustraire aux questions difficiles qui ne manqueraient pas d’être posées sur son bilan mitigé.

D’autres enfin ont critiqué sa volonté de se poser en «monsieur Sécurité» alors que les électeurs étaient surtout préoccupés par les questions sociales et économiques. Il aurait redressé trop tard la barre de son navire. Ses conseillers en communication se posent aujourd’hui la question de savoir si sa stratégie d’axer sa campagne sur les risques sécuritaires a été payante : «Ils ne tiendront pas le coup une milliseconde.  On fera pression sur nous pour que nous nous retirions sur les lignes de 1967 et pour que nous divisions Jérusalem. On fera pression sur nous pour ne plus nous opposer à un accord international sur le nucléaire iranien». 
L’ancien chef du Shin Beth, la sécurité intérieure, s’est porté au front en soutenant Herzog et en critiquant sévèrement le bilan sécuritaire de Netanyahou. Il a condamné «les négociations avec les Palestiniens conduites avec une étonnante inefficacité, les libérations de prisonniers palestiniens pour éviter le gel des constructions en Cisjordanie et les dernières campagnes militaires israéliennes à Gaza qui n'ont donné aucun résultat décisif contre le mouvement islamiste Hamas».
Dernière ligne droite


A deux jours du scrutin, Alea jacta est, le sort en est jeté.

4 commentaires:

Claude a dit…

Mon cher Jacques,
Après moult éclaircissements concernant les différentes tendances politiques qui se profilent pour le 17 mars, et après l'avoir fait tout à fait objectivement et sans aucun parti pris, ce pourquoi je tiens à te féliciter, j'ai enfin pris ma décision.
Je tiens à souligner, que tu aurais certainement mieux fait que monsieur Valls et ses longs discours, loin d'une objectivité qui manque à son gouvernement, pour convaincre les "hésitants", à se déplacer pour aller voter.
Merci encore Jacques pour ton professionnalisme.
Claude

Marianne ARNAUD a dit…

Serait-ce le moment pour l'homme d'état Netanyahou, d'être remercié par les électeurs, comme le furent en leur temps Churchill ou De Gaulle ?

Véronique ALLOUCHE a dit…

@ Claude,
Vous comparez l'objectivité de Jacques au parti-pris de Manuel Valls.... D'une part Jacques n'est pas premier ministre de la France mais un simple citoyen israélien, et ses articles n'ont tout de même pas la même portée nationale que les discours de Valls!!
D'autre part va se jouer en France une élection qui en dira long sur son avenir politique. Valls met en garde les français qui se jetteraient dans les bras du FN.
Je salue son "manque" d'objectivité.

Bernard ALLOUCHE a dit…

@Mariane Arnaud
> Pour comparer Netanyahou à Churchill ou De Gaulle il faut que l'on arrive à la 3ème guerre mondiale que nos tendres Iraniens ne manqueront pas de provoquer dans un temps futur Et là j'espère que nous aurons encore notre charismatique premier ministre